Situation hydrologique

Sommaire

1-Synthèse de la situation hydrologique sur le bassin

2-Situation hydrologique en région

3-Les producteurs de données

Rappel : l'année hydrologique s'étend du [1er septembre année n] au [31 août année n+1]

 1 - Synthèse de la situation hydrologique sur le bassin

Les bulletins de situation hydrologique du bassin Rhône et côtiers Méditerranéens ont une fréquence de parution mensuelle. Ces bulletins ont pour objet d’apporter une information synthétique sur la pluviométrie, l'humidité des sols, les débits des cours d'eau et du fleuve Rhône, le niveau des nappes d'eau souterraine, le taux de remplissage des retenues, l'état du manteau neigeux, l'état des écosystèmes aquatiques et l'observatoire des étiages ainsi que les informations départementales relatives aux restrictions des usages de l'eau en cours sur le bassin.

 

Juillet 2019 : la situation hydrologique du bassin s'aggrave

(mis en ligne le 14 août 2019)

1. Pluviométrie

Le mois de juillet est un mois très chaud : la température moyenne du bassin Rhône amont est de 20,4°C, se situant 2,2°C au-dessus de la normale. L’écart est légèrement supérieur pour le bassin Rhône aval (+2,3°C). Ce mois se classe parmi les plus chauds depuis 1960 (en 3ème position pour le bassin Rhône aval et en 4ème position pour le bassin Rhône amont).

Après l’épisode caniculaire du mois de juin, une nouvelle vague de chaleur intense affecte l’ensemble du bassin, tout comme le reste du pays, à partir du 22 juillet jusqu’au 27 juillet. Les températures atteintes pouvent être assez élevées, comme par exemple 39,5°C à Pontarlier dans le Doubs (25), le 24 juillet.

Les précipitations sont inférieures à celles du mois de juin, excepté dans le Var (83). Le nombre de jours de précipitation est faible, cependant les apports d’eau peuvent être importants lors d’épisodes orageux, comme par exemple sur le bassin Rhône amont les 26 et 27 juillet ainsi que sur Auvergne-Rhône-Alpes. Elles sont faibles sur le sud du bassin : de 5 à 20 mm sur la moitié ouest du Var, la majeure partie des Bouches-du-Rhône (13), le tiers ouest du Vaucluse (84), la moitié sud du Gard (30) et la frange littorale de l’Hérault (34). Les précipitations sont plus importantes sur les reliefs, entre 75 et 150 mm (ce qui est fort pour la saison) sur le sud du Doubs et le Jura (39), sur la Haute-Savoie (74), sur une majeure partie de la Savoie (73), sur le sud de l’Isère (38), sur l’est des Hautes-Alpes (05) et des Alpes-de-Haute-Provence (04), sur le nord des Alpes-maritimes (06) et la moitié ouest des Pyrénées-Orientales (66). Sur tout le reste du bassin, les précipitations sont comprises entre 20 et 75 mm.

Le bilan pluviométrique mensuel est excédentaire sur une grande partie du sud du bassin. C’est le cas dans les Alpes-maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence, la frange littorale du Var et dans la camargue, les valeurs atteignant le triple de la normale dans le secteur du pays d’Aix au pays d’Apt et dans la moitié ouest des Pyrénées-Orientales.
Sur Auvergne-Rhône-Alpes, des excédents d’au moins 10 % sont visibles dans le nord-ouest et le sud-est et dépassent 25 % sur le nord-est du Rhône (69) et dans le nord de l’Ardèche (07). Ils sont déficitaires au sud de l’Ardèche et de la Drôme (26), dans les départements de l’Ain (01) et de la Haute-Savoie.
Dans le nord du bassin, il est majoritairement proche de la normale ou déficitaire. Le déficit le plus marqué, supérieur à 75 % est localisé sur une partie de la Haute-Marne (52) et le nord-ouest de la Haute-Saône (70). Le déficit est moins important sur le nord et le sud du Jura ainsi que sur le Doubs.

Le cumul des pluies efficaces (pluie-évapotranspiration) diminue par rapport à celui de juin. Il est légèrement négatif (de 0 à -50 mm) sur l’ensemble du bassin sauf sur certains secteurs où il est légèrement positif, de 0 à 25 mm. C’est le cas au sud-est de la Haute-Savoie, au nord-est de la Savoie, à l’ouest des Pyrénées-Orientales, au sud du Jura, à l’ouest de la Saône-et-Loire (71), à l’est de la Côte d’Or (21) et à l’est de la Haute-Saône.

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est positif sur tout le reste du bassin et demeure semblable à celui des 6 derniers mois : il reste faible (entre 50 et 400 mm) sur le bassin, excepté sur les reliefs où il est important, entre 400 et 1 250 mm dans le sud-est du Jura, dans les Alpes du nord, le long de la barrière des Cévennes et sur les reliefs des Pyrénées-Orientales.

2. Débits des cours d’eau

Le second épisode caniculaire de fin juillet a eu un fort impact sur les cours d’eau déjà forts éprouvés par les fortes chaleurs de fin juin : la situation des cours d’eau de certaines régions continue de se détériorer : 72,51 % des cours d’eau ont un débit inférieur à la moyenne (hausse de 3 % par rapport au mois de juin). En région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA), le taux de cours d’eau à faible débit augmente considérablement, par rapport au mois de juin, passant de 48,15 % à 75,93 %. De même, la proportion des cours d’eau à très faible débit augmente, passant de 1,85 à 7,41 %. En conséquence, le pourcentage de cours d’eau à débit moyen chute de 35,19 à 11,11 %. La dégradation continue en région Bourgogne-Franche-Comté (BFC), une partie des cours d’eau à faible débit en juin présentant désormais un très faible débit : 18,18 % d’entre eux sont dans cette situation en juillet contre 6,06 % en juin. Le taux de cours d’eau à faible débit passe à 57,58 % (il était de 66,67 % en juin) et ceux à débits moyens de 15,15 à 9,09 %.
A l’inverse, la situation des régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) s’améliorent : l’Occitanie profite d’une nette amélioration du fait des forts orages (entre 75 et 150 mm de précipitations). Ainsi, le pourcentage de cours d’eau à faible débit baisse d’environ 30 % par rapport au mois dernier, atteignant la valeur de 53,85 %. En conséquence, le taux de cours d’eau à débit moyen augmente à 30,77 %. Dans une moindre mesure, la tendance est identique pour les cours d’eau de la région PACA : le pourcentage de cours d’eau à faible débit diminue de 67,65 à 58,82 % et la proportion des rivières à débit moyen passe en conséquence de 17,65 à 26,47 %.

Les débits du fleuve Rhône relevés aux différentes stations sont tous inférieurs à ceux du mois de juin. Ils sont également en-deça des valeurs moyennes pour la période 1920-2018 : à la station de Bognes, le débit relevé est de 500 m³/s, soit 30 m³/s de moins que la moyenne historique et celui mesuré à la station de Perrache est de 580 m³/s (70 m³/s de moins que la moyenne historique). La différence relevée est encore plus élevée aux stations de Ternay (600 m³/s), Valence (880 m³/s) et Beaucaire (930 m³/s) soit, respectivement, 230, 370 et 400 m³/s en dessous de la valeur moyenne pour la période 1920-2018.
Le débit de la Saône aval (station de Couzon) continue de baisser. Il est extrêmement bas (60 m³/s) : la valeur de juin représente le tiers de la valeur moyenne sur la période 1920-2018 (180 m³/s).

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

Le niveau des nappes du mois de juillet baisse encore, avec une proportion plus importante de niveaux modérément bas à très bas, conséquence de la recharge 2018-2019 peu abondante et des épisodes de canicules qu’a connu le pays en ce début d’été.
Le nombre de nappes à niveau modérément bas à très bas augmente légèrement, passant de 40 en juin à 41 en juillet. Le taux des stations dans cette situation est de 68 % (soit 2 % de plus qu’en juin). Ainsi :

  • 7 nappes en BFC (soit deux nappes de plus qu’en juin) : cailloutis de Sundgau, cailloutis pliocène de la forêt de Chaux, alluvions du Doubs, alluvions de l’Arlier et du Drugeon, alluvions fluvio-glaciaires du Breuchin, nappe libre de Dijon Sud et nappe Val-de-Saône (formation Saint-Cosme)
  • 14 nappes en ARA (soit une nappe de moins qu’en juin) : alluvions fluvio-glaciaires du couloir de Certines de la nappe du SE de Bourg-en-Bresse, cailloutis plio-quaternaires de la Dombes, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de l’Ain, alluvions de l’Isère, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valence, calcaires tithoniques des Barronies, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valloire, molasse miocène du Bas-Dauphiné – Plaine de Valence (Terres-Froides et Plaine de Valence Sud / Drôme RD), alluvions fluvio-glaciaires des vallées de Vienne, alluvions fluvio-glaciaire de la plaine de Bièvre, Pliocène de Val-de-Saône, alluvions fluvio-glaciaires du couloir de Meyzieu, alluvions fluvio-glaciaires du couloir d’Heyrieux de la nappe de l’est lyonnais et alluvions fluvio-glaciaires du Garon
  • 10 nappes en PACA (soit une nappe de plus qu’en juin) : alluvions de la basse Durance, alluvions de la Durance moyenne et amont et de ses affluents, plaine d’Orange sud, alluvions de la basse vallée du Var, alluvions de la Bléone, alluvions de la haute Durance et du Buech, Mont Genèvre – Casse déserte, Trièves – Beaumont – Champsaur sud, Monts du Vaucluse et Provence Est (aquifère karstique de la Loube)
  • 10 nappes en Occitanie (soit une nappe de moins qu’en juin) : calcaire urgonien des garrigues du Gard (dont BV du Gardon), alluvions moyennes du Gardon, alluvions quaternaires et villafranchiennes de la Vistrenque, aquifère villafranchien de Mauguio Lunel, calcaire jurassique pli ouest de Montpellier, alluvions de l’Hérault, alluvions de l’Orb, alluvions de l’Aude, alluvions de la basse vallée de l’Aude et alluvions du Quaternaire du Roussillon.

Le nombre de nappes, se situant autour de la moyenne, reste quasi identique à celui du mois de juin : il est de 11, soit une nappe de moins qu’au mois dernier.

Le nombre de nappes à niveau modérément haut à très haut, baisse (10 nappes en juin contre 7 nappes en juillet) :
1 nappe en région BFC (la même qu’au mois de juin : alluvions de la nappe de la Tille
aucune nappe en ARA (soit une nappe de moins qu’en juin)
3 nappes en PACA (soit une de moins qu’en juin) : plaine de la Crau, alluvions du Gapeau et massifs calcaires de Sainte-Beaume
3 nappes en région Occitanie (soit une nappe de moins qu’en juin) : calcaires jurassiques du pli occidental de Montpellier-Gardiole Etang de Thau, alluvions quaternaires du Roussillon et aquifère pliocène supérieur du Roussillon.

Pour 5 nappes le niveau n’a pas pu être déterminé (soit deux nappes de moins qu’en juin).

Le niveau des nappes est toujours à la baisse mais de façon plus importante qu’en juin : 80 % des stations sont dans cette situation en juillet, soit une hausse de 10 % par rapport à juin. Cette évolution est liée aux épisodes caniculaires de fin juin et fin juillet.
En conséquence, le pourcentage des stations à la hausse diminue : il est de 5 % en juillet, soit une diminution de moitié du pourcentage de juin. De même, la proportion des stations à niveau stable est également à la baisse : 9 % en juillet contre 16 % en juin.

Le nombre de stations pour lesquelles il n’a pas été possible de déterminer l’évolution de niveau est de 4 (soit deux stations de moins qu’en juin).

4. Remplissage des retenues d’eau

La situation des retenues est majoritairement à la baisse au 1er août : 62,5 % d’entre elles affichent un taux de remplissage moindre par rapport à celui du 1er juillet.
En région ARA, la situation des barrages hydroélectriques de la chaîne Isère-Drac-Arve des Alpes du nord est identique à celle de juin : le taux de remplissage reste inférieur à la normale.
Tout comme le mois dernier, à l’inverse des barrages des Alpes, le taux de remplissage des retenues pour la plupart multi-usages du bassin sont tous supérieurs à 50 %, excepté pour la retenue du canal du centre (42,51%).
En région PACA, le taux de remplissage de la retenue de Serre-Ponçon est légèrement à la baisse par rapport à celui du 1er juillet (89,63 % contre 90 % au 1er juillet). Cette diminution s’explique par le fait que les apports entrant à Serre-Ponçon sont inférieurs aux prélèvements. A noter que le niveau du lac est supérieur à la cote de compatibilité touristique de 775 NGF depuis le 23 juin. Il est toutefois inférieur au niveau relevé les années précédentes. En ce qui concerne la réserve agricole de ce barrage, le destockage a débuté à la mi-juillet. Le taux de remplissage de la retenue de Castillon est à l’équilibre par rapport à la situation au 1er juillet (93,63%). Durant la première quinzaine de juillet, le débit entrant a été soutenu par les épisodes orageux. La retenue de Sainte-Croix présente un taux de remplissage à la baisse de 3,5 % par rapport à celle du 1er juillet : il est au 1er août de 69,53 %. Elle s’explique par les faibles débits entrant et par les prélèvements d’eau. Le taux de remplissage de la retenue de Saint-Cassien diminue également par rapport à la situation au 1er juillet : il atteint au 1er août 80,37 %, soit une baisse d’environ 5 % par rapport à la situation au 1er juillet. En région BFC, les taux de remplissage des barrages de Chazilly, Panthier et canal du Centre baissent, seul celui du barrage de Vouglans augmente (4 % par rapport au 1er juillet : il est, au 1er août, de 94%). Les taux de remplissage des retenues de Chazilly et Panthier restent cependant élevés : ils sont respectivement de 60,65 % et de 52,10 %.

5. Humidité des sols

L’assèchement des sols se poursuit avec un indice d’humidité des sols diminuant sur l’ensemble du bassin par rapport au mois dernier en conséquence du déficit de précipitations et des épisodes de canicule de fin juin et fin juillet. C’est le cas notamment de l’ouest des Bouches-du-Rhône, de la camargue gardoise, des secteurs de Nîmes, de Montpellier et du Var où les sols sont très secs (indice compris entre 0 et 0,15). Les sols sont cependant plus humides sur les reliefs des Alpes du nord et sur le sud du Jura où ils sont compris entre 0,55 et 0,70. L’indice maximum, entre 0,85 et 0,95 est celui des sols du sud-est de la Haute-Savoie. Ces terrains s’asséchant cependant par rapport au mois dernier. Sur tout le reste du bassin, l’indice d’humidité des sols est compris entre 0,15 et 0,55.

6. Etat des milieux aquatiques

La 3ème campagne du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) montre une dégradation importante de l’état des milieux : 66% des cours d’eau du bassin présentent un écoulement visible (91 % en juin), 11 % un écoulement non visible (4 % en juin) et 22 % sont en assec (6 % en juin).
Par rapport au mois de juin, seul le Territoire de Belfort conserve un indice 10, la situation de tous les autres départements se dégradant :

  • les départements diminuant de 5 points d’indice sont :
    - la Drôme (26) évoluant d’un indice 9 à 4 (4,68)
    - la Côte d’Or (21) passant d’un indice 8 à 3 (3,67)
  • les départements diminuant de 4 points d’indice sont :
    - la Loire (42) évoluant d’un indice 10 à 6 (6,5)
    - le Vaucluse (84) passant d’un indice 9 à 5 (5,17). 2/3 des stations suivies sur ce département présentent un état hydrologique très inquiétant. Lors de cette campagne a été observée la première mortalité piscicole (truites et cyprinidés) sur la Nesque à Monnieux.
  • les départements diminuant de 3 points d’indice sont :
    - l’Ardèche (07) évoluant d’un indice 10 à 7 (7,67)
    - l’Ain (01) passant d’un indice 9 à 6 (6,88)
    - le Gard (30) et le Jura (39) évoluant d’un indice 8 à 5 (respectivement 5,7 et 5,83)
  • les départements diminuant de 2 points d’indice sont :
    - les Alpes-de-Haute-Provence (04) et le Var (83) évoluant d’un indice 10 à 8 (respectivement 8,28 et 8,67)
    - les Hautes-Alpes (05) et le Rhône (69) passant d’un indice 9 à 7 (respectivement 7,33 et 7,66). Les débits des Hautes-Alpes sont en baisse généralisée. Le secteur sud du bassin versant du Buëch est le plus touché. Le reste du département connaît une situation tendue mais non exceptionnelle.
    - l’Hérault (34) évoluant d’un indice 8 à 6 (6,5).
  • les départements diminuant d’un point d’indice sont :
    - la Savoie (73) et la Haute-Savoie (74) évoluant d’un indice 10 à 9 (respectivement 9,33 et 9,82)
    - les Alpes-maritimes (06), le Doubs (25) et les Pyrénées-Orientales (66) passant d’un indice 9 à 8 (respectivement 8,5 ; 8,17 ; 8,33)
    - l’Aude (11), les Bouches-du-Rhône (13) et l’Isère (38) évoluant d’un indice 8 à 7 (respectivement 7 ; 7,33 ; 7,34)


En Auvergne-Rhône-Alpes, la campagne a été réalisée avant l’épisode pluvieux orageux du 26 juillet. L’accélération des étiages est constatée sur les 2 dernières semaines de juillet du fait de l’absence de précipitations et des fortes chaleurs. La situation déjà très dégradée en juin au nord s’est étendue vers le sud de la région, notamment en Drôme et Ardèche. Certaines stations passent pour la première fois en écoulement non visible. Dans l’Ain, la dégradation est rapide : des assecs de cours d’eau sont constatés en Dombes. Des mesures de gestion ont été mises en place le 24 juilllet avec des lâchers d’eau du barrage de Vouglans (43 m³/s pendant 12 heures). Un développement de cyanobactéries a été observé à Villette/Ain. Dans l’Isère, la situation est tendue avec 9 stations d’observation sur 32 en assecs ou en rupture d’écoulement, notamment en nord-Isère. C’est un secteur où les nappes sont en alerte ou en alerte renforcée et où les prélèvements pour l’irrigation sont importants. Sur le reste du département, la situation s’est également dégradée : seulement 2 stations présentent des écoulements acceptables. Les dégradations sont également observées dans le Rhône, la Haute-Savoie (les bassins des Usses et du Chéran sont touchés) et en Savoie (bassin du Chéran et Combe de Savoie). Les assèchements entraînent un stress des populations voire la mortalité piscicole. L’épisode pluvieux du 26 juillet est responsable de précipitations proches de 50 mm sur la majeure partie de la région voire 100 mm sur les Préalpes (Jura, Chartreuse, Vercors) et certains massifs. Ces précipitations sont à l’origine du rétablissement ou du maintien des écoulements. Cependant, ce rétablissement est très fragile et, à priori, provisoire.

7. Limitations des usages de l'eau au 10 août 2019

10 nouveaux départements prennent des mesures de limitation des usages de l’eau : la Haute-Marne , les Vosges (88), le Jura, le Territoire-de-Belfort, la Haute-Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-maritimes, les Bouches-du-Rhône et la Lozère (48). Ils se rajoutent aux 17 départements ayant déjà mis en place des mesures de limitation des usages de l’eau au 10 juillet 2019 : Ain, Isère, Drôme, Rhône, Aude, Gard, Pyrénées-Orientales, Savoie, Côte d’Or, Saône-et-Loire, Doubs, Haute-Saône, Ardèche, Loire, Var, Vaucluse et Hérault. Parmi ces départements, une grande majorité d’entre eux font évoluer le niveau de limitation de certains de leurs secteurs vers des niveaux plus élevés.
Au 10 août :

  • Sont placés en situation de vigilance :
    - pour les eaux superficielles : Hautes-Alpes, Alpes-maritimes, Bouches-du-Rhône, Var, une partie des eaux superficielles de l’Ain, de la Drôme, de l’Isère, de la Savoie, des Hautes-Alpes, de l’Aude, des Pyrénées-Orientales, du Gard, de l’Ardèche, du Vaucluse et de l’Hérault
    - pour les eaux souterraines : Hautes-Alpes, Alpes-maritimes, Bouches-du-Rhône, Var, une partie des eaux souterraines de l’Ain, de la Drôme, de l’Isère, de la Savoie, de l’Aude, des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault
  • Sont placés en situation d’alerte :
    - pour les eaux superficielles : Haute-Marne, Vosges, Doubs, Jura, une partie des eaux superficielles de la Côte d’Or, de la Saône-et-Loire, de la Haute-Saône, de l’Ardèche, de la Drôme, de l’Isère, de la Loire, du Rhône, de la Savoie, de la Haute-Savoie, des Alpes-de-Haute-Provence, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, de l’Aude, du Gard, de la Lozère, de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales
    - pour les eaux souterraines : Haute-Marne, Doubs, Jura, Haute-Saône, Territoire-de-Belfort, une partie des eaux souterraines de la Drôme, de l’Isère, du Rhône et des Pyrénées-Orientales
  • Sont placés en situation d’alerte renforcée :
    - pour les eaux superficielles : Doubs, Haute-Saône, Territoire-de-Belfort, une partie des eaux superficielles des Vosges, de la Côte d’Or, de la Saône-et-Loire, de l’Ain, de l’Ardèche, de la Loire, du Rhône, des Alpes-de-Haute-Provence, des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l’Hérault
    - pour les eaux souterraines : Doubs, Haute-Saône, Territoire-de-Belfort, une partie des eaux souterraines de l’Ain, de l’Isère, du Rhône, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales
  • Sont placés en situation de crise :
    - pour les eaux superficielles : une partie des eaux superficielles de la Côte d’Or (Vouge, Biètre, Bouzaise-Lauve-Rhoin-Meuzin, Ouche aval), de la Saône-et-Loire (Grosne, Seille-et-Guyotte), de l’Ain (Bresse, Dombes) et de l’Aude (secteur Orbieu et affluents rive droite sur ce secteur) et des Bouches-du-Rhône (Fauge, Arc aval)
    - pour les eaux souterraines : une partie des eaux souterraines de la Côte d’Or (nappe de Dijon-sud-Cent-Fonts naturelle et partie canalisée), de l’Ain (Dombes-Certines)


Suite à la parution de l’arrêté-cadre régional de la région PACA :

  • le département des Alpes-de-Haute-Provence a publié le 2 août 2019 l’arrêté n° 2019-214-009 portant approbation du Plan d’action sécheresse actualisé par l’arrêté cadre région PACA du 29 mai 2019
  • le département des Hautes-Alpes a publié le 17 juillet 2019 l’arrêté n° 05-2019-07-17-009 portant le plan d’action sécheresse actualisé par l’arrêté cadre région PACA du 29 mai 2019
  • le département des Alpes-maritimes a publié le 17 juillet 2019 l’arrêté n° 2019-103 portant le plan d’action sécheresse actualisé par l’arrêté cadre régional du 29 mai 2019
  • le département des Bouches-du-Rhône a publié le 23 juillet 2019 l’arrêté n° 2019-127 portant le plan d’action sécheresse actualisé par l’arrêté cadre région PACA du 29 mai 2019
  • le département du Var a publié le 15 juillet 2019 l’arrêté portant le plan d’action sécheresse actualisé par l’arrêté cadre région PACA du 29 mai 2019
  • le département du Vaucluse a publié le 15 juillet 2019 l’arrêté portant le plan d’action sécheresse actualisé par l’arrêté cadre région PACA du 29 mai 2019

Situation au 10 août 2019 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de juillet 2019

Le récent épisode caniculaire de fin juillet aggrave la situation des nappes déjà bien impactées par les fortes chaleurs de fin juin : 80 % des stations du bassin présentent un niveau à la baisse et 68 % d’entre elles ont un niveau modérément bas à très bas. Cette situation est également due à une recharge 2018-2019 peu abondante.

Aucun besoin de dépassement des limites fixées par les arrêtés de rejets des CNPE n’a été sollicité pendant l’épisode caniculaire de fin juillet.

La situation des cours d’eau se dégrade notamment en région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) où l’évolution est spectaculaire : 73,93 % des cours d’eau présentent un débit faible, voire très faible pour 7,41 % d’entre eux. En région Bourgogne-Franche-Comté (BFC), le taux des cours d’eau à très faibles débits augmente (de 6,06 à 18,18%), une partie des cours d’eau à faible débit de juin évoluant vers cette situation. Dorénavant, la proportion de cours d’eau à faible débit de cette région est de 57,58 % (elle était de 66,67 % en juin). Seules les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) voient leur situation s’améliorer notamment en Occitanie où le pourcentage de cours d’eau à faible débit baisse de 30 % au profit des cours d’eau à débit moyen : 53,85 % des cours d’eau de cette région ont un débit faible et 30,77 %, un débit moyen.

La troisième campagne usuelle de l’Observatoire national des étiages (ONDE) révèle une situation encore plus dégradée qu’en juin, certains départements perdant jusqu’à 5 points d’indice. La Côte d’Or présente l’indice le plus faible (3), la Drôme, un indice de 4. Le Gard, le Vaucluse et le Jura atteignent l’indice 5, dénotant un étiage sévère.

