Sommaire
Les précipitations sont déficitaires de 20 à 40 % sur la moitié nord du bassin, contribuant à un assèchement des sols sur les reliefs. À l'inverse, avec la succession de 3 épisodes orageux importants, les cumuls mensuels sont excédentaires de 25 % à 100 % sur tout le pourtour méditerranéen jusqu'au sud de la Drôme et les sols restent humides. Au 1er avril 2026, l'enneigement reste globalement excédentaire sur les massifs alpins, particulièrement en moyenne montagne, et proche des records sur les Pyrénées-Orientales.
Les réserves sont bien reconstituées pour les canaux de navigation et les retenues de Bourgogne-Franche-Comté et du Languedoc. La situation reste hétérogène dans le Roussillon, avec un taux de remplissage global tout de même supérieur à 50 %. Pour les retenues des Alpes, le taux de remplissage global reste inférieur à 50 % au 1er avril 2026 en perspective des fontes nivales du printemps.
Après un mois de février exceptionnel, l'hydraulicité a nettement baissé sur la majorité des cours d'eau du nord du bassin en mars 2026, avec des débits moyens mensuels proches à inférieurs aux normales. Sur le sud du bassin, les débits moyens mensuels restent très supérieurs aux normales sur les cours d'eau du Languedoc-Roussillon, une homogénéité assez rare ces dernières années. L'hydraulicité reste forte de la basse vallée du Rhône au Var.
Après la recharge exceptionnelle du mois de février, le déficit de pluie du mois de mars a eu pour effet d'amorcer la vidange des nappes les plus réactives du nord du bassin qui avaient atteint des niveaux hauts à très hauts. L'infiltration des précipitations excédentaires de février a permis la recharge des nappes très inertielles du couloir Rhône-Saône. Les niveaux sont globalement proches de la moyenne à modérément hauts au 1er avril 2026. Sur le sud du bassin, à la faveur des pluies conséquentes du mois de mars, la recharge se poursuit ou se stabilise sur la majorité des nappes. Les niveaux sont hauts à très hauts au 1er avril 2026.
1. Point météorologique : précipitations, températures, neige
Pluviométrie mensuelle
Le cumul de précipitations agrégées sur le nord du bassin est de 65 mm, soit 80 % de la normale. Ce mois de mars 2026 se place au 19ème rang des cumuls les plus faibles depuis 1959. Lors des 2 épisodes pluvieux des 11 et 14 mars, les cumuls quotidiens ont tout de même atteint 20 à 40 mm sur la Franche-Comté et les Pré-Alpes. Les précipitations ont été plus régulières en fin de mois. Lors d'un épisode orageux le 22 mars, les cumuls quotidiens ont atteint 30 à 50 mm entre Montélimar et la vallée de la Drôme. Le cumul mensuel est déficitaire de 20 à 40 % sur une grande partie du nord du bassin. Le déficit atteint 50 à 70 % sur le bassin lémanique, le mont Blanc, la Vanoise et le Queyras. Le cumul mensuel est excédentaire de 20 à 40 % sur le sud de la Drôme.
Les cumuls mensuels sont nettement excédentaires sur le sud du bassin pour ce mois de mars 2026, à l'exception des Hautes-Alpes et de l'arrière-pays audois. Trois épisodes orageux se sont succédé du 5 au 22 mars, avec des cumuls quotidiens atteignant 80 à 120 mm. Les cumuls mensuels sont excédentaires de 25 % à 50 % sur le Languedoc-Roussillon, la Provence et la Côte d'Azur. Ils sont excédentaires de 50 à plus de 100 % sur la basse vallée du Rhône et l'ouest du Var, localement 200 % sur la région de Montpellier et l'est des Bouches-du-Rhône. Les précipitations sont déficitaires de 10 à 30 % sur les Alpes du Sud et l'arrière-pays audois.
Pluviométrie depuis septembre 2025
Depuis le 1er septembre 2025, le cumul de précipitations agrégées sur le nord du bassin est de 790 mm, soit 110 % de la normale, ce qui classe cette période au 19ème rang des cumuls les plus élevés depuis 1959. Les cumuls sont proches des normales en plaine. Ils sont excédentaires de 10 à 20 % sur les reliefs, localement 20 à 30 % sur le Bugey et la Drôme provençale.
