Avril 2017 : indicateurs hydrologiques bas, vigilance vis à vis de la sécheresse ...

(mis en ligne le 12 mai 2017)

Avril 2017 se caractérise par l’alternance de la douceur et du froid (températures moyennes mensuelles autour des normales et gelées en fin de mois) et des précipitations particulièrement faibles pour ce mois : les cumuls s’échelonnent de 30 à 100 mm sur la majeure partie du bassin. Les secteurs des Corbières et l’est Roussillon sont les moins arrosés avec des cumuls de précipitations de 10 à 20 mm seulement. Sur les massifs alpins, la fonte du manteau neigeux, amorcée en mars, continue rapidement au cours du mois d’avril. Elle ralentit légèrement en fin de mois avec le retour du froid. Sur les Pyrénées Orientales, la fonte se termine.

La pluviométrie cumulée depuis le 1er septembre 2016 reste majoritairement déficitaire (jusqu’à moins 50% de la normale) sur la moitié nord du bassin et proche de la normale à faiblement excédentaire sur la moité sud. Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2016 reste positif sur l’ensemble du bassin (de 100 à 750 mm). Cependant, les zones affichant moins de 200 millimètres gagnent du terrain par rapport au mois précédent, comme en Bourgogne, sur le sud du Rhône, le nord de la Drôme et les Pyrénées Orientales.

Au 1er mai 2017 :

 

  • Les débits des cours d’eau sont en baisse importante. L'hydraulicité est inférieure ou très inférieure à la moyenne mensuelle interannuelle pour 80% des cours d'eau du bassin, en particulier ceux de la moitié nord du bassin et de l'Aude. Dans le Jura, l'Ain, les Savoies, le Rhône, la Drôme et l'Aude, les écoulements minimums sont en majorité caractéristiques d'une période très sèche supérieure à 10 ans.
  • Le Rhône et la Saône à la confluence enregistrent aussi des débits faibles par rapport au mois de mars.
  • Les niveaux moyens des nappes d’eau souterraine sont principalement proches ou inférieurs à la moyenne mensuelle. La tendance à la hausse s’inverse au cours du mois : 65% des nappes sont déjà en baisse à la fin du mois. Il n’y a pas d’amélioration pour les nappes de la Savoie, du Rhône, de l’Isère et de la Drôme. Elles sont toutes à des niveaux bas, voire très bas. La situation reste plus favorable pour les nappes des régions sud du bassin : leurs niveaux sont majoritairement proches, voire supérieurs aux niveaux moyens mensuels.
  • Les taux de remplissage des retenues du bassin sont globalement satisfaisants (>75%). les niveaux de la plupart des réservoirs de PACA sont en hausse par rapport au mois précédent (+18,5 % retenue de Serre-Ponçon, +15 % retenue de Saint-Cassien, + 5 % retenue de Castillon). En revanche, la baisse des retenues du groupe Chassezac (-26%) et du barrage de Vouglans (-3,3%) dès le mois d’avril nécessite une vigilance accrue par rapport à la période estivale et un suivi particulier de ces réservoirs. Le remplissage des retenues "muti-usages" reste encore trop bas pour aborder la période de soutien d’étiage. De plus, les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord présentent à nouveau un taux de remplissage bas, inférieur au quinquennal.
  • Le manque de précipitations contribue à l’assèchement des sols superficiels, notamment de la façade nord-ouest du bassin à la vallée du Rhône ainsi que sur le pourtour Méditerranéen du Var aux Pyrénées Orientales. L’indice d’humidité des sols est majoritairement déficitaire jusque 20 % sur la moitié nord du bassin et l’Aude. Il est majoritairement proche de la normale sur la moitié sud.

Bilan : après un hiver sec, les précipitations de mars ont permis d’améliorer en partie la situation des ressources en eau du bassin. Mais, les faibles précipitations du mois d'avril entraînent à nouveau une dégradation de la situation :

  • pour les eaux superficielles : 80% des cours d'eau du bassin enregistrent des débits inférieurs ou très inférieurs à la moyenne.
  • les stocks de neige de cette saison hivernale ont été faibles sur tous les massifs et la fonte du manteau neigeux est bien engagée.
  • pour les nappes phréatiques : la trop faible recharge sur le bassin impose une vigilance accrue sur leur gestion.

Début mai, la situation hydrologique reste fragile sur le bassin notamment sur la moitié nord et l'Aude où les déficits accumulés depuis l'automne 2016 subsistent (jusque moins 50% des normales). La surveillance de l’évolution des situations déficitaires s'impose dès maintenant. L'arrivée de pluies significatives au cours du mois de mai devrait favoriser une remontée des niveaux les plus bas et améliorer la situation avant l'été.