Au 10 août, 27 départements ont pris des mesures de limitation des usages de l’eau sur l’ensemble des régions du bassin. Elles concernent deux départements de la partie de la région Grand Est du bassin, 6 départements de la région BFC, 8 départements en Auvergne-Rhône-Alpes, les 6 départements de la région PACA et 5 départements en région Occitanie. Le plus haut niveau des mesures prises est le niveau de crise pour une partie des eaux superficielles de la Côte d’Or (Vouge, Biètre, Bouzaise-Lauve-Rhoin-Meuzin, Ouche aval), de la Saône-et-Loire (Grosne, seille-et-Guyotte), de l’Ain (Bresse, Dombes) et de l’Aude (secteur Orbieu et affluents rive droite sur ce secteur). Ce niveau est également atteint pour une partie des eaux souterraines de la Côte d’Or (nappe de Dijon-sud-Cent-Fonts naturelle et partie canalisée), de l’Ain (Dombes-Certines).

 

 


(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

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la synthèse

(PDF - 2,6Mo)

Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Réseau ONDE

 

 

 

Site PROPLUVIA : les restrictions d'eau

 

Juin 2019 : la sécheresse s'installe sur le bassin

(mis en ligne le 16 juillet 2019)

1. Pluviométrie

Le mois de juin est globalement chaud, la température moyenne se situant en-dessus de la normale : 18,2°C pour le bassin Rhône amont, soit 2,7 °C au-dessus de la normale, température se situant au 3ème rang des températures les plus élevées depuis 1959 et proche du record de juin 2003 de 20,9 °C. L’écart par rapport à la normale sur la partie sud du bassin est plus faible : +1,8 °C.

Entre le 20 et le 30 juin, le bassin, tout comme la majeure partie du pays connaît un épisode caniculaire, les températures nocturnes dépassant souvent 20°C et les diurnes allant au-delà de 30°C, voire 35°C. Des records de température ont été atteints dans plusieurs villes du Gard fin juin battant les records de 2003 dans le Gard à Gallargues-le-Montueux (45,9 °C) et Villevieille (45,4 °C) ainsi que les villes de Nîmes (44,4 °C), de Montpellier (43,5 °C), d’Avignon (42,8 °C).

Les précipitations sont inférieures à celles du mois de mai sur tout le bassin avec de très faibles précipitations sur le sud du bassin comprises entre 0 et 20 mm sur les Alpes-maritimes (06), sur une grande partie du Var (83), le secteur de Montpellier / Nîmes et dans la camargue gardoise sur le centre des Alpes-maritimes, le sud du département des Alpes de Haute-Provence (04), sur la majeure partie des Bouches-du-Rhône, sur les franges littorales des départements de l’Hérault (34) et de l’Aude (11) ainsi que la pointe sud-est des Pyrénées-Orientales (66).
Les précipitations les plus importantes sont comprises entre 150 et 200 mm dans le nord du bassin, sur le relief du Jura, le secteur de Grenoble en Isère (38) et le nord-est du département de la Haute-Savoie (74). Elles sont comprises entre 100 et 150 mm sur le nord-est du département de la Drôme (26), le nord-ouest du département des Hautes-Alpes (05), les majeures parties des départements de la Savoie (73) et de la Haute-Savoie (74), l’est du département de l’Ain (01), le sud du département du Jura (39) et le sud du département du Doubs (25). Sur tout le reste du bassin, les précipitations sont comprises entre 20 et 100 mm.

Le bilan pluviométrique mensuel du mois de juin est déficitaire voire très déficitaire dans le sud du bassin : il atteint 75 % sur une grande partie des Alpes-maritimes, du Var et dans une moindre mesure les Alpes de Haute-Provence, les Bouches du Rhône, le Gard, l’Hérault et le sud de la Lozère.
Il est excédentaire de plus de 10 % sur l’Isère et le centre des Hautes-Alpes, le sud-est de la Savoie. Il dépasse les 50 % sur le centre de la Drôme (26), le nord et le sud-ouest de l’Isère, le nord-est de l’Ain (01) et le nord-ouest de la Haute-Saône (70).

Le cumul des pluies efficaces (pluie-évapotranspiration), est moins important que celui du mois de mai et majoritairement négatif sur l’ensemble du bassin. Les seuls îlots positifs sont sur les reliefs du Jura, quelques secteurs du sud de l’Isère, les sommets alpins de la Haute-Savoie et de la Savoie.

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est positif sur tout le bassin et reste semblable à celui des 5 derniers mois. Il est compris entre 400 et 1 250 mm dans le sud-est du Jura, des Alpes du nord, de la barrière des Cévennes et des reliefs des Pyrénées-Orientales. Il demeure faible sur tout le reste du bassin (entre 50 et 400 mm).

2. Débits des cours d’eau

En conséquence de l’épisode caniculaire ayant frappé la majeure partie du pays fin juin, la situation des cours d’eau se détériore : 69,38 % des cours d’eau ont un débit inférieur à la moyenne (hausse de 10 % par rapport au mois de mai). En région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), malgré une hausse du taux de cours d’eau à débit moyen (évolution de 11,76 % à 17,65 % par rapport à mai), la proportion des cours d’eau à débit faible demeure importante (67,65 % alors qu’elle était de 82,35 % en mai). Certains cours d’eau présentent désormais des écoulements très faibles : 5,88 % d’entre eux sont dans cette situation. En région Occitanie, la situation se détériore de façon plus importante : l’écoulement de 84,62 % des cours d’eau est faible (76,92 % en mai), le pourcentage de cours d’eau à écoulement très faible restant inchangé (5,13%). La dégradation est spectaculaire en région Bourgogne-Franche-Comté (BFC), le pourcentage de cours d’eau à écoulement faible augmente de 24,24 % à 66,67 %. De surcroît, 6,06 % des cours d’eau de cette région présentent désormais un écoulement très faible.
Seule la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) profite d’une timide amélioration grâce aux précipitations de ce mois : son taux de cours d’eau à faible débit diminuant de 51,85 % à 48,15 % et le pourcentage des rivières à débit moyen augmentant de 24,07 % à 35,19 %.

Par rapport au mois dernier, les débits du fleuve Rhône sont plus importants que le mois dernier, repassant à certaines stations, légèrement au-dessus de la valeur moyenne pour la période 1920-2018 en juin : la station de Bognes passe de 520 m³/s à 590 m³/s et la station de Beaucaire de 1 300 m³/s à 1 380 m³/s .
Le débit de la Saône aval (station de Couzon) est très bas (130 m³/s). La valeur de juin représente la moitié de la valeur moyenne sur la période 1920-2018 (270 m³/s).

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

Le niveau des nappes du mois de juin est quasi identique à celui du mois de mai. Ils sont majoritairement modérément bas à très bas, traduisant une recharge 2018-2019 peu abondante due aux faibles et tardives précipitations au cours de l’automne et de l’hiver.
Le nombre de nappes à niveau modérément bas à très bas diminue légèrement passant de 42 en mai à 40 en juin. Le taux des stations dans cette situation est de 66 %. C’est le cas de :

  • 5 nappes en BFC (soit une nappe de moins qu’en mai) : cailloutis de Sundgau, cailloutis pliocène de la forêt de Chaux, nappe libre de Dijon Sud et nappe Val-de-Saône (formation Saint-Cosme)
  • 15 nappes en ARA (soit une nappe de moins qu’en mai) : alluvions fluvio-glaciaires du couloir de Certines de la nappe du SE de Bourg-en-Bresse, cailloutis plio-quaternaires de la Dombes, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de l’Ain, nappe du synclinal de Saou, alluvions de l’Isère, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valence, alluvions de l’Eygues, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valloire, molasse miocène du Bas-Dauphiné – Plaine de Valence (Terres-Froides et Plaine de Valence Sud / Drôme RD), alluvions fluvio-glaciaires des vallées de Vienne, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valloire, alluvions fluvio-glaciaire de la plaine de Bièvre, Pliocène de Val-de-Saône, alluvions fluvio-glaciaires du couloir de Meyzieu, alluvions fluvio-glaciaires du couloir d’Heyrieux de la nappe de l’est lyonnais et alluvions fluvio-glaciaires du Garon
  • 9 nappes en PACA (soit une nappe de plus qu’en mai) : alluvions de la basse Durance, alluvions de la Durance moyenne et amont et de ses affluents, alluvions de la basse vallée du Var, alluvions de la Bléone, alluvions de la haute Durance et du Buech, Mont Genèvre – Casse déserte, Trièves – Beaumont – Champsaur sud, Monts du Vaucluse et Provence Est (aquifère karstique de la Loube)
  • 11 nappes en Occitanie (soit une nappe de moins qu’en mai) : calcaire urgonien des garrigues du Gard (dont BV du Gardon), alluvions moyennes du Gardon, alluvions quaternaires et villafranchiennes de la Vistrenque, aquifère villafranchien de Mauguio Lunel, calcaire jurassique pli ouest de Montpellier, alluvions de l’Hérault, alluvions de l’Orb, nappe Astienne d’Agde Valras, alluvions de l’Aude, alluvions de la basse vallée de l’Aude et alluvions du Quaternaire du Roussillon.

Le nombre de nappes, se situant autour de la moyenne, reste inchangé par rapport au mois de mai : il est toujours de 13 stations.

Le nombre de nappes à niveau modérément haut à très haut, augmente (6 nappes en mai contre 10 nappes en juin) :

  • 1 nappe en région BFC (la même qu’au mois de mai) : alluvions de la nappe de la Tille
  • 1 nappe en ARA (soit une nappe de plus qu’en mai) : alluvions de l’Isère en Combe de Savoie
  • 4 nappes en PACA (soit une de plus qu’en mai) : alluvions de basse Durance, alluvions du Gapeau, alluvions de la Siagne dont une réalimentée par les eaux de la Durance (Plaine de la Crau).
  • 4 nappes en région Occitanie (soit deux nappes de plus qu’en mai) : calcaires jurassiques du pli occidental de Montpellier-Gardiole Etang de Thau, alluvions quaternaires du Roussillon, aquifère pliocène du Roussillon et aquifère pliocène supérieur du Roussillon.

Le niveau de 3 nappes n’a pas pu être déterminé (soit une nappe de moins qu’en mai).

Le niveau des nappes continue de baisser, de façon beaucoup plus importante qu’au mois de mai : en lien avec l’épisode de canicule de la fin du mois de juin.
Le pourcentage des stations à la hausse continue de diminuer, passant de 20 % à 10,53 % en juin. La proportion des stations à niveau stable est également divisée par deux par rapport au mois dernier : de 32 % à 16 %.

Le nombre de stations pour lesquelles il n’a pas été possible de déterminer l’évolution de niveau est de 2 (soit une station de moins qu’en mai).

4. Remplissage des retenues d’eau

Au 1er juillet, la situation des retenues est globalement à la hausse : la moitié des retenues augmente leur volume de stockage.
En région ARA, la situation des barrages hydroélectriques de la chaîne Isère-Drac-Arve des Alpes du nord reste, comme en mai, à un taux de remplissage inférieur au décennal, consécutivement au décalage de la fusion des neiges.
A l’inverse des barrages des Alpes, les taux de remplissage des retenues pour la plupart multi-usages du bassin sont tous supérieurs à 50 %.
En région PACA, celle de Serre-Ponçon profite des apports de fusion nivale et glacière en amont pour atteindre un taux de remplissage de 90 % et son niveau de côte touristique avec une côte de 775 m  NGF le 23 juin. Cette augmentation du volume de stockage de la retenue de Serre-Ponçon est effectuée en vue de satisfaire la demande en eau de l’été. Les retenues de Sainte-Croix et de Castillon, situées sur le Verdon ont terminé leur remplissage, les côtes atteintes étant respectivement de 473,3 et 878,5 m NGF. Leur taux de remplissage est de 73,17 % pour Sainte-Croix et 93,54 % pour Castillon.
En région Occitanie, le niveau des retenues des Pyrénées demeure haut.
En région BFC, les retenues de Vouglans et Panthiers présentent les plus forts taux de remplissage de la région : ils sont respectivement de 90 et 69 %, le volume de la retenue de Vouglans augmentant de 7 % et celui de Panthiers diminuant du même taux (7%) par rapport au mois de mai.

5. Humidité des sols

Les sols sont moins humides que le mois dernier suite au déficit de pluies de ce mois. Ils demeurent cependant plus humides sur les reliefs des Alpes du nord et du sud mais la surface de sol à indice compris entre 0,85 et 1 diminue : elle se cantonne désormais au sud-est de la Haute-Savoie, au sud de la Savoie et sur un petit secteur situé à l’est de Grenoble. Les contreforts du Massif Central continuent de s’assécher, l’indice de ce secteur passant de l’intervalle 0,60-0,85 à 0,45-0,60. L’indice d’humidité des sols du sud-est du département du Jura diminue également mais dans une moindre mesure : il est en juin compris entre 0,60 et 0,70. Dans le sud du bassin, les sols sont particulièrement secs (indice compris entre 0,15 et 0,30) sur les franges littorales des départements bordant la Méditerranée (Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, est des Bouches-du-Rhône, Var et sud-ouest des Alpes-maritimes). Les sols sont très secs (indice compris entre 0 et 0,15) sur la Camargue gardoise et le sud-ouest des Bouches-du-Rhône. Sur tout le reste du bassin, l’indice d’humidité des sols est compris entre 0,30 et 0,60.

6. Etat des milieux aquatiques

En juin, la 2ᵉ campagne usuelle du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) révèle une dégradation de l’état des milieux sur une grande partie du bassin. Celle-ci s’explique par les très fortes chaleurs de fin juin et de la rareté des précipitations. La dégradation de la situation est rapide avec des conséquences prévisibles à court terme. Ainsi, 91 % des cours d’eau du bassin présentent un écoulement visible, 4 % un écoulement non visible et 6 % sont en assec.
Par rapport au mois de mai, 7 départements conservent un indice 10 (l’Ain, l’Ardèche, la Loire, la Savoie, la Haute-Savoie, le Var et le Territoire de Belfort) et la situation de 10 départements se dégrade :
les départements passant d’un indice 10 à 9 sont : la Saône-et-Loire (71) (9,73), le Rhône (69) (9,38), les Hautes-Alpes (9,67), les Alpes-maritimes (9,63) et le Vaucluse (9,33). Pour ce dernier , l’indice de 9,33 peut paraître rassurant, cependant, 21 des 30 stations présentent un écoulement faible reflétant la baisse du débit des cours d’eau;
les départements passant d’un indice 9 à 8 sont : le Gard (8,54), les Bouches-du-Rhône (8,5), l’Aude (8,83), le Jura (8,93) et l’Isère (8,44). Sur la partie Rhône-Alpes de la région ARA, la situation est globalement satisfaisante sur les massifs montagneux et le sud de la région. Cependant, par rapport au mois dernier, sur la partie sud, la situation se tend et se dégrade significativement, essentiellement sur l’Est-lyonnais, le nord-Isère ainsi que l’ouest de l’Ain et une partie du Rhône.
un département passe d’un indice 10 à un indice 8 : l’Hérault (8,33)
L’impact sur les habitats et la faune sont importants : la réduction des débits est à l’origine de la diminution de la lame d’eau, de la perte des connexions entre milieux et de l’exondation de certains habitats et de la concentration des populations piscicoles. Du fait de l’augmentation des températures des habitats (se rapprochant des limites de préférence des espèces), des mortalités piscicoles sont à craindre.
Du fait de la canicule de fin juin, la situation risque de continuer à se dégrader, rendant préoccupante le fonctionnement des écosystèmes aquatiques. En plus de l’impact sur la ressource et la capacité des peuplements piscicoles à supporter cette situation, le faible niveau de l’hydrologie a des conséquences du point de vue sanitaire sur la dilution des effluents.

7. Limitations des usages de l'eau au 10 juillet 2019

10 nouveaux départements prennent des mesures de limitation des usages de l’eau : la Côte d’Or, la Saône-et-Loire, le Doubs, la Haute-Saône, l’Ardèche, la Loire, la Savoie, le Var, le Vaucluse et l’Hérault. Ils rejoignent les 8 départements ayant déjà mis en place des mesures de limitation des usages de l’eau temporaires dues à la sécheresse (l’Ain, l’Isère, la Drôme, le Rhône, l’Aude, le Gard, les Pyrénées-Orientales et la Savoie).

  • Sont placés en situation de vigilance :
    * pour les eaux superficielles : Ain, Savoie , Var, Vaucluse, une partie de la Saône-et-Loire, le sud du Rhône, l’est de la Loire, le nord-Isère, la majorité des départements de la Drôme, du Gard, de l’Hérault et des Pyrénées-Orientales
    * pour les eaux souterraines : une partie des nappes de l’Hérault, du Gard, du nord-Isère et de l’Ain, la majeure partie de celles de la Drôme ainsi que celles du Vaucluse et de la Savoie.
  • Sont placés en situation d’alerte :
    * pour les eaux superficielles : les départements de la Haute-Saône, du Doubs, la majeure partie du département de l’Ardèche, une partie des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Rhône, de la Saône-et-Loire et l’extrême nord du département de la Drôme
    * pour les eaux souterraines : une partie des nappes du Rhône (zones 5 et 8), du nord-Isère (Quatre Vallées – Bas Dauphiné)
  • Sont placés en situation d’alerte renforcée :
    * pour les eaux superficielles : deux secteurs du Gard (Cèze Aval de sa confluence avec la Claysse jusqu’à sa confluence avec le Rhône et Hérault amont (communes gardoises) et de l’Ardèche (Doux à Colombier-le-Vieux et Allier à Laveyrune)
    * pour les eaux souterraines : l’ouest du département de l’Ain (Dombes-Certines), le nord-ouest du nord-Isère (nappe de l’est lyonnais) et le sud-est du Rhône (zone 7 et 9).

Situation au 22 juillet 2019 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de juin 2019

L’épisode caniculaire de la fin du mois de juin a un impact sur les nappes. Leurs niveaux, à la baisse sur 71 % des stations de mesures, sont majoritairement modérément bas à très bas, traduisant en particulier une recharge 2018-2019 peu abondante due aux faibles et tardives précipitations de l’automne et de l’hiver.

Aucun besoin de dépassement des limites dans les arrêtés de rejets des CNPE n’a été sollicité pendant l’épisode caniculaire de fin juin.

La situation des cours d’eau se dégrade de façon importante sur l’ensemble du bassin, seuls les cours d’eau de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) profitent d’une légère amélioration dû aux précipitations tombées en juin. Ainsi, la part des cours d’eau du bassin à faible et très faible débit augmente de 8 %, passant de 61 à 69 %. La dégradation est spectaculaire en région Bourgogne-Franche-Comté (BFC) où 67% des cours d’eau sont dans cette situation alors qu’ils n’étaient que de 24 % en mai. En région PACA, la proportion des cours d’eau à débit faible demeure importante (68 %) mais inférieure à celle du mois de mai (82%). Sur le bassin, 4 % des cours d’eau présentent désormais un écoulement très faible (6 % pour PACA).

En juin, la seconde campagne usuelle de l’Observatoire national des étiages (ONDE) montre une dégradation des milieux : seulement 7 départements conservent un indice de 10, les autres départements passant à un indice 9 (Ain, Hautes-Alpes, Alpes-maritimes, Doubs, Drôme, Pyrénées-Orientales, Rhône, Haute-Saône, Saône-et-Loire et Vaucluse) ou à un indice 8 (Aude, Bouches-du-Rhône, Côte d’Or, Gard, Hérault, Isère et Jura).

Au 10 juillet, 18 départements ont pris des mesures de limitation des usages de l’eau sur toutes les régions du bassin. 7 départements en Rhône-Alpes (Ain, Ardèche, Drôme, Isère, Loire, Rhône et Savoie), 4 départements de Bourgogne-Franche-Conté (Côte d’Or, Saône-et-Loire, Doubs et Haute-Savoie), 4 départements sur le versant méditerranéen de l’Occitanie (Aude, Gard, Hérault et Pyrénées-Orientales) et 2 départements en région PACA (Var et Vaucluse). Les mesures prises atteignent pour certaines :
- le niveau alerte renforcée concernant les eaux souterraines, sur la nappe plio-quaternaire dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude, la nappe de l’Est Lyonnais dans l’Isère et le Rhône, Dombes-Certines dans l’Ain tout comme pour les eaux superficielles sur les sous-bassins de l’Orb, du Jaur et du Lergue dans le département de l’Hérault, de Bèze-Albane en Côte d’Or.
- le niveau de crise pour la Biètre en Côte d’Or.

 

 


(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

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la synthèse

(PDF - 2,6Mo)

Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Réseau ONDE

 

 

 

Site PROPLUVIA : les restrictions d'eau

 

Mai 2019 : pas d'embellie pour les nappes et les cours d'eau

(mis en ligne le 18 juin 2019)

1. Pluviométrie

Le mois de mai est relativement frais : la température moyenne se situe en dessous de la normale, : de 10,2°C pour le bassin Rhône amont (au 10ᵉ rang des plus basses pour le mois de mai enregistrée depuis 1959). Elle est inférieure de 0,9°C à la normale sur la moitié sud et de 1,8°C à la normale sur la moitié nord du bassin .

Les précipitations sont globalement plus importantes qu’au mois d’avril, notamment au sud du bassin. Pourtant les cumuls restent faibles. Les pluies les plus importantes se situent sur le relief des Alpes du nord (entre 100 et 250 mm) avec un maximum au nord de Grenoble compris entre 250 et 300 mm. Elles sont abondantes (entre 75 et 150 mm) sur les reliefs du flanc nord-est du bassin mais également au sud-ouest des Pyrénées-Orientales (66) et à l’ouest de l’Aude (11), et à l’est des Alpes du sud sur le Mercantour, la moitié est des Alpes de Haute-Provence (04) et des Hautes-Alpes (05). Les précipitations les plus faibles sont comprises entre 5 et 20 mm sur la frange littorale méditerranéenne de Marseille à Hyères et en remontant la vallée du Rhône sur le relief des Alpilles et le pays avignonnais. Sur tout le reste du bassin, les précipitations sont comprises entre 20 et 75 mm.
L’équivalent en eau libéré par le manteau neigeux est bas dans les Alpes (50 mm) mais proche de la médiane sur 1981-2010. Celui des Pyrénées-Orientales est extrêmement faible cette année en-dessous du quinquennal sec.

Le bilan pluviométrique mensuel du mois de mai est globalement déficitaire, en contraste avec celui du mois d’avril : seuls les reliefs de la montagne noire et des Alpes du nord sont excédentaires (de 0 à 50%), avec, localement, des valeurs très fortes sur les massifs de la Chartreuse et de Belledonne de l’ordre de 140 % en Isère (38).
Les valeurs déficitaires les plus importantes (de 0 à 75%) sont relevées sur le littoral entre Marseille et la chaîne de l’Estaque et dans le secteur de Livron-sur-Drôme (26). Ce dernier secteur ne recueille en effet que 27 % des pluies habituelles. Le déficit le plus marqué est de plus de 50 % sur la façade nord-ouest du bassin: sont concernés un large secteur de la Côte d’Or (21), le sud-est de la Saône-et-Loire (71) ainsi que les départements du Rhône (69) et de la Drôme (26). Dans le sud-ouest du bassin, le déficit est de 25 à 75 % sur la majeure partie des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault (34), dans le Gard (30) et dans le quart sud-est de la Lozère. Le déficit est similaire dans le sud-est : dans les Bouches-du-Rhône, le Var (83), le Vaucluse (84), le quart nord-ouest des Hautes-Alpes (05) et la moitié sud des Alpes-maritimes (06).

Le cumul des pluies efficaces (pluie-évapotranspiration), est globalement moins important que le mois dernier : il est négatif sur la majeure partie du bassin sauf sur le relief des Alpes du nord.

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est semblable à ceux des quatre derniers mois, les pluies ayant été encore plus abondantes sur les Alpes du nord (entre 400 et 1 250 mm), dans le sud-est du département du Jura, et sur la barrière des Cévennes et les reliefs des Pyrénées orientales. Sur tout le reste du bassin, il est toujours faible (entre 50 et 400 mm).

2. Débits des cours d’eau

La situation des cours d’eau s’améliore légèrement par rapport au mois dernier : 60 % des cours d’eau ont un débit inférieur à la moyenne soit 10 % de moins qu’en avril. En fonction des régions, la situation évolue différemment depuis le mois dernier : ainsi, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), les débits des rivières continuent de baisser, la proportion des cours d’eau à faible débit passant de 52,94 à 82,35 %. On observe également cette évolution pour les cours d’eau de la région Occitanie : en mai, 76,92 % d’entre eux présentent un faible débit contre 56,41 % en avril.
A l’inverse, la situation des cours d’eau de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) s’améliore, le taux des cours d’eau à faible débit diminuant de 66,67 % à 51,85 %. C’est également la tendance des cours d’eau de la région Bourgogne-Franche-Comté (BFC) où l’amélioration est plus nette : le pourcentage de cours d’eau à faible débit évolue de 84,85 % à 24,24 %. Désormais, dans cette région, 60,61 % des cours d’eau présentent un débit moyen soit une forte augmentation par rapport au mois d’avril où le taux n’était que de 6,06 %.

Par rapport au mois dernier, les débits du fleuve Rhône sont inférieurs aux moyennes sur la période 1920-2018.
Le débit de la Saône aval (station de Couzon) reste très bas et inférieur à la valeur moyenne sur la période 1920-2018 (240 m³/s contre 370 m³/s).