Depuis le début de l'année hydrologique, les cumuls sont excédentaires de 10 à 30 % sur le Gard, les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence. L'excédent dépasse 50 % sur le Roussillon et l'Hérault, ainsi que du Vaucluse au littoral varois. Les cumuls sont proches des normales sur les Alpes-maritimes, voire légèrement déficitaires sur le Mercantour.Précipitations efficaces
Au mois de mars 2026, le cumul de pluies efficaces agrégées sur le nord du bassin est de 29 mm, pour une normale de 48 mm, ce qui le place au 17ème rang des cumuls les plus faibles depuis 1959. Le déficit est de 25 à 50 % sur l'axe Saône-Rhône. Les cumuls sont proches des normales à légèrement excédentaires sur les reliefs. La situation est plus favorable en Drôme provençale, avec un net excédent de 50 à 100 %. Depuis le mois de septembre 2025, le cumul des pluies efficaces agrégées sur le nord du bassin est de 590 mm, soit un rapport à la normale de 110 %. Il s'agit du 24ème cumul le plus élevé depuis 1959.
Les cumuls de précipitations efficaces sont globalement 10 à 50 mm au-dessus de la normale sur le pourtour méditerranéen, jusqu'à 100 mm sur l'est de l'Hérault et des Bouches-du-Rhône, le sud-ouest du Var et localement 200 mm sur le Roussillon. Depuis le début de l'année hydrologique 2025-2026, les cumuls de précipitations efficaces sont excédentaires sur une large partie sud du bassin. L'excédent atteint 100 à 200 % du Roussillon aux côtes varoises. Seules les Alpes frontalières sont en déficit de 10 à 20 %.
Enneigement
Après une fonte marquée en début de mois, la situation s'inverse à partir du 10 mars sur les Alpes du Nord, avec des épisodes neigeux réguliers, parfois jusqu'à basse altitude. À partir du 21 mars, l'installation d'un temps froid pour la saison a permis des chutes de neige jusqu'à très basse altitude, contribuant à maintenir un enneigement légèrement excédentaire. Cette situation excédentaire en moyenne montagne contraste avec les 3 hivers précédents, moins enneigés à cette altitude à la fin mars. Au 1er avril 2026, l'épaisseur du manteau neigeux dépasse les 2 m en versants nord à 2000 m d'altitude et atteint les 3 m au-dessus de 2500 m.
Équivalent en eau du manteau neigeux (mm) au-dessus de 1000 m du 1er novembre 2025 au 1er avril 2026 dans les Alpes du Nord
Sur les Alpes du Sud, après un début de mois sec, plusieurs épisodes neigeux ont permis de conserver un enneigement légèrement supérieur aux normales en moyenne et haute montagne. La hauteur de neige est comprise entre 80 cm et 1 m 50 au-dessus de 2000 m, jusqu'à 3 m dans les Écrins, ce qui est bien supérieur à la médiane de la période 1991-2020. L'enneigement au 1er avril 2026 est proche des normales à haute altitude, voire excédentaire sur le Dévoluy, les Écrins et le Haut-Verdon. Il est excédentaire à moyenne altitude.
Équivalent en eau du manteau neigeux (mm) au-dessus de 1000 m du 1er novembre 2025 au 1er avril 2026 dans les Alpes du Sud
L'équivalent en eau du manteau neigeux atteint localement deux à trois fois la normale sur les Pyrénées-Orientales. L'épaisseur du manteau neigeux dépasse 2 m 20 localement sur le Massif du Canigou, une valeur proche des records hauts. Il faut remonter à 2018 pour retrouver un enneigement aussi exceptionnel à moyenne et haute altitude en début de printemps.
Équivalent en eau du manteau neigeux (mm) au-dessus de 1000 m du 1er novembre 2025 au 1er avril 2026 dans les Pyrénées-Orientales
Au 1er avril 2026, l'épaisseur du manteau neigeux atteint 10 cm à partir de 700 m d'altitude sur le Massif des Vosges. Il dépasse 20 cm à partir de 1000 m d'altitude sur le Massif du Jura.
2. Situation des retenues d'eau
En Franche-Comté, le taux de remplissage de la retenue de Vouglans a légèrement baissé durant le mois de mars, mais reste supérieur à 60 % au 1er avril 2026.
Dans les Alpes du Nord, les taux de remplissage des retenues restent inférieurs à 50 % au 1er avril 2026, en perspective de l'apport de la fonte du manteau neigeux. Pour les Alpes du Sud, le taux global de remplissage se maintient au-dessus des 60 %.
Les réserves des retenues de Montpezat et du Chassezac sont en baisse, le taux de remplissage global est inférieur à 50 % au 1er avril 2026.
En Languedoc, le taux de remplissage global dépasse désormais 80 %, une situation plus favorable par rapport à celles des 3 années précédentes. Pour les retenues du Roussillon, la situation est plus hétérogène, mais le taux de remplissage global est en hausse et dépasse désormais 60 %.
Canaux VNF :
Au niveau national, le taux de remplissage des canaux VNF reste en hausse, et atteint 90 % au 1er avril 2026, pour un taux moyen habituel de 86 % sur ces 10 dernières années.