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

Le nombre de nappes à niveau modérément bas à très bas augmente: il passe de 39 en avril à 42 en mai, consécutivement aux faibles précipitations de mai et à la reprise de la végétation en avril. Plus de 2/3 de l’ensemble des stations sont à présent dans cette situation. Ainsi, en région :

  • 6 nappes en BFC (les mêmes qu’aux mois de mars et avril) : cailloutis de Sundgau, cailloutis de la forêt de Chaux, alluvions fluvio-glaciaires du Breuchin, nappe libre de Dijon Sud, nappe libre calcaire sous alluvions de la Tille et nappe Val-de-Saône (formation Saint Cosme)
  • 16 nappes en ARA (soit deux nappes de plus qu’en avril) : alluvions récentes du Rhône (marais de Chautagne et Lavours), alluvions fluvio-glaciaires du Couloir de Certines de la nappe du SE de Bourg-en-Bresse, cailloutis plio-quaternaires de la Dombes, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de l’Ain, nappe du synclinal de Saou, alluvions de l’Isère, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valloire, molasse miocène du Bas-Dauphiné – Plaine de Valence (Terres-Froides et Plaine de Valence Sud / Drôme RD), alluvions fluvio-glaciaires des vallées de Vienne, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valoire, alluvions fluvio-glaciaire de la plaine de Bièvre , alluvions de l’Isère en Combe de Savoie, Pliocène de Val-de-Saône, alluvions fluvio-glaciaires du couloir de Meyzieu, alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de l’est lyonnais – couloir d’Heyrieux et alluvions fluvio-glaciaires du Garon
  • 10 nappes en PACA (soit une nappe de plus qu’en avril) : alluvions de la basse Durance, alluvions de la Durance moyenne et amont et de ses affluents, alluvions de la basse vallée du Var, alluvions de la Bléone, alluvions de la haute Durance et du Buech, Mont Genèvre – Casse déserte, Trièves – Beaumont – Champsaur sud, Monts du Vaucluse, Provence Est (aquifère karstique de la Loube) et massifs calcaires de la Sainte Beaume
  • 10 nappes en Occitanie (soit une nappe de moins qu’en avril) : calcaire urgonien des garrigues du Gard (dont BV du Gardon), alluvions moyennes du Gardon, alluvions quaternaires et Villafranchiennes de la Vistrenque, aquifère villafranchien de Mauguio Lunel, calcaire jurassique pli ouest de Montpellier, alluvions de l’Hérault, alluvions de l’Orb, Astien d’Agde Valras, alluvions de l’Aude et alluvions Quaternaire du Roussillon.

Le nombre de nappes, se situant autour de la moyenne, est stable : 14 stations en avril pour 13 stations en mai.

Le nombre de nappes à niveau modérément haut à très haut, non soutenues artificiellement, baisse (9 nappes en avril contre 6 nappes en mai) :

  • 1 nappe en région BFC (la même qu’au mois d’avril) : alluvions de la nappe de la Tille
  • aucune nappe en ARA
  • 3 nappes en PACA (soit une de moins qu’en avril) : Plaine d’Orange Sud, alluvions du Gapeau et alluvions de la Siagne
  • 2 nappes en région Occitanie (soit une nappe de moins qu’en avril) : calcaires jurassiques du pli occidental de Montpellier-Gardiole Etang de Thau et aquifère pliocène du Roussillon.

Le niveau de 4 nappes n’a pas pu être déterminé (même nombre de nappes qu’en avril dont 3 nappes similaires).

Le niveau des nappes est toujours à la baisse, dans les mêmes proportions qu’au mois d’avril : 45 %. Le pourcentage des stations à la hausse baisse sensiblement, passant de 24 en avril à 19,74 % en mai. La proportion des stations à niveau stable augmente peu par rapport au mois dernier : de 27,63 à 31,58 %.

Il n’a pas été possible, comme au mois d’avril, de déterminer l’évolution de niveau de 3 stations (les mêmes qu’au mois d’avril).

4. Remplissage des retenues d’eau

Au 1er juin, la situation des barrages reste globalement stable (comme au 1er mai), sauf pour les barrages hydroélectriques de la chaîne Isère-Drac-Arve des Alpes du nord qui passent d’un remplissage inférieur à la normale en avril à un remplissage inférieur au décennal en mai les apports par fusion des neiges n’ayant pas bénéficié d’un second apport après la fonte précoce du manteau neigeux à fin février. En dehors de cette chaîne de production, Toutes les retenues d’usages variés du bassin présentent un taux de remplissage supérieur à 50 %, y compris les barrages qui, le mois dernier, affichaient un taux de remplissage compris entre 25 et 50 %, comme la retenue de Serre-Ponçon. La fonte nivale des dernières chutes neigeuses de mai n’ont pas eu lieu ce qui contribue au niveau encore bas de cette retenue à 65,19 % fin mai. Cependant, la gestion des aménagements hydroélectriques a été adaptée depuis fin avril pour favoriser le remplissage. L’augmentation du niveau des retenues de Castillon se poursuit (de 67,26% en avril à 88,58 % en mai) du fait du stock neigeux largement entamé. La retenue de Sainte-Croix est quasiment à l’équilibre depuis le mois dernier (74,64 % contre 78,42% en avril).
En région Occitanie, le niveau des retenues des Pyrénées est haut, la fusion des neiges ayant déjà été réalisée.
En région BFC, les retenues de Vouglans et Panthiers présentent les taux les plus élevés de remplissage avec respectivement 83 % et 77,78 %, valeurs en équilibre avec celles d’avril.

5. Humidité des sols

Consécutivement à la baisse des précipitations du mois de mai, les sols sont moins humides, mais restent cependant plus hydratés sur les reliefs des Alpes du nord et du sud (indice compris entre 0,85 et 1). Les contreforts sud-est du Massif Central s’assèchent passant d’un indice compris entre 0,85 et 1 à un indice se situant dans l’intervalle 0,60-0,85. De même, l’indice d’humidité des sols du sud-est du Jura n’est plus que de 0,80-0,90. Les sols de la partie sud du bassin sont secs voir très secs (indice compris entre 0,15 et 0,30) comme dans les Bouches-du-Rhône, sur la frange du littoral ouest du Var, sur la Camargue gardoise ainsi que sur les secteurs d’Avignon, de Nîmes et de Montpellier.

6. Etat des milieux aquatiques

La première campagne usuelle du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) de mai montre que 87 % des cours d’eau du bassin présentent un écoulement visible, 1 % un écoulement non visible et 2 % sont en assec (à noter l’absence de données de 11 % des cours d’eau). Les indices sont supérieurs à 9 et 12 départements atteignent même l’indice 10, témoignant d’un excellent écoulement de leurs cours d’eau. Les départements affichant un indice de 9 sont :

  • en région ARA : l’Ain (9,53), l’Isère (9,38) et la Drôme (9,68). La situation des cours d’eau influencés par des nappes déficitaires n’est pas satisfaisante en nord-Isère et sur la partie ouest du département de l’Ain
  • en région BFC : le Jura (9,62) et la Haute-Saône (9,67)
  • en région Occitanie : l’Aude (9,17), les Pyrénées-Orientales (9,7) et le Gard (9,94)
  • en région PACA : les Bouches-du-Rhône (9,81)

7. Limitations des usages de l'eau au 10 juin 2019

Après les départements de l’Ain, l’Isère, la Drôme, le Rhône, l’Aude, le Gard, les Pyrénées-Orientales c’est au tour de la Savoie de prendre des mesures de vigilance.
Parmi ces départements, la situation de trois d’entre eux évolue :

  • Dans le département de l’Ain, les eaux souterraines « Dombes Certines » passent de la situation d’alerte à celle d’alerte renforcée. Les eaux souterraines « Plaine de l’Ain et Pays de Gex » restent placées en situation de vigilance
  • Dans le département de l’Aude, le secteur de la « Cesse et affluents rive gauche » est placé en situation de vigilance. Le bassin versant de l’Agly reste placé en situation d’alerte et le secteur de la nappe plio-quaternaire du Roussillon correspondant à sa nappe d’accompagnement en alerte renforcée
  • Dans les Pyrénées-Orientales, les nappes de Tech-Albères et de Sègre-Carol passent d’un niveau d’alerte à un niveau de vigilance. La nappe plio-quaternaire secteur 5 (Aspre-Réart) évolue d’un niveau d’alerte à un niveau d’alerte renforcée. Restent à un niveau de vigilance, les bassins de gestion « Agly aval », « Têt amont », « Têt aval-Bourdigou-Réart » et les secteurs « bordure côtière sud », Agly Salanques » de la nappe d’accompagnement de la Têt. Restent à un niveau d’alerte les bassins de gestion « Agly amont », « Bouzane et Verdouble » et la nappe plioquaternaire du secteur de Têt. La nappe plio-quaternaire du secteur de la bordure côtière nord conserve sa situation en alerte renforcée.

Situation au 10 juin 2019 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de mai 2019

La faiblesse des pluies au mois de mai conjuguée à la reprise de la végétation depuis avril ne permet pas une réalimentation des nappes : leur niveau reste majoritairement bas à très bas : 68,42 % des stations sont dans ce cas en particulier les nappes du couloir rhodanien de ses confluences avec la Saône en amont et jusqu'à la Drôme en aval.

A l’opposé du mois dernier, la situation des cours d’eau s’améliore sur l’ensemble du bassin. La part des cours d’eau à faible et très faible débit diminue de 10 % (passant de 70 à 60 %) en particulier dans la région Bourgogne-Franche-Comté où seulement un quart des cours d’eau enregistre des débits faibles. En revanche , la situation est très dégradée en région PACA (82,35 % des cours d’eau présentent un faible débit) et guère mieux en Occitanie et en région ARA (76,92 % et 51,85 % des cours d’eau sont respectivement dans cette situation).

En mai, la première campagne usuelle de l’Observatoire nationale des étiages (ONDE) a été conduite par les agents de l’agence française pour la biodiversité. Elle montre un bon état des cours d’eau avec, cependant, des zones de vigilance à observer, notamment en nord-Isère et sur la partie ouest du département de l’Ain.

Au 10 juin, huit départements ont pris des mesures de limitation des usages de l’eau en Auvergne-Rhône-Alpes (Savoie, Ain, Isère, Drôme et Rhône) et en Occitanie (Aude, Pyrénées-Orientales et Gard). Des restrictions d’usages à un niveau d’alerte et alerte renforcée sont instaurées principalement dans l’Ain et le Rhône sur les couloirs fluvio-glaciaires exploitées par les collectivités de la vallée du Rhône moyen (Bourg-en-Bresse, Valence Romans, Mâconnais tournugeois, métropole de Lyon…), sur la nappe du plio-quaternaire du Roussillon (Aude et Pyrénées-Orientales).

La région PACA a pris, le 29 mai 2019, un arrêté cadre sécheresse régional afin d’améliorer la coordination des mesures liées à la sécheresse dans les départements de cette région.

 

 


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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Manteau neigeux

Réseau ONDE

 

Site PROPLUVIA : les restrictions d'eau

 

Avril 2019 : timide reprise des pluies qui ne permet pas d'infléchir les niveaux bas des cours d'eau et des nappes du bassin

(mis en ligne le 21 mai 2019)

1. Pluviométrie

La température moyenne est conforme à la normale : 7,6°C pour le bassin Rhône-Amont, et 13,5°C pour le bassin Rhône-aval. L’anomalie est de seulement +0,1°C, aussi bien dans le nord que dans le sud du bassin.

Contrairement aux mois précédents, le bassin connaît des épisodes de pluie : les précipitations les plus importantes se situent dans le sud du bassin, sur les sommets des Cévennes et des Alpes du Sud sur l’ensemble des Alpes-Maritimes (06), du Gapençais et du Dignois (entre 150 et 300 mm).
Les hauteurs de pluies mensuelles sont faibles (entre 20 et 75 mm) dans la plaine languedocienne, le centre de l’Aude (11), la Camargue, le pays d’Avignon. Les précipitations des vallées transfrontalières des Hautes-Alpes (05), des secteurs nord du département du Rhône (69), de l’est de la Savoie (73) et du département de la Haute-Saône (70) sont également faibles (entre 30 et 75 mm). Les hauteurs d’eaux mensuelles du reste du bassin sont comprises entre 75 et 150 mm.
L’équivalent en eau libérée à partir du manteau neigeux est bas dans les Alpes (100 mm) mais reste supérieur au minimum de la période 1959-2017. Il est nul dans les Pyrénées-Orientales du fait des températures douces au sud du bassin.


Le bilan pluviométrique mensuel du mois d’avril, contrairement au mois de mars est excédentaire à la normale (entre 125 et 300%) dans le sud-est du bassin sur l’ensemble de la région PACA pouvant atteindre de 2 à 3 fois la normale dans le haut-pays niçois), dans l’est des Pyrénées-Orientales (66) et la bordure sud est du massif central . Ils sont également élevés (entre 110 et 150%) dans l’est de la Côte d’Or (21).
Les cumuls sont déficitaires (entre 30 et 75%) dans les vallées transfrontalières des Hautes-Alpes (05), la Savoie, le secteur d’Ambérieu-en-Bugey dans le sud de l’Ain (01) et la partie nord-ouest du Territoire de Belfort (90) situé dans le bassin. Sur tout le reste du bassin, ces cumuls sont assez conformes.

Le cumul des pluies efficaces (pluie-évapotranspiration), est positif sur une majeure partie du bassin, excepté dans le centre de l’Aude, la plaine languedocienne et la Crau / Camargue (de 0 à 25 mm). Le maximum se situe entre 125 et 200 mm sur la barrière des Cévennes, la majeure partie des Alpes-Maritimes et le centre des Hautes-Alpes. Il est compris entre 0 et 125 mm sur tout le reste du bassin.

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est semblable à ceux des trois derniers mois, les pluies efficaces ayant été encore plus importantes sur la bordure sud-est du Massif Central (entre 400 et 750 mm). Il reste compris entre 400 et 750 mm sur certains secteurs des Alpes du nord, du Bugey, du Jura et du sud des Vosges. Sur tout le reste du bassin, il est toujours faible (entre 50 et 400 mm).

2. Débits des cours d’eau

La situation des cours d’eau s’aggrave par rapport au mois de mars, 70 % des cours d’eau du bassin ayant un débit inférieur à la moyenne soit 11 % de plus par rapport au mois de mars. La situation varie selon les régions, se dégradant au nord et s’améliorant au sud : le débit des rivières de la région Bourgogne-Franche-Comté (BFC) se détériore drastiquement puisque le pourcentage de cours d’eau à faible débit évolue de 48,48 % à 84,85 % par rapport au mois dernier. De même, la proportion des cours d’eau à faible débit de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) augmente de 40,74 à 66,74 %.
Au contraire, la situation des cours d’eau de la région Occitanie s’améliore, la moitié des cours d’eau présentant cependant de faible débit : le pourcentage des cours d’eau à faible débit baisse (de 69,23 % à 56,41%), la proportion des cours d’eau à débit fort et moyen augmentant respectivement de 10,26 % et 12,82 %. De même, les cours d’eau de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) profite d’une embellie avec une diminution du pourcentage des cours d’eau à faible débit de 70,59 % à 52,94 %. La proportion des cours d’eau à débit moyen, de cette région, double (de 14,71 à 29,41%) et une nette augmentation est constatée pour les cours d’eau à fort débit et à très fort débit : en avril, ils représentent respectivement 11,76 % et 2,94 %.

Contrairement aux deux précédents mois, les mesures de gestion sur le fleuve Rhône entraînent un arrêt de l’augmentation des débits : il est à la baisse sur toutes les stations, avec des débits inférieurs à la moyenne sur la période 1920-2018. Certains débits sont proches de la moité des débits historiques : c’est le cas des débits relevés aux stations situées en aval du Rhône à Ternay et Valence qui sont respectivement de 670 et 970 m³/s, la moyenne historique étant de 1 140 et 1 570 m³/s. A Beaucaire, le débit est 1/3 inférieur à la moyenne sur la période 1920-2018 (1 270 m³/s contre 1 910 m³/s).
Le débit de la Saône aval (station de Couzon) est très bas et se situe en dessous de la moyenne sur la période 1920-2018 (210 m³/s contre 510 m³/s).

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

Le nombre de nappes à niveau modérément bas à très bas continue d’augmenter, passant de 33 en mars à 39 en avril. Les pluies d’avril ne suffisent pas à les réalimenter, la végétation ayant repris, empêchant leur infiltration jusqu’aux nappes. 2/3 de l’ensemble des stations du bassin sont dans cette situation soit par région :
6 nappes en BFC (les mêmes qu’au mois de mars) : cailloutis de Sundgau, cailloutis de la forêt de Chaux, alluvions fluvio-glaciaires du Breuchin, nappe libre de Dijon Sud, nappe libre calcaire sous alluvions de la Tille et nappe Val-de-Saône (formation Saint Cosme)
14 nappes en ARA (soit une nappe de plus qu’en mars) : alluvions récentes du Rhône (marais de Chautagne et Lavours), alluvions fluvio-glaciaires Couloir de Certines – nappes du SE de Bourg-en-Bresse, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de l’Ain, nappe du synclinal de Saou, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valloire, molasse miocène du Bas-Dauphiné – Plaine de Valence Sud / Drôme RD, alluvions fluvio-glaciaires des vallées de Vienne, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valoire, alluvions fluvio-glaciaire de la plaine de Bièvre , alluvions de l’Isère en Combe de Savoie, Pliocène de Val-de-Saône, alluvions fluvio-glaciaires du couloir de Meyzieu, alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de l’est lyonnais – couloir d’Heyrieux et alluvions fluvio-glaciaires du Garon
8 nappes en PACA (soit une nappe de plus qu’en mars) : alluvions de la Durance moyenne et amont et de ses affluents, alluvions de la basse vallée du Var, alluvions de la Bléone, Mont Genèvre – Casse déserte, Trièves – Beaumont – Champsaur sud, Monts du Vaucluse, Provence Est (aquifère karstique de la Loube) et massifs calcaires de la Sainte Beaume
11 nappes en Occitanie (soit 4 nappes de plus qu’en mars) : calcaire urgonien des garrigues du Gard BV du Gardon, alluvions moyennes du Gardon, alluvions quaternaires et Villafranchiennes de la Vistrenque, aquifère villafranchien de Mauguio Lunel, calcaire jurassique pli ouest de Montpellier, alluvions de l’Hérault, Astien d’Agde Valras, alluvions de l’Aude, alluvions de la basse vallée de l’Aude, alluvions Quaternaire du Roussillon et aquifère Pliocène supérieur du Roussillon.

Le nombre de nappes, si situant autour de la moyenne, diminue (20 stations en mars pour 14 stations en avril).

Le nombre de nappes soutenues par des cours d’eau à niveau modérément haut à très haut reste stable (9 stations en mars pour 10 stations en avril) :
1 nappe en région BFC (soit une nappe de moins qu’en mars) : alluvions de la nappe de la Tille
1 nappe en ARA (la même qu’au mois de mars) : alluvions de l’Eygues
5 nappes en PACA (soit 2 de plus qu’en mars) : Plaine de la Crau, alluvions de la basse Durance, Plaine d’Orange Sud, alluvions du Gapeau et alluvions de la Siagne
3 nappes en région Occitanie (soit une de plus qu’en mars) : calcaires urgonien des garrigues du Gard, calcaires jurassiques du pli occidental de Montpellier - Gardiole - Etang de Thau et aquifère pliocène du Roussillon.

Le niveau de 4 nappes n’a pas pu être déterminé, soit 5 nappes de moins qu’en mars.

Le niveau des nappes est toujours à la baisse mais en proportion moindre par rapport à mars : 44,74 % contre 55,26 %. Le pourcentage des stations à niveau à la hausse restant quasi-identique par rapport à mars, la proportion des stations à niveau stable augmente de 19,74 à 27,63 % par rapport au mois dernier.

Tout comme en mars, il n’a pas été possible de déterminer l’évolution de niveau de 3 stations.

4. Remplissage des retenues d’eau

Au 1er mai, la situation des barrages reste stable pour la moitié d’entre eux.
11 retenues conservent un taux de remplissage stable par rapport au mois précédent : 8 en région Occitanie (Sénéchas, Sainte Cécile d’Andorge, Salagou, les Olivettes, Ganguise, Agly, Puyvalador, Villeneuve de Raho), 2 en PACA (Sainte-Croix et Serre-Ponçon), 1 en région Bourgogne-Franche-Comté. L’indicateur global des retenues des Alpes du Nord sur l’Isère, le Drac et l’Arve, uniquement à vocation hydroélectrique reste inférieur à la normale. Ces taux, en équilibre, sont globalement assez haut, les plus faibles étant celui de Serre-Ponçon (49,63%), la plus importante réserve du bassin et de petites retenues en Occitanie Sénéchas (51%) et Puyvalador (44%).

Seulement 3 retenues présentent un taux de remplissage à la baisse : 2 en BFC (Chazilly (52,27%) et Panthier (75,80%)) et 1 en région Occitanie (Galaube (86%)).
Toutes les autres retenues sont à la hausse (10) parmi lesquelles 3 des retenues hydro-électriques de la région Occitanie : Grandes Pâtures (82%), Vinça (81%) et les Bouillouses (29%). Dans cette même région, les autres barrages dont le volume augmente sont Avène (95%), Matemale (52%) et le groupe de Chassezac (86%). Les volumes des retenues bassin Loire Montpezat Pont de Veyrières augmentent également (84,80%) ainsi que celui des retenues de Castillon (67,26%) et de Saint-Cassien (78,96%), en région PACA.

5. Humidité des sols

La situation de l’humidité des sols du bassin est similaire à celle du mois de mars excepté sur la bordure sud-est du massif central où elle augmente (indice compris entre 0,85 et 1). De même, sur la façade est du bassin, les surfaces très humides sont plus importantes que le mois précédent (les sols des Alpes-Maritimes sont plus humides que le mois précédent : indice compris entre 0,65 et 1).
Les sols de la partie sud-est de la bordure littorale méditerranéenne (des Pyrénées-Orientales aux Bouches-du-Rhône (13)) restent secs (indice compris entre 0,35 et 0,45). Les sols du Var sont plus épargnées que le mois dernier, présentant un indice compris entre 0,35 et 0,65.

6. Etat des milieux aquatiques

Aucune campagne complémentaire de l’Observatoire national des étiages (ONDE) n’a eu lieu au cours du mois d'avril 2019.

7. Limitations des usages de l'eau au 10 mai 2019

Trois nouveaux départements prennent des mesures de limitation des usages de l’eau : l’Isère, la Drôme et l’Aude :
Pour l’Isère, les eaux superficielles et souterraines du nord du département sont placées en situation de vigilance, la nappe de l’est lyonnais étant placée en situation d’alerte
Toutes les zones hydrographiques de gestion du département de la Drôme, sont placées en situation de vigilance, tant du point de vue des eaux superficielles que des eaux souterraines excepté le Rhône ;
Dans le département de l’Aude, le niveau d’alerte renforcée et d’alerte sont atteints pour, respectivement, le secteur de la nappe plio-quaternaire du Roussillon et le bassin versant de l’Agly.
La situation des Pyrénées-Orientales et de l’Ain évolue :
Dans les Pyrénées-Orientales, les nappes plio-quaternaires le secteur « bordure côtière nord » passe au niveau d’alerte renforcée. Le secteur « Aspres-Réart » de cette nappe évolue au niveau alerte, tout comme le secteur du Tech et les zones de gestion Agly amont, Bouzane et Verdouble, Tech-Albères-Carol. Sont placés en vigilance, les secteurs de la « bordure côtière sud », et « Agly Salanques », de la nappe d’accompagnement de la Têt au sein de cette même nappe, ainsi que les bassins de gestion « Agly aval », « Têt amont », « Têt aval-Bourdigou-Réart »
Dans le département de l’Ain, les eaux souterraines « Dombes-Certines » sont placées en situation d’alerte. Seules les eaux souterraines de la Plaine de l’Ain et du Pays de Gex restent placées en situation de vigilance.
La situation du département du Rhône ne change pas : les 9 zones de ses eaux superficielles restent placées en situation de vigilance.

Situation au 10 mai 2019 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois d'avril 2019

La reprise trop tardive des précipitations au mois d’avril, ne contribue plus à la recharge des nappes au cours du mois d’avril du fait également de la reprise de la végétation. Leur niveau est majoritairement bas à très bas : 63,16 % des stations sont dans cette situation, les régions ARA et Occitanie étant les plus impactées .

La proportion des cours d’eau à débit faible est encore plus importante que le mois dernier (70 % des cours d’eau ayant un débit inférieur à la moyenne dont 5 % un débit faible). La situation des cours d’eau est très dégradée en BFC dont 84,85 % d’entre eux présentent un débit faible. La situation n’est guère mieux en région ARA (66,67 % de ces cours d’eau dans cette situation). Une amélioration s’observe cependant dans les régions Occitanie et PACA. La proportion de cours d’eau à faible débit diminue, notamment pour la région PACA au profit des cours d’eau à débit moyen, fort à très fort.

En avril, aucune campagne complémentaire de l’observatoire national des étiages (ONDE) assurée par l’agence française pour la biodiversité n’a été demandée par les services de l’État.

Au 10 mai, 6 départements ont pris des mesures de limitation des usages de l’eau en Auvergne-Rhône-Alpes (Isère, Drôme, Ain et Rhône) et en Occitanie (Aude, Pyrénées-Orientales). Le département de l’Ain a pris, au 16 avril 2019, un nouvel arrêté-cadre sécheresse afin de fixer le cadre des mesures de gestion et de préservation de la ressource en eau en période de sécheresse.

 

 


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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Manteau neigeux

 

 

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Mars 2019 : un début de printemps critique notamment au sud du bassin

(mis en ligne le 16 avril 2019)

1. Pluviométrie

Tout comme au mois de février, la douceur est toujours de mise en mars : tant dans le nord que le sud du bassin : la température moyenne mensuelle se situe 1,4°C au-dessus de la normale.

En continuité des mois de décembre à février, les précipitations sont encore très faibles, inférieures à 10 mm) sur tout le pourtour méditerranéen ainsi qu’en remontant le long de l’axe Rhône aval jusqu’à la hauteur de Lyon.

Les seuls secteurs arrosés correspondent aux reliefs nord du bassin (entre 100 et 250 mm), des Alpes du nord, du Bugey et du Jura. Le maximum de précipitations (entre 250 et 300 mm) est localisé au sud du relief des Vosges sur le territoire de Belfort (90). Au sud, les précipitations les plus élevées sont comprises entre 50 et 100 mm dans les reliefs des Cévennes, du Piémont cévenole et de la Margeride. En conséquence de la douceur et des faibles précipitations, l’équivalent en eau du manteau neigeux des Alpes (120 mm) se rapproche du point le plus bas connu sur la période 1959-2017 (100 mm). La situation est pire dans les Pyrénées-Orientales où la valeur rejoint celle du minimum historique, le manteau neigeux ayant complètement fondu.

Le bilan pluviométrique mensuel à la fin mars est déficitaire sur l’ouest et l’ensemble de la bordure méditerranéenne du bassin . Le déficit dépasse 75 % sur toute la partie sud du bassin. La pluviométrie mensuelle est déficitaire de 16 % en moyenne sur le bassin et se place ainsi au 21ème rang des plus faibles connue pour un mois de mars depuis 60 ans. Le déficit le plus important est consigné sur tous les départements de la bordure méditerranéenne et celui des Hautes-Alpes. Un déficit important, compris entre 0 et 25 %, marque ces départements dont les précipitations sont inférieures à 5 mm sur le mois.

Le cumul des pluies efficaces, s’enrichit des précipitations de février uniquement, sur les secteurs montagneux du nord est du bassin : il est compris entre 75 et 200 mm dans le sud de l’Isère, les Alpes du nord, le Bugey et le relief du Jura. Le maximum est atteint (250 mm) sur un secteur situé au sud du relief des Vosges dans le Territoire de Belfort. En revanche, sur tout le reste du bassin, le cumul des pluies efficaces est nul ou voir négatif sur toute la partie sud du bassin.

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est semblable à ceux des mois de janvier et février, excepté sur les reliefs où il est plus important. Ainsi, il est compris entre 750 et 1 000 mm sur certains secteurs des Alpes du nord, du Bugey, du Jura et du sud des Vosges . Ces zones tirent profit des maximums de précipitations de mars. De même, la bordure sud-est du Massif Central conserve son fort cumul de pluies efficaces (entre 400 et 750 mm). Exceptée cette zone et les reliefs précités, le cumul des pluies efficaces reste globalement faible sur l’ensemble du bassin et se classe au 15ème rang des plus faibles connus pour un mois de mars depuis les 60 dernières années.

2. Débits des cours d’eau

En mars, 59 % des cours d’eau du bassin ont un débit inférieur à la moyenne dont plus de 9 % présentent un débit très inférieur à la moyenne. L’augmentation de ces taux par rapport à février atteste d’une dégradation générale de l’hydraulicité des cours d’eau du bassin dont la situation varie selon les régions : les débits des rivières de la région Bourgogne-Franche-Comté (BFC) s’améliore légèrement par rapport au mois de février mais se dégrade pour les régions du sud du bassin . Ainsi, en mars, la majorité des cours d’eau de la région Bourgogne-Franche-Comté ont un débit proche de la moyenne (48,48 %) alors qu’en février, 66,67 % des rivières de cette région présentaient un débit inférieur à la moyenne.

La situation des cours d’eau du bassin en Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) se détériore, la majorité d’entre eux présentent un débit inférieur à la moyenne (40,74%). Cela marque une forte détérioration par rapport à la situation de février : 27,78 % des rivières avaient un débit inférieur à la moyenne et la plus forte part des débits étaient proches de la moyenne (38,79%).

La majorité des cours d’eau du versant méditerranéen d’Occitanie présente encore un débit inférieur à la moyenne et leur nombre est en augmentation de 10 %, passant de 58,97 % à 69,23 % : 2/3 des cours d’eau de cette région ont donc des débits inférieurs à la moyenne. Le même constat est fait pour les cours d’eau de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) avec plus de 70 % des cours d’eau dans cette situation de faible débit en augmentation de + 25,5 % par rapport à février. La situation des cours d’eau des régions Occitanie et PACA est donc très préoccupante.

Après la reprise amorcée en février, grâce à la fonte des neiges due aux températures douces du mois et aux modalités de gestion des producteurs d’hydroélectricité du Rhône et de ses affluents, le débit du fleuve Rhône continue à augmenter sur toutes les stations d’observation. A la station de Bognes, le débit du mois de mars est égal à la moyenne sur la période 1920-2018. En revanche, aux stations d’amont en aval (Ternay, Valence et Beaucaire), il se situe respectivement à environ 100 m³/s, 200 m³/s et 400 m³/s en-dessous de cette moyenne. Il reste ainsi en-dessous de la moyenne sur la période 1920-2018 pour 3 des 5 stations d’amont en aval : légèrement inférieur sur Ternay (1 110 m³/s au lieu de 1 250 m³/s) et Valence (1 440 m³/s au lieu de 1 610 m³/s), voir nettement inférieur à Beaucaire (1 610 m³/s au lieu de 2 010 m³/s). A cette dernière station , le débit était déjà en baisse de février à mars, passant de 1 650 m³/s à 1 610 m³/s.

Le débit de la Saône aval (station de Couzon) continue d’augmenter (de 420 à 500 m³/s) mais reste en-dessous de la moyenne sur la période 1920-2018 (620 m³/s).

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

Le nombre de nappes à niveau modérément bas à très bas double en mars par rapport à février sur le bassin, passant de 14 à 33. Elles atteignent des niveaux décennaux secs en particulier dans le val de Saône et la vallée du Rhône.

  • 6 nappes en région Bourgogne Franche Comté (BFC) : cailloutis de Sundgau, cailloutis de la forêt de Chaux, alluvions fluvio-glaciaires du Breuchin, nappe libre de Dijon Sud, nappe libre calcaire sous alluvions de la Tille, nappe Val-de-Saône (formation Saint Cosme)
  • 13 nappes du bassin en ARA : alluvions fluvio-glaciaires Couloir de Certines – nappe du SE de Bourg-en-Bresse, cailloutis plioquaternaires de la Dombes, alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de l’Ain, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Valloire, molasse miocène du Bas-Dauphiné – Terres Froides, molasse miocène du Bas-Dauphiné – Plaine de Valence Sud / Drôme RD, alluvions fluvio-glaciaires des Vallées de Vienne, alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Bièvre, alluvions de l’Isère en Combe de Savoie, pliocène du Val-de-Saône, alluvions fluvio-glaciaires du couloir de Meyzieu, alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de l’est lyonnais – couloir d’Heyrieux et alluvions fluvio-glaciaires du Garon
  • 7 nappes en PACA : alluvions de la basse vallée du Var, Mont Genèvre – Casse déserte, Trièves – Beaumont – Champsaur sud, Queyras – Parpaillon, Monts du Vaucluse, alluvions de la Siagne et alluvions de la Bléone
  • 7 nappes sur le versant méditerranéen de l’Occitanie : calcaire urgonien des garrigues du Gard BV du Gardon, alluvions moyens du Gardon, aquifère villefranchien du Mauguio Lunel, calcaire jurassique pli ouest de Montpellier, alluvions de l’Hérault, alluvions quaternaire du Roussillon et aquifère pliocène supérieur du Roussillon

Le nombre de nappes, si situant autour de la moyenne, reste stable (21 stations en février pour 20 stations en mars).

Le nombre de nappes à niveau modérément haut à très haut diminue de moitié de février à mars, passant de 18 à 9 :

  • 1 nappe pour la partie de la région Grand Est du bassin : grès du Trias inférieur non captif
  • 2 nappes en région BFC : alluvions de l’Arlier et du Drugeon et alluvions profondes de la nappe de Tille
  • 1 nappes en ARA : alluvions de l’Eygues
  • 3 nappes en région PACA : Plaine de la Crau (à la station d’Istres), alluvions du Gapeau et Plan de Canjuers- région de Fayence
  • 2 nappes en région Occitanie : calcaires urgonien des garrigues du Gard et aquifère pliocène du Roussillon.

A noter qu’en mars, le niveau de 9 nappes n’a pu être déterminé (il n’était que de 2 en février).

Le niveau des nappes est, pour plus de la moitié des stations, à la baisse (55,26%) alors que seulement un tiers des stations était dans cette situation en février (34,26%). En conséquence, la part des stations à la hausse et celle des stations stables baisse, respectivement de 31,58 à 21,05 et de 32,89 à 19,74 %. Tous les niveaux des stations du versant méditerranéen de la région Occitanie sont à la baisse ainsi qu’une grande partie de celles du bassin de la région ARA (13 stations sur 20).

4. Remplissage des retenues d’eau

Au 1er avril, la situation des barrages est stable par rapport au 1er mars.

11 retenues conservent un taux de remplissage stable par rapport au mois précédent : 9 en région Occitanie (Sénéchas, Ste Cécile d’Andorge, Avène, Salagou, Les Olivettes, Ganguise, Agly, Matemale et Villeneuve de Raho) et 2 en PACA (Sainte-Croix et Serre-Ponçon). La plupart de ces taux sont supérieurs à 75 % ou les avoisinent. Cependant, le remplissage de retenues multi-usages stratégiques sur le bassin sont à des niveaux trop bas pour aborder sereinement le période estivale sur les retenues des barrages de Serre-Ponçon (47,51%) de Saint-Cassin (52,20%), de Castillon (55,13%), du groupe du Chassezac (31,72%), de Senechas (45%)…

Les retenues hydroélectriques ne sont pas dans une situation favorable avec des niveaux à la baisse et des taux de remplissage inférieurs à la moyenne aussi bien sur les barrages des Alpes du Nord que ceux des Pyrénées Orientales (Les Bouillouses (13%), Puyvalador (25%), Grandes Pâtures (27%), Galaube (94%)).

En revanche, le taux de remplissage de 9 retenues augmente atteignant des valeurs élevées en région BFC : Chazilly (85%), Panthier (84%), Vouglans (84%) et Canal du Centre (74%). Les taux de remplissage atteints suite à ces augmentations sont moindres pour les ouvrages des régions Occitanie (groupe de Chassezac (31,72%), Vinça (52%)) et PACA (Castillon (55,13%) et Saint-Cassien (52,20%)).

5. Humidité des sols

En conséquence des faibles précipitations et des températures douces du mois de mars, les sols continuent à s’assécher, le phénomène s’accentuant dans le sud du bassin. Ainsi, la majeure partie des sols des bordures littorales des départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault, du Gard, des Bouches-du-Rhône, du Var et le sud-ouest du département des Alpes-maritimes présentent un indice d’humidité des sols compris entre 0,35 et 0,45.

A l’opposé, les sols des reliefs restent épargnés : la façade Est du bassin allant des Vosges aux Alpes présentent un bon taux d’humidité des sols compris entre 0,85 et 1.

6. Etat des milieux aquatiques

Aucune campagne complémentaire de l’Observatoire national des étiages (ONDE) n’a eu lieu au cours du mois de mars 2019.

7. Limitations des usages de l'eau au 10 février 2019

Les départements des Pyrénées-Orientales et du Rhône conservent leurs mesures de limitation des usages de l’eau : dans les Pyrénées-Orientales, la nappe plio-quaternaire (secteur 5, Aspres-Réart) reste en situation de vigilance, le secteur 1 de cette nappe (bordure côtière nord) reste en situation d’alerte.

Dans le département du Rhône, les 9 zones de ses eaux superficielles restent placées en situation de vigilance .

Les eaux souterraines du département de l’Ain sont placées en situation de vigilance.

Dans certains départements, les arrêtés cadre sécheresse devraient être publiés courant du mois d’avril.

Situation au 10 avril 2019 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de novembre 2018

L’équivalent en eau du manteau neigeux est très faible voire nul et se rapproche des plus bas connu depuis 60 ans. De plus, les faibles précipitations du mois de mars ont pour conséquence une recharge des ressources en eau du bassin restée à l’arrêt. Le cumul des pluies efficaces globalement faible sur l’ensemble du bassin se classe au 15ème rang des plus faibles connus pour un mois de mars depuis 60 ans. La situation est très critique, tant pour les cours d’eau que les nappes phréatiques.

Les débits des cours d’eau sont faibles : 60 % des cours d’eau ont un débit inférieur à la moyenne dont environ 10 % des rivières présentent un débit très inférieur à la moyenne, attestant de la dégradation des débits constatée depuis le mois de janvier.

La situation des nappes phréatiques continue de se détériorer. Le nombre de nappes à niveau modérément bas à très bas double par rapport à février en particulier en région Auvergne -Rhône-alpes où le nombre de nappes à la baisse est le plus important (13) ; une partie d’entre elles atteignent des niveaux décennaux secs.

En mars, aucune campagne complémentaire de l’observatoire national des étiages (ONDE) assurée par l’agence française pour la biodiversité n’a été demandée par les services de l’État.

Dans le département du Rhône, les eaux superficielles de neufs secteurs et les eaux souterraines de 4 secteurs restent en état de vigilance. Les deux secteurs de la nappe plio-quaternaire des Pyrénées-Orientales, placés, pour l’un, au niveau d’alerte, pour l’autre, au niveau de vigilance conservent ce statut. En mars, l’Ain place l’ensemble des eaux souterraines de son département en situation de vigilance.

 

 


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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Manteau neigeux

 

 

Site PROPLUVIA : les restrictions d'eau

 

Février 2019 : une recharge du bassin au point mort

(mis en ligne le 20 mars 2019)

1. Pluviométrie

En continuité du mois de janvier, les températures de février sont douces : dans la partie sud du bassin, la température moyenne mensuelle se situe 1,5°C au-dessus de la normale, ainsi qu’au nord où elle peut, ponctuellement, être supérieure de 4°C à cette normale.

Tout comme en décembre et en janvier, les précipitations sont encore très faibles (entre 5 et 10 mm) sur l’ensemble du bassin en particulier dans les Pyrénées-Orientales (66), l’Aude (11) et l’Hérault (34).

Les faibles précipitations et les températures relativement douces du mois de février expliquent une baisse de la lame d’eau venant de la fonte du manteau neigeux des Alpes et des Pyrénées. La hauteur d’équivalent en eau du manteau neigeux des Alpes est bien inférieure à la médiane (calculée sur la période 1981-2010) passant en dessous du quintile sec dans la 3ᵉ décade pour atteindre 140 mm en fin de mois de février. Le manteau neigeux dans les Pyrénées-Orientales est très faible en janvier, la neige tombée au cours de la 1ère quinzaine de février a entièrement fondue. L’équivalent en eau à partir du manteau neigeux est dans les plus bas enregistrés depuis 1959 en fin février.

Le bilan pluviométrique mensuel est déficitaire sur la quasi-totalité du bassin avec le taux le plus bas (entre 0 et 25 %), dans le Languedoc et le Roussillon (sur l’est des Pyrénées-orientales, l’est et le centre de l’Aude et le département de l’Hérault) et dans la région de Dijon (versant est de la Côte d’Or).

Le cumul des pluies efficaces a baissé par rapport au mois de janvier. Il est excédentaire de 75 à 125 mm sur les Alpes du nord et faiblement excédentaire (de 0 à 75 mm) sur les reliefs du Jura, des Alpes du sud et les Baronnies. Il est, par contre, déficitaire (entre 0 et -50 mm) dans les Pyrénées-Orientales, l’Aude, le Gard (30), les Bouches du Rhône et le plateau de Valensole.

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est proche de celui du mois de janvier : globalement faible sur l’ensemble du bassin, il reste à des taux plus élevés (entre 400 et 750 mm), sur les reliefs des Vosges, du Jura, du Bugey et des Alpes du nord, les Baronnies provençales, des Alpes du Sud.

2. Débits des cours d’eau

Profitant de la fonte des neiges liée aux températures douces du mois, la situation des cours d’eau suivis du bassin s’améliore légèrement par rapport au mois de janvier : le taux de cours d’eau à hydraulicité faible et très faible diminue au profit de celui des cours d’eau à hydraulicité moyenne ou forte. La majorité des cours d’eau des régions reste cependant en situation d’hydraulicité faible sauf ceux de la partie Rhône-Alpes de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA). De plus, en février, 17 cours d’eau présentent une hydraulicité mensuelle forte dont onze en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) alors que seulement deux cours d’eau de cette région présentaient ces caractéristiques en janvier. Ainsi, sont en situation d’hydraulicité faible : 27,78 % des cours du versant méditerranéen d’Auvergne-Rhône-Alpes, 45,06 % des cours d’eau de la région PACA, 58,97 % des cours d’eau du versant méditerranéen de la région Occitanie et 66,67 % des cours d’eau de la région Bourgogne-Franche-Comté (BFC).

A l’opposé de janvier, le débit du fleuve Rhône augmente sur toutes les stations d’observations mais reste en-dessous de la moyenne sur la période 1920-2018 : à la station de Valence, il augmente de 990 à 1 330 m³/s . L’augmentation est encore plus importante pour le débit du Rhône à Beaucaire : de 1 160 à 1 650 m³/s. Ces augmentations de débit du Rhône s’explique en partie par la fonte des neiges influencées par des modalités de gestion des producteurs d’hydroélectricité du Rhône et ses affluents. Cette augmentation est d’autant plus importante à la station de Beaucaire recevant l’eau des affluents des Alpes du sud en particulier La Durance.

Le débit très bas de la Saône aval (station de Couzon) augmente légèrement, passant de 340 à 420 m³/s, tout en restant inférieur à la moyenne sur la période 1920-2018 (710 m³/s).

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

50 % des nappes sont à un niveau modérément bas à très bas. Sont ainsi à un niveau très bas :

  • 4 nappes en BFC : cailloutis de Sundgau, cailloutis Pliocène de la forêt de Chaux, nappe de Dijon Sud, et nappe Val de Saône (formation Saint Cosme).
  • 8 nappes en Auvergne Rhône-Alpes (ARA) : alluvions fluvio-glaciaires Couloir de Certines – nappe du SE de Bourg-en-Bresse, cailloutis plioquaternaires de la Dombres, molasse Miocène du Bas-Dauphiné, Pliocène du Val-de-Saône et les couloirs fluvio-glaciaires de l’est Lyonnais (Heyrieux, Meyzieu)
  • 2 nappes en Provence-Alpes Côte d’Azur (PACA) d’altitude : Trièves, Beaumont, Champsaur Sud et Queyras - Parpaillon

23,68 % des nappes ont un niveau haut :

  • 1 nappe en BFC : alluvions profondes de la nappe de la Tille
  • 2 nappes en ARA (sud Drôme) : alluvions de l’Eygues et calcaires tithoniques des Baronnies.
  • 2 nappes en PACA : plaine de la Crau et plaine d’Orange sud.
  • 1 nappe en région Occitanie : aquifère pliocène du Roussillon

Le niveau des nappes d’eau du versant méditerranéen de la région Occitanie, pourtant élevé, continue sa baisse amorcée en janvier. Seules les nappes alluvions de l’Aude et alluvions de la basse vallée de l’Aude sont à la hausse. Les niveaux des nappes des calcaires urgoniens des garrigues du Gard et aquifère pliocène supérieur du Roussillon sont stables. A noter un niveau haut de la nappe du Pliocène qui contraste avec un niveau bas de certains secteurs des alluvions quaternaires en particulier en zone côtière.

Tout comme en région Occitanie, les niveaux élevés des nappes de la région Provence Alpes Côte d’Azur (PACA), de janvier baissent en février pour des niveaux haut, modérément haut ou autour de la moyenne. Les niveaux modérément bas, voire très bas restent dans cette situation.

La situation de la région BFC est similaire à celle du mois de janvier le niveau de la nappe cailloutis du Sundgau se stabilise après une tendance à la baisse en janvier.

4. Remplissage des retenues d’eau

La situation des barrages au 1er mars 2019 reste assez stable. La plupart des retenues est encore à un niveau de remplissage moyen (50 à 70%). A noter une progression sur certaines retenues dont le niveau augmente légèrement grâce aux faibles précipitations du mois : c’est le cas des barrages de Panthier et de Canal du centre (en région BFC) avec respectivement 67 et 66 %, de la retenue de Saint-Cassien (région PACA) avec 30,29 % et des retenues de Vinça et d’Avène, en région Occitanie, avec 36 et 86 %. Seules les retenues des Cévennes, de la montagne noire enregistrent des taux de remplissage confortables.

5. Humidité des sols

Même si les sols sont humides en février, on observe tout de même une baisse de l’indice d’humidité pour les départements du pourtour méditerranéen qui passent à un indice compris entre 0,60 et 0,70 avec un taux plus faible pour la fine frange littorale des Pyrénées-Orientales jusqu’à la Camargue gardoise (indice compris entre 0,35 et 0,45).

Dans le nord du bassin, les sols superficiels humides se sont un peu asséchés, excepté la façade est qui conserve des sols proches de la saturation . L’indice de l’humidité des sols de la zone centrale de la Haute-Saône, du Rhône, du sud de l’Ardèche et de l’ouest de la Drôme baisse entre 0,60 et 0,70.

A l’opposé, la façade est du bassin allant des Vosges aux Alpes présente un bon taux d’humidité des sols, compris entre 0,85 et 1.

6. Etat des milieux aquatiques

Aucune campagne complémentaire de l’Observatoire national des étiages (ONDE) n’a eu lieu au cours du mois de février 2019.

7. Limitations des usages de l'eau au 10 février 2019

Le département des Pyrénées-Orientales (66) conserve des mesures de limitation des usages de l’eau sur les eaux souterraines : la nappe plio-quaternaire (secteur 5, Aspres-Réart) est placée en situation de vigilance et le secteur 1 de cette nappe (bordure côtière nord) est en situation d’alerte. Le département du Rhône reprend des mesures de limitation des usages de l’eau en plaçant en situation de vigilance neuf zones de ses eaux superficielles et quatre zones de ses eaux souterraines notamment le bassin versant du Garon, la nappe de l’Est lyonnais....

Situation au 10 mars 2019 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de novembre 2018

La recharge du bassin est à l’arrêt suite au déficit de précipitations du mois de février. En raison des températures douces du mois, seuls les cours d’eau à régime nival profitent de la fonte des neiges et voient leur hydraulicité s’améliorer.

La situation des nappes phréatiques se détériorent avec une augmentation du pourcentage de celles à niveau bas à très bas. Ainsi 50 % d’entre elles sont dans cette situation en particulier en Bourgogne-Franche-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes. Un quart des nappes sont à un niveau haut à très haut dans des aquifères libres à recharge rapide de toutes les régions du bassin ; un quart, également, sont à un niveau proche de la moyenne. A noter des niveaux bas en février d’aquifères majeurs qui font l’objet de mesures d’alerte pour l’aquifère des alluvions du Roussillon et en vigilance pour l’aquifère des couloirs de l’est lyonnais.

Aucune information particulière concernant l’impact sur les écosystèmes aquatiques. Aucune campagne complémentaire de l’Observatoire national des étiages (ONDE) n’a été sollicitée par les services de l’État au cours du mois de février 2019 auprès de l’agence française pour la biodiversité.

Le département du Rhône place en vigilance les eaux superficielles dans neufs secteurs et les eaux souterraines dans quatre secteurs identifiés en déséquilibre quantitatif comme les couloirs l’est lyonnais, la nappe du Garon... Deux secteurs de la nappe plio-quaternaire dans les Pyrénées-Orientales sont placés pour l’un, au niveau d’alerte et, pour l’autre, au niveau de vigilance.

 


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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Manteau neigeux

 

 

Site PROPLUVIA : les restrictions d'eau

 

Janvier 2019 : coup de frein de la recharge amorcée dans l'est du bassin et stoppée au sud

(mis en ligne le 18 février 2019)

1. Pluviométrie

Les températures de janvier sont exceptionnellement douces dans le nord du bassin et un peu fraîches dans le sud : au nord, la température moyenne se situe de 2 à 5°C au-dessus de la normale tandis qu’au sud, elles se placent en dessous de la normale à -0,3°C.

Tout comme en décembre, les précipitations du mois de janvier bénéficient à l’extrême nord-est et l’est du bassin mais de façon moins importante.

Elles sont plus faibles au sud et inférieures à celles du mois de décembre . Ces faibles précipitations se traduisent par un équivalent en eau à partir des manteaux neigeux des Alpes et des Pyrénées-Orientales (66) bas : pour les Alpes du nord, il est d’environ 90 mm au 1er février et pour les Pyrénées-Orientales, il demeure inférieur au quantile sec durant le mois de janvier en remontant à 40 mm en fin de mois. Le bilan pluviométrique mensuel est déficitaire sur l’ensemble du bassin.

Le cumul des pluies efficaces est moins élevé qu’au mois de décembre pour l’ensemble du bassin, la situation étant plus favorable au nord avec, cependant des hauteurs de pluies efficaces sont plus faibles voir très faibles (entre 0 et 50 mm) sur tous les départements du pourtour méditerranéen.