Au 1er avril 2026, le taux de remplissage du Canal de Bourgogne versant Saône est de 99 %. À noter : le barrage de Panthier est en travaux. La tendance est encore à la hausse pour le Canal du Midi avec un taux de remplissage de 97 %, contre 82 % au 1er mars. Les précipitations exceptionnelles de ce mois de mars 2026 sur le Languedoc-Roussillon ont permis de bien reconstituer les stocks.
3. Hydrologie : cours d'eau, hydraulicité, fleuve Rhône
Après un mois de février exceptionnel, l'hydraulicité a nettement baissé sur la majorité des cours d'eau du nord du bassin. Les débits moyens mensuels de mars 2026 sont proches à inférieurs aux normales sur la Bourgogne-Franche-Comté et le Lyonnais. L'hydraulicité est proche des normales sur les cours d'eau alpins.
Les débits moyens mensuels restent très supérieurs aux normales sur les cours d'eau du Languedoc-Roussillon, une homogénéité assez rare ces dernières années. L'hydraulicité reste forte de la basse vallée du Rhône au Var. Les débits sont plus proche des normales dans les Alpes-Maritimes.
Fleuve Rhône :
Après un mois de février très excédentaire, les débits du mois de mars 2026 sont légèrement inférieurs à la moyenne historique 1920-2026 sur l'ensemble des stations du Rhône. Le déficit est plus marqué de Ternay à Valence, en lien notamment avec des apports plus faibles de la Saône.
Coefficient d'hydraulicité du fleuve Rhône sur 12 mois, de 2020 à 2026
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BOGNES |
TERNAY |
VALENCE |
BEAUCAIRE |
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avril 2020 − mars 2021 |
1.00 |
0.89 |
0.88 |
0.85 |
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avril 2021 − mars 2022 |
0.98 |
0.96 |
0.93 |
0.87 |
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avril 2022 − mars 2023 |
0.87 |
0.68 |
0.65 |
0.61 |
|
avril 2023 − mars 2024 |
1.18 |
1.08 |
1.07 |
1.06 |
|
avril 2024 - mars 2025 |
1.15 |
1.12 |
1.11 |
1.20 |
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avril 2025 - mars 2026 |
0.92 |
0.93 |
0.89 |
0.98 |
Source : Compagnie nationale du Rhône (CNR)
4. Humidité des sols
Après une humidité record en février, le déficit de précipitations et un ensoleillement excédentaire de 10 à 30 % ont asséché les sols sur une large moitié nord du bassin. Au 1er avril 2026, l'humidité des sols est proche de la normale sur l'axe Saône-Rhône. Les sols restent plus humides que la normale en Ardèche méridionale et en Drôme provençale, et sont légèrement plus secs sur le sud du Jura, l'Ain et les Alpes du Nord.
Malgré un léger assèchement à la fin du mois de mars, les sols au 1er avril 2026 restent plus humides que la normale sur la moitié sud du bassin, voire saturés localement sur la Camargue.
5. Situation des nappes d'eaux souterraines
Après la recharge exceptionnelle du mois de février, le déficit de pluie du mois de mars a eu pour effet d'amorcer la vidange des nappes les plus réactives du nord du bassin qui avaient des niveaux hauts à très hauts, à l'exception de la nappe alluviale de l'Est Lyonnais. L'infiltration des précipitations excédentaires de février a permis la recharge des nappes très inertielles du couloir Rhône-Saône. Les niveaux sont globalement proches de la moyenne à modérément hauts au 1er avril 2026.
Sur le sud du bassin, à la faveur des pluies conséquentes du mois de mars, la recharge se poursuit ou se stabilise pour les nappes des Pyrénées-Orientales, les nappes alluviales de l'Aude, du Rhône et des fleuves côtiers de la Côte d'Azur, la nappe de la Vistrenque et celle des calcaires karstifiés de Provence. Les niveaux sont hauts à très hauts au 1er avril 2026.
6. Mesures d'anticipation et de restriction des usages de l'eau
Au 1er avril 2026 , 3 départements du bassin Rhône-Méditerranée ont des secteurs en vigilance ou sont concernés par des mesures de restriction des usages de l'eau. Seul le département des Pyrénées-Orientales conserve un secteur avec des mesures de restriction de niveau crise.
Il faut remonter au 1er avril 2022 pour retrouver sur le bassin une situation comparable sur le bassin, avec aussi peu de départements concernés par des mesures de restriction. Cette année-là, la sécheresse exceptionnelle avait débuté au mois de mai.
Restrictions eaux superficielles
Restrictions eaux souterraines
