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est, tout comme au mois de décembre 2018, positif sur tout le bassin avec des taux plus élevés, entre 750 et 1 000 mm, sur les sommets des Cévennes et la montagne noire. Elles se situent entre 400 et 750 mm sur les reliefs des Vosges, du Jura, du Bugey et des Alpes du nord, les Baronnies provençales, l’Esterel et le massif des Maures.

2. Débits des cours d’eau

La situation de la majorité des cours d’eaux du bassin se dégrade, consécutivement au manque de pluies du mois de janvier. Ils présentent, pour la plupart, des débits inférieurs à la moyenne (hydraulicité mensuelle (H) comprise entre 0,25 et 0,75). Certains cours d’eau sont même en assec : parmi les 6 cours d’eau enregistrant les débits les plus bas du bassin, 4 cours d’eau sont situés en région Auvergne Rhône-Alpes : dans l’Ain, la Chalaronne, à Villars-les-Dombes et le Vieux-Jonc à Buellas ainsi qu’en Haute-Savoie, l’Aire à St Julien-en-Genevois et le Sciez à Foron-de-Sciez.

Le plus haut niveau enregistré soit un débit supérieur à la moyenne (1,25<H<1,75) n’est atteint que par deux cours d’eau de la région PACA : l’Auzon et la Guisane .

Contrairement à décembre, le débit du fleuve Rhône diminue. Cette baisse est observée à toutes les stations. Le débit déjà très bas de la Saône aval (station de Couzon) diminue drastiquement, passant de 440 à 340 m³/s : il est inférieur de la moitié de la moyenne sur la période 1920-2018 (720 m³/s ). Les débits du Rhône aval respectivement en amont et en aval des centrales nucléaires de Cruas et Tricastin se situent nettement bien en-dessous de la moyenne au 19 ème et 16 ème rang des mois les plus bas connus depuis presque 100 ans.

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

Le niveau des nappes d’eau du versant méditerranéen de la région Occitanie est élevé mais, toutefois, moins que le mois dernier, s’expliquant par un cumul des précipitations assez bas, sur cette région, en janvier. Il reste globalement au dessus de la moyenne.

En région PACA, le niveau des nappes reste assez élevé (de 5 à 7), tout comme au mois de décembre. Quatre stations ont un niveau autour de la moyenne et quatre stations présentent un niveau modérément bas, voire très bas. Onze stations présentent un niveau à la baisse et six stations un niveau stable.

Le niveau des nappes de l'Est de la région Auvergne-Rhône-Alpes reste globalement bas à très bas.

Le niveau des nappes des alluvions de l’Isère et des alluvions fluvio-glaciaires de la Plaine de Bièvre progresse en atteignant un niveau proche de la moyenne. La plupart des nappes à niveau modérément bas en décembre passe à un niveau bas. La nappe pliocène du Val de Saône évolue vers un niveau très bas. Les nappes en situation de niveau très bas en décembre conserve cet état au mois de janvier.

Les formations fluvio-glaciaires du pays de Gex conservent leur niveau modérément haut.

Tout comme au mois de novembre et décembre, le niveau des nappes de la région Bourgogne-Franche-Comté (BFC) stable en janvier, restent globalement bas. A noter que les nappes Grès du trias inférieur non captif à la station de Plombières-les-bains et les alluvions de l’Arlier et du Drugeon atteignent un niveau autour de la moyenne. La nappe libre de Dijon Sud passe d’un niveau stable à un niveau à la baisse. Les autres nappes conservent soit un niveau à la baisse (cailloutis de sundgau), soit un niveau stable (alluvions profondes de la nappe de Tille). Le niveau de la nappe des cailloutis pliocènes de la forêt de Chaux s’améliore, passant d’un état à la baisse à un état stable.

4. Remplissage des retenues d’eau

Le taux de remplissage des barrages continue, majoritairement, à baisser en janvier, en conséquence des faibles précipitations du mois. C’est le cas des ouvrages à volume inférieur à 100 millions de m³. Le taux de certains d’entre eux atteint la tranche 25 à 50 % comme en région Occitanie : les retenues du bassin Loire Montpezat – Pont de Verrières, le groupe de Chassezac, Grandes Pâtures, Les Bouillouses, Matermale. D’autres affichent un taux de remplissage inférieur à 25 % comme Saint Cassien, en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) et Vinça, en région Occitanie . Même les grandes retenues (à volume supérieur à 100 millions de m³) présentent un taux de remplissage en baisse, comme celui de Serre-Ponçon en région PACA (de 76,31 à 60,79 %) ou celui de Vouglans, en région Bourgogne-Franche-Comté (BFC) (de 85,80 à 73,00 %). De même, l’indicateur des barrages des Alpes du nord passe à un taux de remplissage inférieur à la normale, reflétant les faibles précipitations de janvier.

L’intervalle de taux de remplissage des retenues de Saint Cécile d’Andorge, du Salagou, des Olivettes, de Galaube, de Ganguise, Avène, en région Occitanie, et Castillon, Sainte-Croix, en région PACA reste élevé (75-100 %). Les barrages d’Agly (Occitanie) et de Canal du Centre (région BFC) conservent un bon taux de remplissage (compris entre 50 et 75%).

5. Humidité des sols

Tout comme au mois de décembre, les sols sont très humides, avec un indice compris entre 0,90 et 1 sur l’ensemble du bassin, en particulier sur les reliefs des Alpes du nord, du Bugey et du Jura. C’est également le cas, des terrains situés à plus basse altitude des Alpes de Haute-Provence, des Hautes-Alpes, du Var, de l’Ardèche et de la Drôme.

L’humidité des sols diminue sur une plus grande partie de la frange littorale comprise entre le sud des Pyrénées-Orientales et le sud-ouest du Var : indice de 0,60 à 0,75. Les sols de Camargue continuent de s'assècher (indice compris entre 0,40 et 0,60).

6. Etat des milieux aquatiques

Aucune campagne complémentaire de l’Observatoire national des étiages (ONDE) n’a eu lieu au cours du mois de janvier 2019.

7. Limitations des usages de l'eau au 10 février 2019

Seul le département des Pyrénées -Orientales (66) conserve des mesures de limitation des usages de l’eau : l’arrêté n° 2018-242-0001 du 30 août 2018 est prorogé jusqu’au 1er mars 2019. Jusqu’à cette date, les eaux souterraines plio-quaternaires de Bordure côtière nord et Aspres-Réart restent au niveau d’alerte.

Situation au 10 février 2019 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de janvier 2019

Le manque de précipitations du mois de janvier n’a pas permis de poursuivre la recharge initiée au mois de décembre, consécutivement aux faibles précipitations du mois.

Le niveau des nappes baisse, de façon généralisée sur l’ensemble du bassin. Leur situation au-dessus de la moyenne reste favorable sur le pourtour méditerranéen en Occitanie et en PACA. En revanche sur le reste du bassin en particulier les nappes du couloir du Rhône moyen et de la Saône sont dans une situation critique. Les prélèvements dans ces nappes risquent de créer des désordres pour ces nappes. Ceci peut devenir une situation très critique si les précipitations ne viennent pas participer à leur alimentation efficace. Celle-ci s’achève en général fin mars avec la reprise de la végétation et des prélèvements pour l’irrigation.

Le Rhône baisse à nouveau, malgré l’amélioration enregistrée en décembre… Le débit de la Saône aval continue de baisser en particulier en aval (340 m³/s). Il est inférieur à la moitié de la moyenne sur la période 1920-2017 des débits observés à cette station (720 m³/s).

La dernière mesure de limitation des usages de l’eau concernant le département des Pyrénées-Orientales a été prorogée au 1er mars 2019.

 


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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

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Retenues d'eau

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Décembre 2018 : la recharge au sud s'arrête et se déplace dans l'est du bassin

(mis en ligne le 16 janvier 2019)

1. Pluviométrie

Le mois de décembre 2018 se caractérise par des températures très douces alternant avec d’autres plus froides : la température moyenne mensuelle se situe entre 1,2 et 2,5 °C au-dessus de la normale mensuelle. En conséquence, l’équivalent en eau libéré à partir du manteau neigeux dans les Alpes est à un niveau médian autour de 100 mm au 1er janvier 2019. Celui des Pyrénées-Orientales (66) chute en dessous à un niveau inférieur au faisceau médian à un niveau très faible autour de 6 mm.

Contrairement au mois de novembre 2018, les précipitations de décembre sont plus élevées à l’extrême nord-est et l’est du bassin que dans le sud : entre 300 et 450 mm à la jonction des départements du territoire de Belfort (90) et de la Haute-Saône (70) et entre 250 et 400 mm sur le Jura, le Bugey et les Alpes du nord.

Elles sont faibles sur tout le pourtour méditerranéen et en remontant la vallée du Rhône jusqu’à la hauteur de Mâcon. Elles sont comprises entre 20 à 75 mm sur le versant méditerranéen de l’Occitanie, la région PACA, le couloir rhodanien avec quelques secteurs plus secs entre 10 à 20 mm dans le delta du Rhône et le sud du département des Pyrénées-Orientales.

Le bilan pluviométrique mensuel est excédentaire sur les massifs des Alpes du nord, le Jura à l’est, du Morvan et du plateau de Langres au nord-ouest du bassin : entre 125 et 300 %.

Le cumul des pluies efficaces est très élevé,entre 125 et 400 mm, sur les reliefs des Alpes du nord, du Jura et du sud des Vosges, de 125 à 150 mm sur le Morvan et le plateau de Langres, faible sur la partie la moitié sud du bassin et le couloir rhodanien jusqu’à Lyon

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est, tout comme au mois de novembre 2018 positif sur tout le bassin avec des taux plus élevés entre 500 et 1 000 mm, sur la barrière cévenole , entre 200 et 500 sur tout le bassin à l’exception de la bordure nord-ouest du bassin de Lyon à Epinal et Vesoul correspondant au bassin de la Saône et ses principaux affluents à l’exception de l’Ain excédentaire.

2. Débits des cours d’eau

Consécutivement aux pluies dans l’est et le nord du bassin, la situation d’un certain nombre de cours d’eau du nord et de l’est du bassin s’améliore. En revanche, celle du sud du bassin régresse, faute de pluie au cours du mois de décembre.

Le débit du fleuve Rhône s’améliore sur toutes les stations de mesures, celui-ci étant supérieur à la moyenne sur la période 1920-2017 à Bognes et Perrache et proche de cette moyenne aux stations en aval (Ternay, Valence, Beaucaire).

Le débit de la Saône aval (station de Couzon) est inférieur à cette moyenne (440 m³/s contre 610 m³/s). Le débit à cette station s’est cependant nettement amélioré en novembre 2018, passant de 60 m³/s à 440 m³/s.

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

Au 1er janvier 2019, 42,67 % des nappes du bassin Rhône-Méditerranée présentent un niveau modérément bas à très bas. A l’inverse, 41,33 % des nappes affichent un niveau modérément haut à très haut. Le reste des nappes du bassin, soit 5,33 % d’entre elles ont un niveau proche de la moyenne. Ces données changent peu par rapport à la situation de fin novembre 2018

- Le niveau des nappes d’eau du versant méditerranéen de la région Occitanie est élevé : la plupart des nappes présentent un niveau modérément haut, haut ou très haut. La recharge est plus modeste sur la nappe de l’Astien d’Agde Valrasdont le niveau se situe autour de la moyenne. Contrairement au mois de novembre 2018 où les niveaux des nappes de cette région étaient à la hausse, les niveaux de la plupart des nappes évoluent vers un niveau qui se stabilise (4 stations) ou un niveau à la baisse (5 stations) Les nappes de 6 stations sur les 16 stations mesurées enregistrent des niveaux à la hausse.

- Le niveau des nappes de la région PACA n’évolue pas par rapport à novembre 2018 (il est assez élevé : de 5 à 7), sauf pour 2 stations qui évoluent vers un niveau autour de la moyenne (la nappe des alluvions de la Durance moyenne et de ses affluents baisse de niveau en passant de modérément haut à autour de la moyenne et la nappe des alluvions de la haute Durance et du Buech augmente de niveau , passant de modérément bas à autour de la moyenne). Les nappes des alluvions de la basse vallée du Var et celle de Mont Genèvre, Casse déserte restent stables à niveau modérément bas. Sur 20 stations, 8 stations restent à la hausse.

- En Rhône-Alpes, le déficit en pluie, notamment dans la vallée du Rhône ne permet pas de voir une amélioration des niveaux des nappes de ce secteur qui reste très bas, bas, voir modérément bas. Le niveau de ces stations évolue, cependant, à la hausse.

Les précipitations sur les massifs des Alpes du Nord permettent de maintenir le niveau haut de la nappe des formations fluvio-glaciaires du Pays de Gex, améliorent le niveau de la nappe des alluvions de l’Isère en Combe de Savoie, à la station de Cuet, qui passe de très haut à haut.

- Le niveau des nappes de la région Bourgogne-Franche-Comté (BFC) ne change pratiquement pas puisqu’il est globalement très bas, seules les nappes des cailloutis de Sundgau et de Dijon Sud évoluent vers un niveau bas.

Les nappes de 4 des 8 stations mesurées passent d’un niveau stable à un niveau à la hausse, les nappes de 2 stations (nappe des cailloutis de Sundgau et cailloutis pliocènes de la forêt de Chaux) passent à un niveau à la baisse et les nappes de 2 stations(nappes des alluvions profondes de la nappe de Tille et nappe libre de Dijon sud) sont à un niveau stable.

- Les données des Grès du Trias Inférieurs sur la région Grand Est n’ont pu être transmises au moment de la rédaction du bulletin

4. Remplissage des retenues d’eau

Le taux de remplissage des retenues est globalement à la baisse à la fin décembre 2018 par rapport à la situation à la fin novembre 2018. Ainsi, un certain nombre de retenues passent d’un taux de remplissage compris ente 75 et 100 % à un taux compris ente 50 et 75 % : c’est le cas des retenues situées au sud-ouest du bassin où les précipitations de décembre ont été faibles (retenues du bassin Loire Montpezat – Pont de Veyrières, groupe de Chassezac, Grandes pâtures et Bouillouses). La situation des retenues de Pyrénnées-Orientales reste inchangée.

Consécutivement aux pluies de décembre 2018, la situation des barrages des Alpes du nord s’améliore, passant d’un remplissage inférieur au quinquennal à un remplissage supérieur à la normale. De même, les précipitations de décembre 2018 profitent au barrage de Vouglans dont le taux de remplissage progresse de 44,20 % à 85,80 %. C’est également le cas de la retenue de Serre-Ponçon qui passe d’un taux de remplissage de 74,30 à 76,31 %.

Le faible taux de remplissage de retenues du Canal de Bourgogne versant Saône (37%) ne permettent pas une navigation sur l’ensemble de sa longueur : ainsi, la navigation est interrompue dans sa partie centrale.

5. Humidité des sols

Les sols sont très humides (indice compris entre 0,90 et 1) sur l’ensemble du bassin, notamment sur les reliefs du Jura, du Bugey, des Alpes du Nord mais également à plus basse altitude sur les plaines et les contres-forts de la Drôme (26), de l’Ardèche (07) , des Alpes de Haute-Provence (04), des Hautes-Alpes (05) et du Var (83).

Seul un secteur localisé en Camargue présente un indice assez bas compris entre 0,45 et 0,50.

6. Etat des milieux aquatiques

Aucune campagne complémentaire de l’Observatoire national des étiages (ONDE) n’a eu lieu au cours du mois de décembre 2018.

7. Limitations des usages de l'eau au 10 janvier 2019

Toutes les mesures de limitation d’usages de l’eau ont été levées sur le bassin excepté dans les Pyrénées-Orientales (66) où l’arrêté n°2018-242-0001 du 30 août 2018 est prorogé jusqu’au 1er février 2018 : les eaux souterraines de la nappe plioquaternaire bordure côtière nord et Aspres-Réart sont au niveau d’alerte renforcée. En ce qui concerne les eaux superficielles et souterraines du secteur de Tech-Albère elles sont toujours au niveau de vigilance jusqu’à cette date.

Situation au 10 janvier 2019 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de décembre 2018

Contrairement au mois de novembre 2018, les précipitations ont rechargé une partie des cours d’eau du nord et de l’est du bassin. Les niveaux à la baisse d’une partie de ces nappes s’inverse, la recharge s’amorce. Les niveaux restent cependant bas à très bas, sauf pour la nappe des formations fluvio-glaciaires de Gex à un niveau modérément haut toutefois à la baisse par rapport au mois précédent.

Le Rhône retrouve des débits identiques voir supérieurs à ceux de la moyenne sur la période 1920-2017. Le débit de la Saône aval (170 m³/s) inférieur à la moyenne (et retrouve cependant un débit nettement supérieur à celui du mois de novembre, passant de 60 à 440 m³/s.

Les mesures de limitation des usages de l’eau ont été levées sur l’ensemble du bassin, sauf sur les Pyrénées-Orientales (66) où elles sont prorogées jusqu’au 1er février 2018.

 


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Novembre 2018 : l’étiage sévère se prolonge jusqu’à la fin novembre au nord qui contraste avec la recharge en cours au sud depuis 2 mois

(mis en ligne le 13 décembre 2018)

l’étiage sévère se prolonge jusqu’à la fin novembre au nord qui contraste avec la recharge en cours au sud depuis 2 mois

1. Pluviométrie

Après un début de mois relativement doux avec des températures situées au-dessus de la normale, le bassin enregistre des températures plus froides à compter du 17 novembre. La douceur se réinstalle ensuite jusqu’à la fin du mois. La température moyenne mensuelle est excédentaire d’environ 2°C par rapport à la normale.

Les précipitations sont significatives dans le sud du bassin et faibles dans le nord. Ainsi, les cumuls de précipitations sont très élevés dans les Cévennes et le quart sud-est de la Lozère avec des cumuls compris entre 250 et 1 000 mm. Excepté ces reliefs très arrosés qui font barrières aux précipitations caractéristiques des épisodes dits cévenols, les taux de précipitations sur le sud du bassin sont compris entre 75 à 250 mm hormis de faibles taux de précipitations observés dans le tiers ouest des Pyrénées orientales, compris entre 30 et 100 mm. A contrario, le cumul des précipitations est modéré sur l’extrémité nord du bassin et le nord-est ainsi qu’une partie des Alpes du nord (entre 20 et 100 mm).

Le bilan pluviométrique mensuel est largement excédentaire sur le sud du bassin ;

des épisodes de précipitation importants ont été enregistrés sur un court laps de temps, dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 novembre, dans le département du Var en particulier dans la région de La Londe les Maures et dans le secteur de Saint-Tropez (entre 80 et 100 mm). Cet épisode a causé des problèmes de circulation puisqu’un certain nombre de routes ont dû être fermées suite aux inondations.

Le cumul des pluies efficaces est très élevé (entre 400 et 500 mm) sur le secteur des Cévennes, élevé sur le reste du sud du bassin (entre 125 et 400 mm sur une bonne partie des départements), modéré sur la partie nord du bassin entre 25 et 75 mm. Un tel constat à cette période de l’année hydrologique sur le taux de pluie efficace influence directement le niveau des nappes (voir §3).

Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est positif sur tout le bassin avec des taux plus importants dans le sud que dans le nord.

2. Débits des cours d’eau

La situation des cours d’eau du nord du bassin et d’une bonne partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) est inférieure, voire très inférieure, à la moyenne. Les rivières présentent des périodes de retour sèches de 20 ans et certaines battent des records atteignant des périodes de retour sèche de 50 ans voire supérieure. Associé à la perte du Doubs, le niveau du lac de Villiers, près de Morteau est à un niveau historiquement bas à peine dépassé en octobre 1906, il y a plus de 100 ans. Dans l’Ain et les Savoies, les cours d’eau enregistrent des débits très bas de période de retour décennale sèche caractéristique d’une période très sèche comme l’illustre Le niveau du lac d’Annecy qui a atteint sa côte la plus basse connue le 24 octobre.

Au contraire, dans la continuité du mois d’octobre, la situation des cours d’eau du sud du bassin s’améliore : les débits de la majorité des cours d’eau sont très supérieurs à la moyenne.

On constate une légère augmentation des débits du fleuve Rhône sur la plupart des stations. A noter la spectaculaire remontée du débit du Rhône à la station de Beaucaire qui passe d’octobre à novembre de 630 à 1650 m³/s dû à l’apport important des affluents aval du Rhône venant des Cévennes en rive droite( Cèze et Gard) et par la Durance en rive gauche. La Rhône amont et moyen a enregistré des débits très bas au 3e et 6e rang des débits les plus bas depuis 99 ans. Le débit du Rhône amont à la station Bognes continue à diminuer. Le Rhône moyen à la station de Valence, située en amont des centrales nucléaires de Cruas et Tricastin, passe d’un débit de 400 m³/s en octobre à un débit de 490 m³/s en novembre.

Les cours d’eau enregistrent des débits très bas de période de retour décennale sèche caractéristique d’une période très sèche dans l’Ain et les Savoies. Le niveau du lac d’Annecy a atteint sa côte la plus basse connue le 24 octobre, baisse progressive qui a permis aux milieux aquatiques de s’adapter.

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

La situation très contrastée des nappes d’eaux souterraines entre nord et sud est comparable à celle du mois d’octobre. La recharge des nappes continue dans le sud, notamment pour les nappes proches de la côte méditerranéenne : le niveau des nappes situées sur le pourtour languedocien progresse à la hausse, certaines de ces nappes ayant déjà atteint en octobre un niveau très haut. La situation du reste du bassin reste quasiment inchangée depuis le mois d’octobre : les nappes du sud-est du bassin sont, comme le mois précédent, à la hausse avec, globalement, des niveaux modérément hauts, hauts ou très hauts.

Les nappes au niveau du Rhône moyen sont à des niveaux modérément bas, bas ou très bas et, pour la plupart, à la baisse dans les départements du Rhône (69), de l’Isère (38) et de la Drôme (26). Cependant, la situation à la baisse de certaines de ces stations s’inverse à la hausse.

Dans le nord du bassin, un certain nombre d’aquifères passent du stade à la baisse à celui de stagnation. De plus, certaines de ces nappes passent d’un niveau bas à un niveau très bas : c’est notamment le cas en Bourgogne Franche Comté pour la nappe de Dijon sud, à la station d’Izeure et celle de cailloutis pliocènes de la forêt de Chaux à la station d’Oussières. Deux nappes de la région Auvergne-Rhône-Alpes à niveau modérément bas passent également d’un niveau à la baisse à un niveau stable (nappe des alluvions de l’Isère en Combe de Savoie, à la station d’Aiton et nappe du Mont Genèvre, Casse déserte à la station La Roche de Rame).

4. Remplissage des retenues d’eau

Le taux de remplissage des retenues d’eau de la partie nord du bassin sont bas. Un très bon taux de remplissage des retenues de la partie sud du bassin est enregistré avec des taux compris entre 60 % et 100 % en particulier dans les Gard, l’Hérault et l’Aude, à l’exception de quelques retenues dans les Pyrénées-Orientales comme Vinça et Puyvalador.

Il n’a pas été possible de recueillir le taux de remplissage de la retenue Canal du Centre en région BFC à la fin du mois de novembre 2018.

5. Humidité des sols

En continuité du mois d’octobre, comme les précipitations ont été importantes dans le sud du bassin, les sols superficiels de ce secteur se sont bien rechargés en eau. Ainsi, certains départements présentent un indice d’humidité des sols très élevé (entre 0,95 et 1) sur la totalité de leur territoire (la Drôme, l’Ardèche (07), le Var, les Alpes-maritimes). D’autres départements présentent un tel indice sur une partie de leur superficie ainsi qu’un indice compris entre 0,60 et 0,95 . Les terrains sont excédentaires avec un taux très important pour le département des Bouches-du-Rhône : entre 50 et 100 %.

Les terrains du nord du bassin sont moins humides mais leur situation s’améliore par rapport au mois précédent avec des indices compris entre 0,60 et 0,85.

Les terrains sont déficitaires en eau notamment dans le nord-est du bassin où ils peuvent atteindre entre -40 et -70 % comme le Doubs (25) et le Territoire de Belfort (90).

6. Etat des milieux aquatiques

L’écoulement de certains cours d’eau est qualifié de très critique dans trois départements du bassin en Côte d’Or, Doubs (indice 6) et en Haute-Savoie avec un écoulement de 7. Tous les départements ayant réalisé une campagne complémentaire ONDE au mois de novembre améliorent leur indice ONDE par rapport au mois d’octobre.

Nota : les écoulements sont caractérisés par un indice de l’Observatoire national des étiages (ONDE) de 1 (mauvais écoulement) à 10 (bon écoulement).

7. Limitations des usages de l'eau au 10 décembre 2018

On constate toujours à cette période très tardive de l’année une poursuite très exceptionnelle de départements en situation de crise relative aux eaux superficielles en Savoie et Haute-Savoie, de départements en situations d’alerte renforcée pour les eaux superficielles dans cinq départements (la Drôme, la Savoie, le sud du Doubs, l’Est de la Haute-Saône ainsi que le nord-est et le sud-ouest de la Haute-Savoie), de secteurs en situation d’alerte dans 4 départements (sud et le nord-est de la Drôme, le nord-ouest de la Savoie, une bande nord-ouest/sud-est de la Haute-Savoie ainsi que l’ouest du département de la Haute-Saône). Les départements de l’Isère et la partie est de la Savoie sont en situation de vigilance.

Concernant les eaux souterraines, aucun département n’est en situation de crise. Certaines nappes des Pyrénées-orientales sont en situation d’alerte renforcée, tout comme le nord de la Drôme et les nappes de l’Isère, déjà à ce stade au mois d’octobre. La situation d’alerte est maintenue pendant le mois de novembre sur les autres nappes de l’Isère, de la Savoie et de la majeure partie de la Drôme. Le niveau de vigilance est observé dans un secteur situé au sud du département de la Drôme.

Situation au 10 décembre 2018 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de novembre 2018

Dans la continuité du mois d’octobre, les précipitations ont rechargé les nappes ainsi que les débits des cours d’eau au sud du bassin. Cependant la situation reste délicate au nord du bassin avec une légère amélioration par rapport au mois d’octobre caractéristique d’un étiage sévère accompagné de records historiquement bas.

Le Rhône est toujours à un niveau exceptionnellement bas sauf le Rhône aval dont le débit est abondé par les volumes d’eau importants apportés par ses affluents aval venant des Cévennes (Cèze et Gard) en rive droite et par la Durance en rive gauche.

Les mesures de limitation des usages de l’eau sont encore en vigueur à cette période très tardive de l’année sur les eaux superficielles dans deux départements au niveau de crise en Savoie et Haute-Savoie, dans cinq départements des secteurs en alerte renforcée (la Drôme, la Savoie, la Haute-Savoie, le Doubs et la Haute-Saône) et dans 4 départements en alerte (Drôme, Savoie, Haute-Savoie, Haute-Saône). Pour les eaux souterraines, le niveau d’alerte renforcée perdure sur une partie des nappes de l’Isère et commence à être observé sur l’est des Pyrénées-Orientales.

L'étiage 2018 s'étire exceptionnellement tardivement dans l'année hydrologique sur la moitié nord du bassin. Les conséquences sur les milieux aquatiques et les usages sont contrôlés à ce jour. De nouvelles précipitations sont annoncées sur l'ensemble du bassin à partir de la mi-décembre.

 


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Octobre 2018 : début de recharge au sud du bassin

(mis en ligne le 15 novembre 2018)

Contraste important entre sud et nord du bassin en Octobre : début de la recharge des ressources en eau dans le sud du bassin parfois accompagnée de crues violentes et une situation encore très déficitaire sur le nord du bassin

1. PLUVIOMETRIE

La douceur caractérise le mois d’octobre 2018 avec des précipitations plus importantes sur la région Rhône aval que sur celle de Rhône amont. Sur l’ensemble du mois, la différence par rapport à la normale est de +1°C au dessus de la normale sur l’ensemble du bassin. Les cumuls de précipitations sont élevés sur toute la partie sud du bassin voire très élevés sur toute la barrière des reliefs des Cévennes (entre 500 et 1 000 mm) et élevés (de 350 à 500 mm) également sur le massif des Maures dans le Var  :
Les précipitations sont significatives, entre 100 et 350 mm, sur tout le reste de la partie sud du bassin jusqu’à la hauteur de Lyon.
Au nord du bassin, les précipitations sont basses, entre 20 à 75 mm, excepté l’Ouest du département de l’Ain (01) et la partie sud-est du département de la Haute-Savoie (74) où elles sont légèrement supérieures (de 75 à 100 mm).

Le bilan pluviométrique mensuel est excédentaire sur le sud du bassin. Pour rappel, mentionnons le violent épisode cévenole meurtrier de la nuit du 14 au 15 octobre dans le département de l’Aude responsables de la crue de l’Aude. Celle-ci a pu atteindre 6 mètres en certains points, suite à la rapide montée en charge de plusieurs de ses affluents consécutives aux pluies abondantes causées par la rencontre de l’ex-cyclone Leslie avec une masse froide. A noter également les violents orages et crues du département du Var ayant précédé cet épisode entre le 10 et le 12 octobre dans la région de Saint-Maxime. Le nord du bassin reste en situation déficitaire mais de façon moindre par rapport au mois de septembre, les secteurs les plus touchés étant le Doubs (25) et la Haute-Saône (70). Le cumul des pluies efficaces est très important dans le sud du bassin, attestant de l’importante recharge en eau. Il est moindre dans la partie nord du bassin. Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2018 est positif dans le sud du bassin entre 50 et 500 mm, positif entre 0 et 50 mmm dans le nord du bassin et négatif sur la partie nord-est du bassin, entre 0 et -50 mm.

2. DÉBITS DES COURS D'EAU

La situation des cours d’eau au 1er novembre 2018 est basse avec une hydraulicité inférieure voire très inférieure à la moyenne dans le nord du bassin mais élevée dans le sud du bassin, notamment sur le pourtour méditerranéen :
Tout comme au mois d’août, dans le nord du bassin, les températures élevées et le manque de précipitations ont favorisé l’accélération de la baisse des débits : une majorité de cours d’eau restent en assec. Dans le sud du bassin, les précipitations sont à l’origine de la remontée des débits avec des débits de nombreux cours d’eau repassant à un taux très supérieur à la moyenne.
Les débits du fleuve Rhône continuent de diminuer : ils sont très bas. La station de Valence située en amont des centrales nucléaires de Cruas et de Tricastin a enregistré un débit de 400 m³/s, le 2ᵉ débit moyen le plus bas connu depuis presque 100 ans.

3. NIVEAUX DES NAPPES D'EAUX SOUTERRAINES

La tendance à la baisse des nappes d’eaux souterraines du sud du bassin s’inverse ; la recharge de ces nappes s’amorce grâce aux précipitations d’octobre notamment pour les nappes proches de la côte méditerranéenne.
Les nappes au niveau du Rhône moyen sont à des niveaux bas à très bas et pour la plupart encore à la baisse comme dans les départements du Rhône, de l’Isère et de la Drôme à des niveaux modérément bas, bas ou très bas.
Dans le nord du bassin, les aquifères sont tous à la baisse avec des niveaux modérément bas (cas de trois stations de l’Ain), bas ou très bas (voir carte des niveaux dans les eaux souterraines). Seules trois stations du nord du bassin à la baisse présentent un niveau autour de la moyenne, modérément haut ou haut.

4. REMPLISSAGE DES RETENUES D'EAU

Pour la région Bourgogne-Franche-Comté, par rapport au mois d’août, la retenue de Chazilly reste à un niveau de remplissage supérieur à la moyenne (67%). Le barrage de Vouglans, présente un taux de remplissage inférieur à celui du mois d’août : il passe de 53,8 à 43,3 %, tout comme la retenue de Canal du centre (de 44 à 35 %). L’ouvrage du Canal du Centre présente un taux de remplissage moindre (35%, inférieur à celui du mois d’août, 44 %).
La majorité des ouvrages de la région PACA présentent de fort taux de remplissage, supérieurs à 75 % (barrage de Serre-Ponçon et retenue de Castillon), les autres barrages présentent un taux compris entre 50 à 75 % (barrage de Saint Croix) ou compris entre 25 et 50 % (barrage de Saint-Cassien). A noter une baisse du taux de remplissage entre le mois d’août et celui d’octobre pour la retenue de Serre-Ponçon (de 86,27 à 76,56%) et plus accessoirement celle de la retenue de Castillon (de 86,90 à 85,66%).
Tout comme en août, la majorité des barrages du versant méditerranéen de la région Occitanie enregistrent un bon taux de remplissage. Une amélioration importante des taux de remplissage des retenues en Ardèche (groupe de Chassezac, Sénéchas, Saint Cécile d’Andorge) est enrégistrée ce mois due aux forts cumuls de précipitations sur la bordure sud-est du massif-central.

5. HUMIDITÉ DES SOLS

Consécutivement aux précipitations ayant eu lieu sur le sud du bassin, les sols superficiels de ce secteur se sont rechargés en eau, pour certains départements sur la totalité de leur territoire comme le Var et l’Ardèche. L’humidité des sols est moyenne en Isère (38) et les reliefs des départements de la Savoie (73) et de la Haute-Savoie (74). Le nord du bassin présente des terrains peu humides.
Les taux des départements excédentaires du sud du bassin sont très importants, entre 40 à 100 % : c’est le cas des Pyrénées orientales (66), de l’Aude (11), d’une majeure partie de l’Hérault et des Alpes de Haute-Provence, des Bouches-du-Rhône (13) et du Var.
Les taux de départements déficitaires du nord du bassin sont également forts, entre 80 et 100 % sur le Territoire de Belfort (90), la Haute-Saône (70), le Doubs  et le nord du Jura (39).

6. ETAT DES MILIEUX AQUATIQUES

Les campagnes complémentaires de l’observatoire national des étiages (ONDE) n’ont pas eu lieu dans tous les départements. Parmi ceux qui les ont réalisés on note l’aggravation de la situation du département du Jura (indice 6 à 4), de l’Isère (de 4 à 3), celle du département du Doubs (de 7 à 5) et du Territoire de Belfort (de 10 à 6).
Au contraire, on note l’amélioration de la situation du département de la Loire (passage d’un indice 5 à un indice 6). La situation des autres départements ayant réalisé une campagne usuelle restant inchangée.

7. LIMITATIONS DES USAGES DE L'EAU AU 10 NOVEMBRE 2018

Les situations de sécheresse restent préoccupantes pour le mois d’octobre, notamment dans le nord du bassin. Sont en situation de crise tout ou partie de 5 départements : Territoire de Belfort (90), Doubs (25), Jura (39), Saône-et-Loire (71) et Ain (01). Les situations d’alerte renforcée pour les eaux superficielles couvrent 4 départements en Rhône-Alpes : Isère (38) ainsi qu’une partie des départements de la Drôme (26), de la Savoie (73) et de la Haute-Savoie (74). Sont en situation d’alerte :  le sud de la Drôme, le secteur de la Dombes dans le département de l’Ain ainsi qu’une partie de la Haute-Saône (70). Les départements des Hautes-Alpes (05) et de la Savoie (73) sont en situation de vigilance.
Concernant les eaux souterraines, le territoire de Belfort est en situation de crise. Certaines nappes de l’Isère sont en situation d’alerte renforcée. La situation d’alerte est déclenchée en Isère, en Savoie et dans une majeure partie de la Drôme. Le niveau de vigilance est observé dans les nappes de la Dombes dans le département de l’Ain, dans un secteur situé au sud du département de la Drôme.

Situation au 10 novembre 2018 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. BILAN DU MOIS D'OCTOBRE 2018

Les précipitations du mois d’octobre ont permis de recharger les nappes et d’améliorer les débits des cours d’eau du sud du bassin cependant la situation reste préoccupante dans le nord du bassin et le long de l’axe Rhône. Les débits moyens mensuels du Rhône et de la Saône restent exceptionnellement bas. Le niveau des nappes d’eaux souterraines reste globalement à la baisse pour les régions Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes.
Les mesures de limitation des usages de l’eau sont encore en vigueur dans 16 départements en alerte renforcée pour les eaux superficielles; dans 7 départements, le niveau de crise est atteint sur plusieurs bassins versants des départements de Côte d’Or (21), Saône-et-Loire (71), Doubs (25), Haute-Saône (70), Territoire de Belfort (90), Ain (01) et Savoie.

(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Réseau ONDE

 

 

Site PROPLUVIA : les restrictions d'eau

 

Septembre 2018 : l’étiage 2018 sévère au nord se poursuit et s’étend au sud au cours du mois de septembre

(mis en ligne le 16 octobre 2018)

1. Pluviométrie

Le mois de septembre 2018 est très chaud avec des précipitations peu fréquentes. Sur le bassin Rhône amont, la température moyenne mensuelle est de 15,6°C, se situant 2,2°C au-dessus de la normale. Une telle hausse de la température moyenne mensuelle est constatée sur le bassin Rhône aval avec une anomalie de +2,3°C. Le mois de septembre 2018 est à classer parmi les mois les plus chauds : sur la partie Rhône amont, il se situe à la quatrième place depuis 1959 alors que sur le bassin Rhône aval, il se positionne au deuxième rang, après 2016, depuis 1960. Les cumuls de précipitations sont moyens à bas, voire très bas :
Les précipitations sont moyennes, entre 50 et 100 mm, sur les reliefs des départements de la Savoie (73), de la Haute-Savoie (74) et de l’Isère (38), légèrement plus faibles (entre 50 et 75 mm) sur les reliefs du département des Alpes Maritimes (06) et comprises entre 20 et 50 mm sur le Jura (39), le Doubs (25), la Haute-Saône (70), la Haute-Marne (52), les Vosges (88), les Alpes Maritimes (06) et le nord Isère.
Les cumuls de précipitations sont, faibles sur tout le nord du bassin (de 10 à 20 mm).
Elles sont encore plus faibles sur une majorité des départements du sud du bassin, (de 0 à 10 mm).

Le bilan pluviométrique mensuel est majoritairement déficitaire sur le bassin avec un taux atteignant seulement un quart des précipitations attendues pour ce mois, exceptées les parties ouest des Pyrénées Orientales (66) et de sud-ouest de l’Aude (11) plus arrosées. Le cumul des pluies efficaces du mois est proche de zéro sur l’ensemble du bassin, signifiant qu’aucune recharge des ressources en eau n’a eu lieu durant le mois.

2. Débits des cours d’eau

La situation des cours d’eau au 1er octobre 2018 est basse avec une hydraulicité inférieure voire très inférieure à la moyenne :
Tout comme au mois d’août, les températures élevées et le manque de précipitations ont favorisé l’accélération de la baisse des débits. La situation s’est aggravée sur les cours d’eau de la moitié nord du bassin puisqu’une majorité des cours d’eaux est en assec (situation de 14 cours d’eau de la région Bourgogne Franche-Comté). En ce qui concerne le sud du bassin, certains cours d’eaux dont le débit était inférieur à la moyenne en août passe en situation d’assec. Ainsi, en région Auvergne-Rhône-Alpes, 25 cours d’eau sont dans cette situation. La région Occitanie est moins affectée puisque seulement six cours d’eaux sont en assec. Le manque de précipitations en Occitanie impacte plusieurs cours d’eaux dont la situation se dégrade vers des débits inférieurs à la moyenne. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur connaît également une telle situation avec également une majorité de cours d’eaux dont les débits diminuent depuis le mois d’août, passant d’une situation de débit proche de la moyenne à un débit inférieur à la moyenne.

Les débits du fleuve Rhône sont au plus bas depuis les 90 dernières années. La station de Valence située en amont des centrales nucléaires de Cruas et de Tricastin a enregistré un débit de 470 m³/s, soit environ la moitié du débit moyen interannuel (980m³/s). Cette situation représente une nouvelle baisse (en août, le débit moyen mensuel était de 690 m³/s). Cette situation de baisse des débits s’observe sur l’ensemble des stations de mesures avec des débits inférieurs à la moyenne mensuelle interannuelle. Le débit moyen mensuel de la Saône à la station de Couzon en amont de la confluence avec le Rhône) est faible (50 m³/s), soit 4 fois inférieur au débit moyen mensuel interannuel (190 m³/s). Il est inférieur à celui du mois d’août de 60 m³/s.

3. Niveaux des nappes d’eaux souterraines

La tendance à la baisse des nappes d’eaux souterraines du bassin observée en août continue au mois de septembre :

En Bourgogne Franche-Comté, la plupart des nappes sont en baisse avec un niveau très bas.
Sur l’axe Rhône-Saône, les niveaux sont bas à très bas. Seule la nappe fluvio-glaciaire du Pays de Gex présente un niveau très haut qui est, cependant, à la baisse.
En Provence Alpes Côte d’Azur, toutes les nappes sont à la baisse, dont deux à niveau très bas. Une particularité : les niveaux enregistrés à la hausse sur 2 nappes soutenues artificiellement par l’influence des barrages (nappe de la plaine de la Crau et la nappe d’alluvions de la Siagne).
Sur le versant méditerranéen de l’Occitanie, toutes les nappes sont à la baisse avec une majorité d’entre elles à niveau modérément bas. Une seule nappe de l’Astien (Agde Valras) présente un niveau à la hausse.

4. Remplissage des retenues d’eau

Les taux de remplissage des retenues présentent les tendances suivantes :
Pour la région Bourgogne-Franche-Comté, les barrages de Vouglans, ouvrage majeur, producteur d’une part de l’électricité du département de l’Ain, et la retenue de Chazilly sont à des niveaux supérieurs à la moyenne. Les deux ouvrages de Panthier et du Canal du Centre présentent des taux moindres compris entre 25 et 50 %.
Les ouvrages de la région PACA présentent de fort taux de remplissage, supérieurs à 75 % (barrage de Serre-Ponçon et retenue de Castillon) respectant ainsi leur côte touristique en période estivale.
La majorité des barrages du versant méditerranéen de la région Occitanie enregistrent un bon taux de remplissage.
En l’absence de reprise des précipitations, la gestion logique de production du mix énergétique conduit à la fin septembre, à un taux de remplissage inférieur au quinquennal des retenues à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sur l’Isère, le Drac et l’Arve.

5. Humidité des sols

Les sols superficiels continuent à s’assécher au cours du mois de septembre. Les terrains situés au sud du bassin, épargnés en août, sont, à leur tour, impactés, sauf les parties nord du Gard et sud-ouest du département des Pyrénées orientales présentant un léger excédent de 10 à 20 %. Certaines zones du sud du bassin présentent des îlots de déficit de 70 à 80 %. Un tel déficit est présent sur le nord du bassin avec un déficit d’humidité des terrains compris entre 60 et 70 % dans les départements suivants : Rhône, Saône-et-Loire, nord-Isère, Ain, Haute-Saône et Territoire de Belfort.

6. Etat des milieux aquatiques

Il ressort de la cinquième campagne usuelle du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) effectuée en septembre un nombre de stations en assec sur le bassin en augmentation : il passe à 26 % en septembre (le taux était de 11 % en juillet et 17 % en août). Ces situations d’assecs sont responsables de mortalités importantes des poissons qui peuvent se retrouver piégés. De plus, le développement algal d’origine naturel ou amplifié par les fortes températures et sa décomposition provoque, si les débits ne sont pas suffisants, l’asphyxie des poissons. Ainsi, des mortalités de poissons ont été observées lors des assecs des cours d’eau des départements de l’Ain, de la Drôme, de l’Isère, de la Loire et du Rhône.
Pour le département de l’Ain, une forte mortalité de poissons a été observée le vendredi 28 septembre suite à une forte chute du débit de la rivière d’Ain (une diminution de débit de 100 m³/s à 20 m³/s en trois heures). La cause de cette baisse n’est pas connue à ce jour….Quatre départements conservent, depuis le mois d’août, un bon indice d’écoulement : la Haute-Savoie (9), les Pyrénées Orientales (8), la Saône-et-Loire (8) et le Doubs (25).

7. Limitations des usages de l'eau au 10 octobre 2018

En continuité du mois d’août, les situations de sécheresse se sont aggravées au mois de septembre, notamment, pour les eaux superficielles dans la partie nord du bassin. Sont en situation de crise, les départements du Territoire de Belfort (90), du Doubs (25), du Jura (39) ainsi qu’une partie de la Saône-et-Loire (71) et de l’Ain (01). Les situations d’alerte renforcée pour les eaux superficielles couvrent les départements de l’Isère (38), du Rhône (69) et de l’Ardèche (07) ainsi qu’une partie des départements de la Drôme (26), de la Savoie (73) et de la Haute-Savoie (74). Sont en situation d’alerte : le sud de la Drôme , le secteur de la Dombes dans le département de l’Ain ainsi que la partie centre et est du département de la Haute-Saône (70). Les départements des Hautes-Alpes (05), des Alpes de Haute-Provence (04), des Bouches-du-Rhône (13), d’une partie de l’Aude (11), des Pyrénées-Orientales (66) et du Gard (30) sont en situation de vigilance.
Concernant les eaux souterraines, certaines nappes de l’Isère et des Pyrénées Orientales et de la Drôme sont en situation d’alerte renforcée. La situation d’alerte est déclenchée dans le nord et le sud du département de l’Isère, pour certaines nappes du département du Rhône et dans la majeure partie de la Drôme. Le niveau de vigilance est observé dans le département de la Haute-Savoie, dans les nappes de la Dombes dans le département de l’Ain, dans un secteur situé au sud du département de la Drôme ainsi qu’un secteur sud du Gard.

Situation au 10 octobre 2018 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

8. Bilan du mois de septembre 2018 :

Les précipitations de septembre ont été peu importantes sur l’ensemble du bassin en continuité du mois d’août, mois également sec. La situation, déjà bien préoccupante face à la faiblesse des précipitations qu’a enregistré le nord du bassin au mois d’août, s’est aggravée en septembre. La situation hydrogéologique et l’état des sols du sud du bassin, moins impactée qu’au nord du bassin en août, s’aggrave au cours du mois. Les niveaux d’écoulement des cours d’eaux sont très bas pour un nombre important de cours d’eaux du bassin. Les débits moyens mensuels du Rhône et de la Saône sont exceptionnellement bas, le Rhône enregistrant son débit le plus bas depuis 90 ans à la station de Valence. De même, le niveau des nappes d’eaux souterraines est globalement à la baisse pour les régions Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, en particulier sur l’axe Rhône-Saône avec un nombre important de nappes à niveau très bas.
Les mesures de limitation des usages de l’eau sont encore en vigueur dans 14 départements en alerte renforcée pour les eaux superficielles ; dans 6 départements, le niveau de crise est atteint sur plusieurs bassins versants des départements de Côte d’Or (21), Saône-et-Loire (71), Doubs (25), Haute-Saône (70), Territoire de Belfort (90) et Ain (01).

 

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

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Août 2018 : étiage sévère au nord du bassin

(mis en ligne le 14 septembre 2018)

Le mois d'août 2018 est très chaud, marqué par un épisode caniculaire en début de mois et ponctué d'orages localisés parfois violents. La température moyenne mensuelle est au-dessus de la normale de +1,0 à 2,1°C à localement +6°C. Ce mois est en 2ème position, après 2003, parmi les mois d'août les plus chauds depuis 1960 sur le bassin Rhône aval. Les cumuls de précipitations sont contrastés. Ils sont faibles (de 5 mm à 50 mm) sur l'extrême nord du bassin, sur toute la façade nord-ouest de Valence à Dijon, sur le pourtour méditerranéen de Nice à Toulon ainsi que sur le Languedoc et le Roussillon. Les cumuls sont plus conséquents, de 50 à 200 mm, sur le reste du bassin, en particulier la région PACA.

Le bilan pluviométrique mensuel est très contrasté. Des déficits sont enregistrés à moins 75% en dessous de la normale sur toute la moitié nord du bassin ainsi que sur le nord de l'Ardèche (07) et de la Drôme (26), sur une partie de l'Hérault (34), sur l'Aude (11) et les Pyrénées Orientales (66). A l'inverse, le bilan est proche de la normale à excédentaire, jusque 2 à 3 fois la normale, sur les reliefs alpins et pyrénéens, sur toute la région PACA sauf un petit noyau autour de Nice, sur le sud de l'Ardèche (07) et de la Drôme (26) ainsi que sur le Gard (30) et une partie de l'Hérault (34).

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017. Il marque la fin de l’année hydrologique. Il reste majoritairement proche de la normale à excédentaire sur le bassin. Par rapport au mois précédent, les secteurs excédentaires s’agrandissent sur la région PACA et disparaissent sur l'Ain (01) et le Jura (39). Des petits secteurs déficitaires (de 10% à 25%) subsistent sur la vallée du Rhône, sur le nord des Hautes Alpes (05), autour de Toulon ainsi que sur la bande littorale des Pyrénées Orientales (66). Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 reste positif sur l'ensemble du bassin : de 50 mm sur les Bouches du Rhône (13) et la moité est des Pyrénées Orientales (66) à 2000 mm sur le Jura et les Alpes du nord.

Au 1er septembre 2018 :

Les fortes chaleurs et l’absence de précipitations significatives ont accéléré les étiages déjà présents en juillet, en particulier sur les cours d'eau de la moitié nord du bassin. Leurs débits restent majoritairement inférieurs à la moyenne mensuelle interannuelle. Sur le département de l'Ardèche, un important épisode cévenol a généré des crues, entre autre, sur le bassin versant de la rivière Ardèche. Les précipitations pluvio-orageux, qui lui ont succédé, ont bénéficié à l’ensemble des cours d’eau du département. Sur les cours d'eau de la moitié sud du bassin, les débits restent élevés. L'hydraulicité restent majoritairement proche ou supérieur à la moyenne mensuelle interannuelle.

Les débits du Rhône continuent de baisser au cours du mois. Sur toutes les stations suivies, ils sont inférieurs à la moyenne mensuelle interannuelle. Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) enregistre aussi un débit moyen mensuel faible (60 m3/s) faible. Il est presque 3 fois inférieur au débit moyen mensuel interannuel (160 m3/s).

La tendance à la baisse de l'ensemble des nappes d'eau souterraine du bassin se confirme au cours du mois d'août. En fin de mois, 58% d'entre-elles enregistrent des niveaux modérément bas à très bas.

Le niveau des nappes bourguignonnes sont caractéristiques d'une période de basses eaux qui témoignent de la sécheresse connue lors des deux derniers mois.

Sur l'axe Rhône-Saône, les niveaux restent bas, voire très bas, pour les alluvions pliocène du val de Saône, les alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais (69) et de la plaine de Valloire (26), ainsi que les cailloutis plioquaternaires de la Dombes. Les aquifères de la vallée du Rhône, en aval de Lyon repartent à la baisse en fin de mois.

En PACA, les précipitations ont permis une recharge limitée mais réelle des nappes alluviales. En revanche, les nappes de montagne continuent de baisser.

En Occitanie, les précipitations ayant été limitées au cours du mois, les niveaux des nappes de l'Hérault et de l'Aude sont en baisse généralisée mais ils sont encore majoritairement proches ou supérieurs à la normale. Les nappes de la plaine du Roussillon présentent des évolutions hétérogènes selon les secteurs. Les alluvions quaternaires du Roussillon restent très déficitaires.

Les taux de remplissage des retenues du bassin pour l’usage eau potable sont tous proches ou supérieurs à 65% sauf les retenues du Salagou (48%) et de St Cécile d'Andorge (33%). Au nord du bassin, les réserves d’eau dans les barrages-réservoirs permettant d’alimenter le canal du Centre, sont hauts et devraient permettre de finir la saison de navigation sans problème particulier. Au sud du bassin, le remplissage des barrages de Serre-Ponçon (96,6%) et Castillon (93,4%) dans les Alpes du sud sont satisfaisants pour assurer la fin de saison estivale dans de bonnes conditions, de même pour les retenues en Occitanie. Les retenues à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sur l'Isère, le Drac et l'Arve présentent un remplissage inférieur à la normale ce qui est logique à ce stade de l’année en matière de gestion de la production hydroélectrique.

Les sols superficiels continuent de s'assécher au cours du mois sur toute la moitié nord du bassin et sur la moitié sud, dans le Languedoc et le Roussillon. Les déficits atteignent 50%, voire 60% en Franche-Comté, dans l'Ain (01), le Jura (39) et les Pyrénées Orientales (66). Sur la région PACA et le Gard (30), les sols sont humides et les excédents atteignent 80% sur plusieurs secteurs.

La 4ème campagne usuelle du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) effectuée en août, enregistre de bons niveaux d'écoulement sur les cours d'eau de 15 départements du bassin (indices ONDE compris entre 8 et 10) en particulier en région PACA.

La situation, tendue au mois de juillet, continue à se dégrader au mois d'août sur l'Ain (01), la Drôme (26), l'Isère (38), le Jura (39). Elle se dégrade aussi sur la Côte d'Or (21) et le Rhône (69) qui enregistrent des indices ONDE respectivement de 6,00 et 6,56. Sur ces départements, la réduction générale des surfaces mouillées et l’assèchement d’un certain nombre de tronçons, impactent les habitats de la plupart des cours d’eau.

Sur le bassin, les stations en assec augmentent au cours de l’été : 11% en juillet et 17% en août. L'augmentation de la température de l'eau entraîne des développements algaux et végétaux sur le Sierroz en Savoie et les cours d'eau du Jura ainsi que des mortalités de poissons sur la Bourne en Isère. La situation des écosystèmes aquatiques est préoccupante sur les étangs du Jura car les niveaux sont particulièrement abaissés. Des mesures de gestion sont mises en place localement, pour limiter l'impact des faibles écoulements sur les populations piscicoles comme sur la rivière Ain avec des lâchers d'eau du barrage de Vouglans.

Limitation des usages de l'eau au 10 septembre 2018 :

Les situations de sécheresse se sont intensifiées au cours du mois d'août sur les départements de la moitié nord du bassin ainsi que l'Ardèche (07) et la Drôme (26). Les mesures de limitation des usages de l'eau ont été renforcées au cours du mois d'août sur 16 départements du bassin.

Le niveau d'alerte renforcée est atteint sur le Doubs (25), le Jura (39), la Savoie (73), la Haute-Savoie (74), l'Ardèche (07) et le Rhône (69). Le niveau de crise est atteint sur les bassins versants de :

  • la Dheune en Côte dOr (21) depuis le 23 août
  • la Grosne en Saône et Loire (71) depuis le 10 août
  • les secteurs Vosges et plateaux calcaires en Haute-Saône (70) depuis le 3 septembre
  • le bassin versant de l'Allan en Territoire de Belfort (90) depuis le 5 septembre 2018.

Dans le Rhône (69), les mesures sont renforcées sur la nappe de l'est lyonnais depuis le 14 août : vigilance (couloir Décines), alerte (couloir Heyrieux) et alerte renforcée (couloir Meyzieu). Dans l'Isère (38), cette nappe est placée en alerte depuis le 26 juillet 2018.

En région PACA, depuis le début de l'étiage, aucune mesure de vigilance ou de limitation des usages de l'eau ont été prises sur les bassins versants des 6 départements. En Occitanie, seuls les départements de l'Aude (11), du Gard (30) et de la Lozère (48) ont quelques bassins versants placés en vigilance. Seule, la nappe plioquaternaire bordure côtière nord et Aspres-Réart dans les Pyrénées Orientales (66) est placée en alerte renforcée depuis le 30 août 2018.

Aucune situation critique relative à l'approvisionnement d'eau potable a été signalée.

Situation au 10 septembre 2018 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

Bilan :

Au printemps 2018, la recharge conséquente des eaux superficielles et des eaux souterraines du bassin à permis de conserver les indicateurs hydrologiques proches ou supérieurs aux normales jusqu’au début juillet principalement sur la moitié sud du bassin.

A partir de la mi-juillet, un épisode caniculaire s'installe sur le bassin alors que la pression sur la ressource en eau est à son maximum (prélèvements, irrigation...). La situation hydrologique se dégrade rapidement, en particulier sur plusieurs secteurs déjà déficitaires en région Auvergne-Rhône-Alpes et en région Bourgogne-Franche-Comté. Au mois d'août, la sécheresse s'aggrave sur ces secteurs déficitaires e particulier dans les départements de la Côte d’Or, de la Saône et Loire, de la Haute-Saône et du Territoire de Belfort. Les indicateurs hydrologiques sont bas et la situation des milieux aquatiques devient critique sur plusieurs cours d'eau dont la rivière Doubs. Les nappes d'eau souterraine fortement exploitées en vallée du Rhône conservent des niveaux bas.

Les mesures de limitation des usages de l'eau prises en juillet, sont renforcées au mois d'août sur 16 départements du bassin. Le niveau de crise est atteint sur plusieurs bassins versants en Côte dOr (21), Haute-Saône (70), Saône-et-Loire (71) et Territoire de Belfort (90).

Début septembre, la pression sur la ressource en eau pour l'irrigation agricole est à la baisse. En conséquence, le nombre de mesures de restriction mises en œuvre devraient diminuer.

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

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Juillet 2018 : situation encore favorable au sud et qui se dégrade au nord du bassin

(mis en ligne le 14 août 2018)

Le mois de juillet 2018 est chaud, peu arrosé et ponctué d'orages localisés parfois violents. La température moyenne mensuelle est au-dessus de la normale de +2,2°C à localement +5°C. Ce mois est en 3ème position parmi les mois de juillet les plus chauds sur le bassin depuis 1960, après 2006 et 2015. Les cumuls de précipitations sont faibles (de 5 mm à 100 mm) sur la majeure partie du bassin. Des cumuls jusque 150 mm sont enregistrés sur la Savoie (73) et un noyau au nord de la Saône et Loire (71). La vallée du Rhône et le littoral méditerranéen de Nice à Perpignan enregistrent les cumuls les plus faibles, de 5 à 30 mm.

Le bilan pluviométrique mensuel est très contrasté. Des déficits sont enregistrés jusque moins 75% de la normale sur toute la Franche-Comté, sur les 2 Savoies, l'Isère (38) et la vallée du Rhône. A l'inverse, des excédents jusque 2 à 3 fois la normale sont enregistrés au sud du bassin sur l'Hérault (34), l'Aude (11) et la frange méditerranéenne de la région PACA.

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 est majoritairement proche de la normale. Les secteurs excédentaires (jusque 125%) diminuent par rapport au mois précédent en particulier sur la Franche-Comté, la Savoie (73), l'Isère (38), la Drôme (26) et l'Aude (11). Les petits secteurs déficitaires (de 10% à 25%) subsistent sur la vallée du Rhône, les Hautes Alpes (05), les Bouches du Rhône (13), le Var (83) et les Pyrénées Orientales (66). Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 reste positif sur l'ensemble du bassin : de 50 mm sur les Bouches du Rhône et la moité est des Pyrénées Orientales à 2000 mm sur le Jura et les Alpes du nord.

Au 1er août 2018 :

les fortes chaleurs et l’absence de précipitations significatives ont provoqué une rapide baisse du niveau des cours d’eau sur l’ensemble du bassin. L'hydraulicité reste majoritairement proche ou supérieure à la moyenne mensuelle interannuelle sur les cours d'eau de la moitié sud du bassin. A l'inverse, l'hydraulicité est majoritairement inférieure à la moyenne mensuelle interannuelle sur les cours d'eau de la moitié nord du bassin.

Les débits du Rhône ont baissé rapidement au cours du mois. Sur toutes les stations suivies, ils sont inférieurs à la moyenne mensuelle interannuelle. Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) enregistre aussi un débit moyen mensuel (90 m3/s) faible. Il est 2 fois inférieur au débit moyen mensuel interannuel (90 m3/s).

Les niveaux des nappes d'eau souterraines du bassin sont encore élevés pour un mois de juillet : 57% des points suivis enregistrent des niveaux moyens à très hauts, majoritairement ceux de la moitié sud du bassin. En fin de mois, la tendance est cependant à la baisse généralisée (83% des points suivis).

Les taux de remplissage des retenues du bassin sont tous proches ou supérieurs à 70%. Au nord du bassin, les réserves d’eau dans les barrages-réservoirs permettant d’alimenter le canal du Centre, sont encore hautes et devraient permettre de finir la saison de navigation sans problème particulier. Au sud du bassin, le remplissage des barrages de Serre-Ponçon et Castillon dans les Alpes du sud sont satisfaisants pour assurer la saison estivale dans de bonnes conditions, de même pour les retenues en Occitanie. Les retenues à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sur l'Isère, le Drac et l'Arve présentent un remplissage proche de la normale.

Les sols superficiels se sont très nettement asséchés au cours du mois en particulier sur la moitié nord du bassin où les déficits atteignent 40%, voire 50%, sur le Doubs (25), la Haute-Saône (70), le Territoire de Belfort (90) et la Savoie (73). Sur la moitié sud du bassin, les sols sont relativement humidifiés et les excédents atteignent 60% sur quelques petits secteurs en région PACA.

La 3ème campagne usuelle du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) a été effectuée en juillet. Sur 20 départements du bassin, les cours d'eau présentent de bons niveaux d'écoulement (indices ONDE compris entre 8 et 10). En région PACA, la situation est favorable mais elle se dégrade lentement, en cette période d'étiage, sur les départements des Hautes-Alpes (05), des Bouches du Rhône, du Var (83) et du Vaucluse (84).

La situation est plus tendue sur l'Ain (01), la Drôme (26), l'Isère (38) en particulier secteur nord et le Jura (39) qui enregistrent des indices ONDE compris entre 6 et 8. Sur ces départements, les écoulements des cours d'eau sont faibles et donc, moins favorables aux milieux aquatiques et aux espèces qui en dépendent.

Au cours du mois, les stations en assec augmentent (11% sur le bassin) en particulier au nord du bassin, sur la rivière Doubs et pour 40% des stations suivies dans l'Ain (01) et l'Isère (38). Les peuplements piscicoles sont mis en péril sur ces secteurs. Dans le Jura (39), l'augmentation de la température de l'eau entraînent des développements algaux et végétaux sur de nombreux cours d'eau (l'Ain, la Loue, la Valouse) et constitue un stress pour les communautés aquatiques, en particulier les salmonidés. Des mesures de gestion sont mises en place localement, pour limiter l'impact des faibles écoulements. C'est le cas sur la rivière Ain avec des lâchers d'eau du barrage de Vouglans.

Limitation des usages de l'eau au 10 août 2018 :

Tous les départements des régions Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, versant Rhône-Méditerranée, sont placés en vigilance ou ont pris des mesures de restriction des usages de l'eau. Le niveau d'alerte renforcée est atteint sur l'ensemble des départements du Doubs (25), de la Haute-Saône (70) et du Territoire de Belfort (90) ainsi que sur les bassins versants de la Grosne et la Seille et Guyotte en Saône et Loire (71), le bassin versant du Chéran en Savoie (73) et Haute-Savoie (74). La nappe de l'est lyonnais est en vigilance (couloir Décines) et en alerte (couloirs Heyrieux et Meyzieu) depuis le 25 avril 2018 sur le Rhône (69). Elle est passé en alerte depuis le 26 juillet 2018 en Isère (38).

En région PACA, aucune mesure de vigilance ou de limitation des usages de l'eau ont été prises sur les bassins versants des 6 départements. En Occitanie, seuls les départements de l'Aude (11), du Gard (30) et de la Lozère (48) ont quelques bassins versants placés en vigilance.

Des situations critiques relatives à l'approvisionnement d'eau potable, notamment par les petites sources karstiques, sont signalés sur 18 communes dans le département du Doubs (25) fortement impacté par la sécheresse. A force de sollicitations, les ressources d'appoint de grosses capacités, risquent d'arriver à saturation. Ce pourrait être le cas pour le lac de Saint Point et les puits de la vallée de la Loue.

Situation au 10 août 2018 - Tableau de bord de suivi des arrêtés départementaux (PDF)

Bilan : Les pluies modérées de juin ont permis de conserver les indicateurs hydrologiques proches ou supérieurs aux normales saisonnières principalement sur la moitié sud du bassin.

A partir de la mi-juillet, un épisode caniculaire s'installe sur le bassin alors que la pression sur la ressource en eau est au maximum (prélèvements, irrigation...). En conséquence, la situation hydrologique se dégrade rapidement, en particulier sur plusieurs secteurs déjà déficitaires en région Auvergne-Rhône-Alpes et en région Bourgogne-Franche-Comté. Les indicateurs hydrologiques sont bas et la situation des milieux aquatiques devient critique sur plusieurs cours d'eau dont la rivière Doubs. Les nappes d'eau souterraine fortement exploitées en vallée du Rhône conservent des niveaux bas.

Les situations déficitaires évoluant rapidement, les 1er comités sécheresse sont mis en place sur plusieurs départements dès le début du mois de juillet. Des mesures de limitation des usages de l'eau sont prises sur tous les départements de la moitié nord bassin. Au mois d'août, les secteurs déficitaires au centre et nord du bassin seront à suivre de près.

(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Réseau ONDE

 

 

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Juin 2018 : situation favorable en ce début d'étiage 2018

(mis en ligne le 12 juillet 2018)

Le mois de juin 2018 est chaud, bien arrosé en début de mois avec de nombreux orages et de la grêle puis ensoleillé et plus sec en fin de mois. La température moyenne mensuelle est au-dessus de la normale de +1,5°C à localement +5°C. Les cumuls de précipitations sont modérés (de 50 mm à 150 mm) sur la majeure partie du bassin. Le littoral méditerranéen de Marseille à Perpignan enregistre des cumuls plus faibles, de 10 à 50 mm. La fonte du manteau neigeux est terminé sur les reliefs alpins.

Le bilan pluviométrique mensuel est majoritairement déficitaire sur la moitié nord du bassin avec des déficits enregistrés de moins 75% de la normale sur un large secteur de la Savoie (73) et des Hautes Alpes (05). Le bilan est majoritairement excédentaire sur la moitié sud du bassin, jusque 2 fois la normale sur les Alpes maritimes (06) et l'Hérault (34).

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 est proche de la normale ou excédentaire (jusque 150%) sur la majeure partie du bassin. Il reste plusieurs petits secteurs déficitaires (de 10% à 25%) répartis sur la vallée du Rhône, les Hautes Alpes (05), les Bouches du Rhône (13), le Var (83) et les Pyrénées Orientales (66). Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 reste largement positif sur l'ensemble du bassin (de 50 mm à 2000 mm).

Au 1er juillet 2018 :

Les débits des cours d'eau sont élevés en ce début d'étiage principalement sur ceux des régions sud du bassin. L'hydraulicité est majoritairement proche ou supérieure à la moyenne mensuelle interannuelle pour l'ensemble des cours d'eau du bassin. Les cours d'eau de la moitié nord du bassin présentent des débits mensuels plus hétérogènes avec une nette amélioration en Bourgogne Franche-Comté. Quelques cours d'eau du bassin Rhône amont enregistrent des écoulements minimums caractéristiques d'une période de retour sèche de 5 à 10 ans (le Scey à Beveuge, la Chalaronne à Villards les Dombes, la Ménoge ....) et supérieure à 10 ans (la Sereine à Montluel et la Véga sur le bassin versant des 4 vallées Bas Dauphiné). A l'inverse, en région PACA, le Jabron et l'Artuby présentent une période de retour de 50 ans à caractère humide.

Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) enregistre un débit moyen mensuel (320 m3/s) légèrement supérieur au débit moyen mensuel interannuel (270 m3/s). Les débits du Rhône sont supérieurs à la moyenne mensuelle interannuelle sur toutes les stations suivies.

Les niveaux des nappes d'eau souterraine sont élevés en ce début d'étiage mais la tendance générale est à la baisse en fin de mois. 62% des points suivis ont des niveaux proches de la moyenne voire au-dessus, majoritairement ceux de la moitié sud du bassin. Ainsi, le niveau des alluvions de l'Hérault et des alluvions de l'Aude est très haut pour cette période de l’année. Les niveaux sont modérément bas à très bas pour 38% des points suivis situés principalement à l'amont de l'axe Rhône-Saône. Les niveaux restent très bas pour les alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais (69) et de la plaine de Valloire (26) ainsi que les cailloutis plioquaternaires de la Dombes. Les aquifères de la vallée du Rhône, en aval de Lyon, ont enregistré de légères hausses mais insuffisantes pour atteindre la moyenne.

Les taux de remplissage des retenues du bassin sont tous supérieurs à 80%. Ces niveaux permettront de gérer la période d'étiage sans difficulté. En juin, la gestion optimisée du remplissage des barrages de Serre-Ponçon et Castillon dans les Alpes du sud, permet de débuter la saison estivale dans de bonnes conditions, avec des perspectives d'apports favorables durant l'été. Les retenues à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sur l'Isère, le Drac et l'Arve présentent un remplissage supérieur à la normale.

Les sols superficiels se sont nettement asséchés au cours du mois sur les secteurs ayant enregistrés de faibles cumuls de précipitations. Ainsi, sur la moitié nord du bassin, les déficits atteignent 20%, voire 30%, sur plusieurs secteurs en Savoie (73), Haute-Savoie (74) et Hautes-Alpes (05). Sur la moitié sud du bassin, les sols sont relativement humidifiés et les excédents atteignent 60% sur quelques secteurs.

Les indices du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) sont tous supérieurs à 9. Les stations d'observations de la campagne usuelle de juin 2018 sont à 97% en écoulement visible. Cette situation est plutôt exceptionnelle pour un début de période estivale sur le bassin Rhône-Méditerranée. Ainsi, les niveaux d’écoulement sont très favorables aux milieux aquatiques et aux espèces qui en dépendent. Cela a bénéficié, en particulier, aux cycles de vie des espèces cyprinicoles et aux amphibiens.

Limitation des usages de l'eau au 10 juillet 2018 :

Trois départements, l'Isère (38), le Rhône (69) et la Drôme (26) ont des secteurs placés en vigilance ou en alerte, essentiellement pour leurs eaux souterraines. La nappe de l'est lyonnais est placée en vigilance depuis le 17 avril 2018 en Isère (38) et en vigilance (couloir Décines) / alerte (couloirs Heyrieux et Meyzieu) depuis le 25 avril 2018 sur le Rhône (69).

Cinq départements ont revu les modalités de déclenchement des seuils dans leur arrêté cadre sécheresse applicables pour l’étiage 2018 : l'Isère (38) et les Pyrénées orientales (66) le 30 mai 2018, l'Hérault (34) le 18 juin 2018, l'Aude (11) le 27 juin 2018, le Gard (30) le 2 juillet 2018.

Bilan : les précipitations conséquentes du printemps ont permis une recharge efficace des eaux superficielles et des eaux souterraines. Avec les pluies modérées du mois de juin, les indicateurs hydrologiques sont restés majoritairement proches ou supérieurs aux normales saisonnières. Quelques indicateurs restent inférieurs aux normales en région Bourgogne Franche-Comté, sur le bassin versant de la Saône et les affluents du Rhône en amont de Lyon. De plus, la plupart des nappes d'eau souterraine fortement exploitées en vallée du Rhône conservent des niveaux bas, inférieurs au quinquennal ou décennal sec.

Cette situation hydrologique favorable permet d'aborder sereinement l'étiage estival. Contrairement aux 2 années précédentes, peu de secteurs présentent des situations de sécheresse. La situation sur les secteurs en déficit chronique de l'axe Rhône-Saône est cependant à suivre avec vigilance. De même, avec la perspective de faibles précipitations et la reprise des prélèvements pour l'irrigation dans les mois à venir, la situation fragile de la ressource en eau sur certains secteurs au centre et nord du bassin est à suivre de près.

(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

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Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

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Retenues d'eau

Manteau neigeux

Réseau ONDE

 

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Mai 2018 : situation favorable pour aborder l'étiage estival

(mis en ligne le 18 juin 2018)

Le mois de mai 2018 est chaud et très arrosé avec de nombreux orages et parfois de la grêle. La température moyenne mensuelle est proche ou au-dessus de la normale (+1,2°C). Les cumuls de précipitations sont conséquents (de 100 mm à 200 mm) sur la majeure partie du bassin. La Bourgogne (versant Méditerranéen) ainsi que plusieurs secteurs des Alpes du nord et du sud et le littoral méditerranéen enregistrent des cumuls plus faibles, de 50 à 100 mm. La fonte du manteau neigeux se termine sur les reliefs alpins du nord et du sud. Elle est terminée sur les Pyrénées Orientales.

Le bilan pluviométrique mensuel est majoritairement proche de la normale ou excédentaire (de 125% à 200%) sur le bassin. Des secteurs déficitaires jusque moins 50% de la normale apparaissent localement en Côte d'Or (21), sur l'Ain (01), les 2 Savoies et les Hautes Alpes (05).

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 s'améliore pour le 3ème mois consécutif : il est proche de la normale ou excédentaire jusque 125% sur la majeure partie du bassin. Des secteurs légèrement déficitaires (moins 10% à 25%) persistent sur plusieurs secteurs de la vallée du Rhône, des Hautes Alpes (05), des Bouches du Rhône (13), du Var (83) et des Pyrénées Orientales (66). Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 reste très largement positif, de 100 mm à 2000 mm, sur l'ensemble du bassin.

Au 1er juin 2018 :

La situation des cours d'eau est très hétérogène : ceux de la moitié nord du bassin enregistrent une hydraulicité majoritairement inférieure à la moyenne mensuelle interannuelle et ceux de la moitié sud du bassin enregistrent une hydraulicité majoritairement proche ou supérieure à la moyenne mensuelle interannuelle. Quelques cours d'eau du bassin Rhône amont présentent des écoulements minimums caractéristiques d'une période de retour sèche de 5 à 10 ans, voir supérieure à 10 ans. Ce sont en particulier, la Furieuse, la Cuisance, le Doubs à Besançon et à Labergement, l'Ain (haute vallée et basse vallée), le Foron de Sciez, la Sereine et l'Yseron.

Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) enregistre un débit moyen mensuel (300 m3/s) légèrement inférieur au débit moyen mensuel interannuel (370 m3/s). Les débits du Rhône sont proches de la moyenne mensuelle interannuelle sur toutes les stations suivies.

Les nappes d'eau souterraine ont bénéficié d'une recharge efficace depuis 3 mois. Elles atteignent des niveaux proches de la moyenne voire au-dessus pour 60% des points suivis, majoritairement ceux de la moitié sud du bassin. Ainsi, les aquifères karstiques des régions de Montpellier et de Nîmes sont hauts voire très hauts pour cette période de l’année. Les niveaux sont modérément bas à très bas pour 40% des points suivis situés principalement à l'amont de l'axe Rhône-Saône. Les aquifères de la vallée du Rhône, en aval de Lyon, ont enregistré de légères hausses mais insuffisantes pour atteindre la moyenne. Les niveaux restent très bas pour les alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais (69) et de la plaine de Valloire (26) ainsi que les cailloutis plioquaternaires de la Dombes.

Les taux de remplissage des retenues du bassin sont majoritairement supérieurs à 70%. Ces niveaux permettront de gérer la période d'étiage sans trop de difficultés avec une vigilance à porter sur les barrages de Serre-Ponçon et Castillon dans les Alpes du sud. Seules les retenues à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sur l'Isère, le Drac et l'Arve présentent un remplissage inférieur à la normale.

Les sols superficiels se sont humidifiés rapidement au cours du mois sur les secteurs ayant enregistrés des cumuls importants de précipitations. Ainsi, sur la moitié sud du bassin, l'humidité des sols restent majoritairement excédentaires de 20% à 50% par rapport à la normale. Les excédents atteignent même 70% sur le Vaucluse, le littoral gardois, héraultais et audois. Sur la moitié nord du bassin, les excédents sont plus faibles (10 à 20%). L'indice d'humidité des sols est légèrement déficitaire (-10% à -20%) en Côte d'Or et sur les Alpes du nord.

Les indices du réseau ONDE (Observatoire national des étiages) sont tous supérieurs à 9,5. Ceci traduit des niveaux d’écoulement très favorables aux milieux aquatiques et aux espèces qui en dépendent. 95% des stations d'observations de la campagne usuelle de mai 2018 sont en écoulement visible.

Bilan : les précipitations conséquentes des 3 derniers mois ont permis une recharge efficace des eaux superficielles mais aussi des eaux souterraines. Les déficits très importants cumulés en début d'année 2018 sur la moitié sud du bassin sont presque comblés. Ainsi, les indicateurs hydrologiques sont proches ou supérieurs aux normales saisonnières sur la moitié sud du bassin mais restent inférieurs aux normales en région Bourgogne Franche-Comté, sur le bassin versant de la Saône et les affluents du Rhône en amont de Lyon. De plus, la plupart des nappes d'eau souterraine fortement exploitées en vallée du Rhône conservent des niveaux bas, inférieurs au quinquenal ou décennal sec.

Cette situation permet d'aborder plus sereinement l'étiage estival avec la reprise des prélèvements et de l'irrigation. La situation sur les secteurs en déficit chronique de l'axe Rhône-Saône est cependant à suivre avec vigilance.

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Manteau neigeux

Réseau ONDE

Limitation des usages de l'eau :

Au 10 juin 2018, 3 départements, la Drôme (26), l'Isère (38) et le Rhône (69), ont des secteurs placés en vigilance ou en alerte, essentiellement pour leurs eaux souterraines.

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Avril 2018 : recharge conséquente mais la situation reste fragile

(mis en ligne le 18 mai 2018)

Le mois d'avril 2018 est chaud. Il se positionne au 3ème rang des mois d'avril les plus chauds depuis 1960. Les températures moyennes mensuelles sont supérieures à la normale de plus 4°C et jusque plus de 10°C localement. Les cumuls de précipitations sont faibles (inférieurs à 75 mm) sur la moitié nord du bassin et plus conséquents (de 75 mm à 250 mm) sur la moitié sud du bassin. Ces cumuls atteignent même 300 mm sur les reliefs des Cévennes. La fonte du manteau neigeux s'amorce très rapidement au cours du mois sur tous les massifs alpins et pyrénéens.

Le bilan pluviométrique mensuel est très contrasté sur le bassin. Il est majoritairement déficitaire sur la moitié nord du bassin en particulier jusque moins 3/4 de la normale sur les reliefs des Vosges, du Jura et des Alpes du nord ainsi que la plaine de l'Ain et le Lyonnais. A l'inverse, le bilan est majoritairement excédentaire sur la moitié sud du bassin, jusque 3 fois la normale sur l'Hérault (34) et la moitié est de l'Aude (11).

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 s'améliore pour le 2ème mois consécutif. Sur la vallée du Rhône et la moitié sud du bassin, les secteurs de déficits supérieurs à 25% de la normale ont quasiment disparus. Sur le reste du bassin, le bilan est proche de la normale ou excédentaire jusque 2 fois la normale en Bourgogne. Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 reste largement positif, supérieur à 100 mm sur l'ensemble du bassin.

Au 1er mai 2018 :

Les débits restent élevés sur les cours d'eau de la moitié sud du bassin. Sur la moitié nord, ils sont en baisse par rapport au mois précédent mais l'hydraulicité reste majoritairement proche ou supérieure à la moyenne. Quelques cours d'eau du bassin Rhône amont présentent des écoulements minimums caractéristiques d'une période de retour sèche de 2 à 5 ans, voir 10 ans. Ce sont en particulier, la furieuse, le Rahin, le Doubs à Besançon, l'Ain à Bourg de Sirod, l'Yseron à Craponne, la Véga, la Galaure.

Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) enregistre un débit moyen mensuel (540 m3/s) légèrement supérieur au débit moyen mensuel interannuel (510 m3/s). De même, les débits du Rhône restent élevés au cours du mois. Ils sont supérieurs à la moyenne mensuelle interannuelle sur toutes les stations suivies. Fin avril, les gestionnaires du Rhône n'effectuent pas encore de stockage en amont du fleuve car l'apport important de la fonte du manteau neigeux est attendu dans les mois prochains.

L'amélioration de la situation de la ressource en eau souterraine enregistrée en mars, se poursuit au mois d'avril. La majorité des nappes continue leur recharge et les niveaux atteints sont modérément hauts à très hauts.

Cependant, la situation reste délicate sur les nappes de l'axe rhodanien malgré une légère hausse enregistrée. Ces nappes très sollicitées en prélèvements dont les alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de Bièvre-Liers-Valloire et les alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais présentent des niveaux toujours bas pour la période (égaux ou inférieurs au quinquennal sec).

En région PACA, la hausse continue au cours du mois principalement pour les nappes de montagne. En fin de mois, les niveaux sont en majorité supérieurs aux niveaux moyens.
En région Occitanie, les niveaux, en hausse généralisée, sont tous au-dessus de la moyenne sauf ceux des alluvions quaternaires du Roussillon qui remontent légèrement mais restent inférieurs au quinquennal sec.

Les taux de remplissage des retenues du bassin sont majoritairement supérieurs à 50%. Depuis début avril, les gestionnaires des aménagements hydroélectriques de l’Isère et de l’axe Durance-Verdon laissent les niveaux bas afin de limiter le risque de crues dû aux précipitations à venir et aux apports de fonte du manteau neigeux qui a été particulièrement conséquent cet hiver. Dans les Pyrénées Orientales (66), les retenues de Matemale, Puyvalador, les Bouillouses ont elles aussi des taux de remplissage faibles, inférieurs à 50%.

Les sols superficiels se sont asséchés rapidement au cours du mois d'avril sur les secteurs ayant reçus peu de précipitations en particulier sur la moitié nord du bassin. Sur la moitié sud du bassin, l'humidité des sols superficiels restent majoritairement excédentaires (10 à 20%). Comme le mois précédent, les excédents atteignant plus de 50% se situent sur le littoral héraultais et audois.

Bilan : les pluies et la neige tombée en abondance au mois de janvier ont permis d'amorcer une recharge efficace des ressources en eau superficielles du bassin excepté sur l'axe rhodanien et la bordure méditerranéenne des régions PACA et Occitanie. Au mois de février, la faiblesse des précipitations et le froid ont dégradé la situation particulièrement sur la région PACA. Les précipitations conséquentes des mois de mars et d'avril ont permis une recharge efficace des eaux superficielles mais aussi des eaux souterraines à l'exception des nappes phréatiques en déficit chronique de l'axe rhodanien et des alluvions quaternaires du Roussillon.

Ainsi, depuis 2 mois, la situation de la ressource en eau s'est nettement améliorée sur le bassin Rhône-Méditerranée en particulier sur la région PACA, l'Hérault (34) et l'Aude(11) où les indicateurs sont proches ou supérieurs aux normales saisonnières. Début mai, la vigilance s'impose cependant sur les secteurs encore déficitaires car avec l'augmentation des températures, la reprise de la végétation et des besoins d'irrigation, un manque de précipitations peut rendre rapidement la situation critique.

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Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Manteau neigeux

 

Limitation des usages de l'eau :

Au 10 mai 2018, les eaux souterraines de plusieurs secteurs des départements de la Drôme (26), de l'Isère (38) et du Rhône (69) sont placées en vigilance ou en alerte depuis respectivement les 16, 17 et 25 avril 2018.

En raison de l'amélioration des indicateurs hydrologiques, certains comités sécheresse ont été annulés (Vaucluse - 84).

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Mars 2018 : recharge significative des ressources en eau sauf sur l'axe rhodanien

(mis en ligne le 13 avril 2018)

Au mois de mars 2018, les précipitations sont conséquentes et les chutes de neige encore abondantes jusqu'en plaine. Les températures moyennes mensuelles sont proches de la normale ou légèrement inférieur jusque 2°C localement. Les cumuls de précipitations sont majoritairement supérieurs à 100 mm sur le bassin. Les cumuls les plus élevés (jusque 350 mm) se situent sur quelques secteurs au sud du Jura, en Savoie, sur les Hautes Alpes et sur les Cévennes. A l'inverse, à l'est de la Savoie et des Hautes Alpes, sur une partie de la vallée du Rhône, sur les Bouches du Rhône, le Roussillon et les Pyrénées Orientales, les cumuls sont très faibles (inférieurs à 50 mm). Début avril, l’enneigement sur les reliefs alpins et les Pyrénées Orientales est remarquablement élevé, frôlant les records sur les 59 dernières années.

Le bilan pluviométrique mensuel est majoritairement excédentaire sur l'ensemble du bassin : de 1,5 à 3 fois la normale sur la moitié nord sauf sur les zones de reliefs de la Savoie et de 2 à 5 fois la normale sur la moitié sud du bassin.

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 s'améliore. Sur la vallée du Rhône et la moitié sud du bassin, les déficits se comblent partiellement. Les cumuls enregistrent moins de 10% à 25% de la normale. Le bilan est majoritairement excédentaire jusque plus de 25% de la normale sur les régions au nord du bassin et sur les reliefs nord alpins. Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 est largement positif, supérieur à 100 mm sur l'ensemble du bassin.

Au 1er avril 2018 :

Les débits des cours d'eau sont en hausse importante au cours du mois. Ils atteignent pour la majorité d'entre eux, des valeurs proches ou supérieures à leur moyenne mensuelle. Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) enregistre un débit moyen mensuel (940 m3/s) supérieur au débit moyen mensuel interannuel (620 m3/s).

Quelques cours d'eau en région PACA (l'Argens, l'Arc, l'Huveaune) et dans le Roussillon (Têt, Tech et affluents côte Vermeille) enregistrent des débits inférieurs à la moyenne mensuelle. L'issole (bassin versant de l'Argens) et la Guisane (bassin Haute Durance) enregistrent des écoulements minimums caractéristiques d'une période de retour très sèche de 50 ans.

Les débits du Rhône controlés par les gestionnaires du fleuve restent élevés au cours du mois. Ils sont supérieurs à la moyenne mensuelle interannuelle sur toutes les stations suivies.

La situation de la ressource en eau souterraine s'améliore sur le bassin. Les niveaux des nappes sont majoritairement en hausse par rapport au mois précédent et 54% des nappes suivies atteignent leurs niveaux moyens.

Pourtant, la situation reste délicate principalement sur les nappes de l'axe rhodanien. Ces nappes très sollicitées en prélèvements dont les alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de Bièvre-Liers-Valloire et les alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais présentent des niveaux toujours bas (égaux ou inférieurs au quinquenal sec) pour la période. Elles poursuivent cependant une hausse régulière depuis le mois de février.

En région PACA, la hausse des niveaux est générale au cours du mois. Certaines nappes alluviales ont même enregistré des pics de crue.

En région Occitanie, les niveaux, en hausse généralisée, sont tous au-dessus de la moyenne sauf ceux des alluvions quaternaires du Roussillon qui restent bas.

Les taux de remplissage des retenues du bassin sont très hétérogènes. Ils sont particulièrement bas pour les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord et en région PACA, en particulier pour la retenue de Serre-Ponçon (13%) et dans une moindre mesure pour la retenue de Castillon (46%). Les aménagements hydroélectriques de l’Isère et de l’axe Durance-Verdon ont été mobilisés en février pour la période de grand froid. Au mois de mars, la gestion du remplissage de ces retenues a été progressivement adaptée. Début avril, le gestionnaire laisse les niveaux bas sur ces retenues afin d’anticiper des épisodes de crue qui pourront être importants durant la période de fonte du manteau neigeux. Dans les Pyrénées Orientales (66), les retenues de Matemale, Puyvalador, les Bouillouses et Grandes Pâtures ont elles aussi des taux de remplissage faibles, inférieurs à 50%.

Les sols superficiels sont humides ou saturés sur une grande partie du bassin. Les excédents atteignent plus de 50% sur le littoral héraultais. Comme le mois précédent, 3 secteurs restent déficitaires : le secteur centré sur les Alpes du sud où le déficit s'étend, les secteurs centrés sur les Bouches-du-Rhône (13) et la façade littorale des Pyrénées Orientales (66) où les déficits diminuent.

Bilan : Les pluies du mois de janvier et la neige tombée en abondance ont permis d'amorcer une recharge efficace des ressources en eau superficielles du bassin excepté sur l'axe rhodanien et la bordure méditerranéenne des régions PACA et Occitanie. Au mois de février, la faiblesse des précipitations et le froid ont dégradé la situation particulièrement sur la région PACA. Les précipitations conséquentes du mois de mars sur l'ensemble du bassin, ont permis une recharge efficace en eau superficielle mais aussi en eau souterraine à l'exception des nappes phréatiques de l'axe rhodanien.

Début avril, la situation de la ressource en eau s'est bien améliorée sur le bassin Rhône-Méditerranée en particulier sur la région PACA mais la vigilance s'impose encore avec l'arrivée du printemps et la reprise de la végétation.

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Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Manteau neigeux

 

Limitation des usages de l'eau :

Les mesures de limitation des usages de l'eau prises en février sur les départements des Pyrénées Orientales (66) et de l'Isère (38) sont levées respectivement depuis le 28 février et le 26 mars 2018.

Les eaux souterraines des secteurs sud du département du Rhône (69) sont placées en vigilance depuis le 10 avril 2018.

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Février 2018 : recharge très insuffisante des nappes sur l'axe rhodanien et la région PACA qui impose une vigilance dans la gestion des stocks d’eau

(mis en ligne le 16 mars 2018)

Février 2018 voit le retour du froid s’accompagnant de perturbations neigeuses jusqu’en plaine. En fin de mois, des pics de très basses températures (jusque moins 11°C) sont enregistrés. Les températures moyennes mensuelles sont de 1,5 °C à plus de 3 °C sous la normale. Les cumuls de précipitations sont faibles, majoritairement inférieurs à 75 mm sur le bassin. Les cumuls les plus élevés (de 100 à 150 mm) se situent sur quelques secteurs des Alpes du nord, la zone littorale de l'Hérault et le Vallespir, au sud des Pyrénées Orientales. Toute la vallée du Rhône enregistre de très faibles cumuls (inférieurs à 30 mm). Fin février, l’enneigement sur les reliefs alpins est nettement excédentaire et même proche de records depuis 1959.

Le bilan pluviométrique mensuel est majoritairement déficitaire sur le bassin, jusque moins 3/4 des normales sur les reliefs de la Savoie et des Hautes Alpes ainsi que sur la vallée du Rhône. Les zones excédentaires, jusque plus du double des normales, se situent sur la frange littorale du Var (83), des Bouches du Rhône (13) et de l'Hérault (34) ainsi que la moitié ouest des Pyrénées orientales (66).

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 reste majoritairement déficitaire (moins 25 à 50 %) sur la moitié sud du bassin. Sur la moitié nord, le bilan est majoritairement proche des normales à excédentaire sauf sur le Rhône (69) et l'Ain (01). Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 reste positif, supérieur à 100 mm sur l'ensemble du bassin.

Au 1er mars 2018 :

Les débits des cours d'eau sont en baisse au cours du mois et atteignent pour la majorité d'entre eux, des valeurs proches de leur moyenne mensuelle. Le débit de la Saône à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône) est en baisse mais le débit moyen mensuel enregistré (1080m3/s) reste supérieur au débit moyen mensuel interannuel (710 m3/s).

Plusieurs cours d'eau de l'Ain (01), du Rhône (69), de l'Aude (11) et tous ceux de la région PACA enregistrent des débits inférieurs, voir très inférieurs à la moyenne mensuelle. L'issole (bassin versant de l'Argens) et le Coulon (bassin versant du Calavon) enregistrent même des écoulements minimums caractéristiques d'une période de retour très sèche de 50 ans.

Les débits du Rhône sont eux aussi à la baisse par rapport au mois de janvier pendant lequel ils ont été exceptionnellement élevés. Ils restent cependant supérieurs à la moyenne mensuelle interannuelle sur toutes les stations suivies.

La situation de la ressource en eau souterraine est satisfaisante pour une partie des nappes du bassin qui ont profité d’une faible recharge hivernale. La situation est plus délicate pour 52 % des nappes qui enregistrent encore des niveaux modérément bas à très bas.

Les nappes de l’axe rhodanien, dont les alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de Bièvre-Liers-Valloire et les alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais, présentent des niveaux encore très bas (égaux ou inférieurs au décennal sec) pour la période. Cependant, la tendance est à la stabilité ou en hausse sensible en fin de mois.

En région PACA, les nappes ont connu une certaine stabilité piézométrique mais les niveaux moyens enregistrés demeurent en général modérément bas pour la fin de période de recharge. Seuls les niveaux des nappes de montagne sont légèrement supérieurs aux niveaux médians avec des tendances plutôt à la baisse (sauf en haute Durance). En région Occitanie, les niveaux sont en hausse quasi généralisée. Seule les aquifères de la plaine du Roussillon sont bas, en particulier dans les secteurs "bordure côtière nord et "Aspres-Réart encore très déficitaires.

Les taux de remplissage d'une partie des retenues du bassin sont satisfaisants (supérieurs à 50 %). Les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord, sur l'Isère, le Drac et l'Arve, sont en baisse par rapport au mois précédent : leurs taux de remplissage sont inférieurs à la normale. En région PACA, le remplissage reste très faible pour les retenues de Serre-Ponçon (17%) et Castillon (17%). Les aménagements hydroélectriques Durance-Verdon ont été mobilisés pour la période de grand froid. Une gestion pour favoriser le remplissage des retenues de tête sera progressivement adaptée au cours du mois de mars. Les retenues dans les Pyrénées Orientales (66) ont elles aussi des taux de remplissage bas (17 à 33%).

Les sols sont humides sur une grande partie du bassin en particulier sur le littoral Héraultais ou l'excédent atteint 60%. Cependant, sur le nord et le centre du bassin, les excédents diminuent. 3 grands secteurs centrés sur les Alpes du sud, les Bouches-du-Rhône (13) et la façade littorale des Pyrénées Orientales (66) présentent des sols asséchés à hauteur de moins 20% à 60%.

Bilan : les pluies et la neige tombée en abondance sur les reliefs jurassiens et alpins au cours du mois de janvier, ont permis d'amorcer une recharge efficace des ressources en eau superficielles du bassin excepté sur l'axe rhodanien et la bordure méditerranéenne des régions PACA et Occitanie. En février, la faiblesse des précipitations n'a pas permis d'améliorer la situation des cours d'eau en région PACA. Elle reste très inférieure à une situation normale de fin de période hivernale. Une vigilance particulière s'impose pour le début du printemps.

Depuis 3 mois, les niveaux des nappes d'eau souterraine sont bas sur plusieurs secteurs en vallée du Rhône, en région PACA et sur le Roussillon. Il reste à souhaiter que la recharge se poursuive en mars et avril, mais il est à craindre qu’elle soit insuffisante pour aborder sereinement le printemps et l'étiage 2018.

(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

Manteau neigeux

 

Limitation des usages de l'eau :

En février, 2 arrêtés de limitation des usages de l'eau ont été pris sur les départements de l'Isère (38) et des Pyrénées Orientales (66).

  • depuis le 1er février 2018, les secteurs Agly-Bourdigou et nappe plioquaternaire de la plaine de Roussillon sont placées en situation d'alerte renforcée.
  • depuis le 26 février 2018, les eaux souterraines pour les bassins versants /Galaure-Drôme des Collines/ /Est-Lyonnais/ et /Quatre-Vallées-Bas Dauphiné-Sud-Grésivaudan/ sont placées en situation d'alerte. Les eaux souterraines pour le bassin versant Bièvre-Liers-Valloire restent placées en situation d'alerte renforcée.

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Janvier 2018 : recharge des eaux superficielles mais limitée pour les eaux souterraines

(mis en ligne le 16 février 2018)

Janvier 2018 est marqué par une succession de passages perturbés très actifs, parfois tempétueux, dans une ambiance exceptionnellement douce. Les températures moyennes mensuelles sont au-dessus de la normale (de +2 à +6°C). Les cumuls de précipitations sont conséquents, majoritairement supérieurs à 75 mm sur le bassin. Ils sont supérieurs à 350 mm sur les reliefs des Vosges, du Haut-Jura au Bugey et sur les Alpes du nord. Les plus faibles cumuls (jusque 50 mm) sont enregistrés en région PACA et sur le Roussillon. Les chutes de neige sont très importantes sur les reliefs en particulier sur les Alpes du nord.

Le bilan pluviométrique mensuel est largement excédentaire jusque plus de 300 % des normales sur le Bugey, la Savoie et le littoral héraultais. Seuls 3 secteurs du littoral des Alpes maritimes (06), du Var (83) et des Pyrénées orientales (66) sont déficitaires jusque 50%.

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 reste majoritairement déficitaire (de 25 à 50 %) sur la moitié sud du bassin mais le déficit est moins étendu et moins marqué, la zone déficitaire de plus de 50 % ayant quasiment disparu. Sur la moitié nord du bassin, le bilan est majoritairement proche des normales à excédentaire sauf sur le Rhône (69) et l'Ain (01). Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 est positif sur l'ensemble du bassin.

Au 1er février 2018 :

Les débits des cours d'eau sont en nette hausse : ils sont en majorité proches ou supérieurs à la moyenne mensuelle. Plusieurs cours d'eau en Franche-Comté et Rhône-Alpes présentent même des débits exceptionnellement élevés et caractéristiques d'une période de retour très humide de 50 ans (le Doubs, l'Ain, la Lanterne, la Savoureuse, l'Isère). Début février, les débits de l’Ain ont atteint des valeurs très élevées proches de la crue de février 1999 avec des apports importants venant de la Bienne. Le débit de la Saône est monté jusqu’à 2200 m³/s à la station de Couzon (en amont de la confluence avec le Rhône), débit proche de celui enregistré lors de la crue de novembre 2002. Le débit moyen mensuel enregistré à cette station est de 1500 m³/s soit 2 fois plus élevé que débit moyen mensuel interannuel (730 m3/s).

A l'inverse, certains cours d'eau en région PACA, sur l'Aude (09) et les Pyrénées Orientales (66) présentent encore des débits inférieurs, voir très inférieurs à la moyenne. L'issole, la Giscle, l'Argens, la Guisane (05) et l'Arc (13) enregistrent même des écoulements minimums caractéristiques d'une période de retour très sèche de 50 ans.

Les débits du Rhône ont été exceptionnellement bas pendant l’été 2017. La remontée spectaculaire des débits du Rhône depuis 2 mois, jusqu’à atteindre les plus hauts débits au mois de janvier 2018, est due notamment aux lâchers importants des services Industriels du canton de Genève à partir du barrage du Seujet. Toutes les stations, de l'amont à l'aval, enregistrent une hydraulicité 2 fois plus importante que la moyenne mensuelle interannuelle. Ainsi, les débits s'échelonnent du 1er au 4ème rang des débits les plus hauts depuis 98 ans !

La situation de la ressource en eau souterraine reste difficile pour 67 % des nappes suivies qui présentent encore des niveaux modérément bas à très bas. La tendance générale est cependant à la stabilisation ou à la hausse. Les nappes de l’axe rhodanien restent à des niveaux très bas (égaux ou inférieurs au décennal sec) et certaines sont toujours en baisse malgré la période hivernale de recharge (alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de Bièvre-Liers-Valloire, alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais). En région PACA, les nappes alluviales et les réservoirs karstiques se rechargent partiellement mais les nappes côtières n'ont pas connu de remontée au cours du mois. En région Occitanie, les niveaux remontent par rapport au mois précédent. Seule la nappe pliocène supérieur du Roussillon reste à un niveau très bas.

Les niveaux des nappes actuellement en baisse sont caractéristiques des nappes en déséquilibre quantitatif dont les prélèvements sont supérieurs à la recharge et sur lesquelles les structures de gestion élaborent ou ont élaboré des plans de gestion quantitative de la ressource en eau (PGRE) pour tendre vers une gestion équilibrée et durable de ces ressources.

Les taux de remplissage des retenues sont globalement satisfaisants (supérieurs à 50 %). Les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord atteignent un remplissage supérieur à la normale. Le remplissage reste faible pour la retenue de Serre-Ponçon (45 %) en région PACA, de même pour les retenues de Puyvalador et Agly dans les Pyrénées orientales.

Les sols sont très humides sur une grande partie du bassin. L’indice d’humidité des sols est maintenant excédentaire de 10 % à 20 % sur le nord et le centre du bassin. Ceux du pourtour méditerranéen et des Alpes du sud restent toutefois majoritairement déficitaires jusque 50 % localement.

Bilan : les pluies et la neige tombée en abondance sur les reliefs jurassiens et alpins au cours du mois de janvier, ont permis d'amorcer une recharge efficace des ressources en eau superficielles du bassin excepté sur la bordure méditerranéenne des régions PACA et Occitanie.

Sur la moitié nord du bassin, les déficits cumulés en 2016 et 2017 sont résorbés. Les niveaux des nappes d'eau souterraine sont encore bas sur plusieurs secteurs en vallée du Rhône, en région PACA et sur le Roussillon. La recharge doit continuer impérativement en février, pour aborder sereinement le printemps 2018.

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Décembre 2017 : le déficit important cumulé en 2017 sur le bassin se comble partiellement

(mis en ligne le 18 janvier 2018)

Au mois de décembre 2017, le froid alterne avec la douceur. Les températures sont très basses en début de mois, jusque -10°C. Les températures moyennes mensuelles sont conformes à la normale. La pluviométrie est plus conséquente que les mois précédents mais reste géographiquement contrastée. A l'ouest de la diagonale Mâcon-Toulon, les cumuls de précipitations sont faibles (inférieurs à 75mm). A l'inverse, ils sont élevés sur la façade est et le nord du bassin (supérieurs à 100mm). Ils atteignent même plus de 250mm sur les reliefs du Jura et des Alpes du Nord. Les chutes de neige sont conséquentes sur les reliefs en particulier de moyenne altitude.

Le bilan pluviométrique mensuel reste largement déficitaire (jusque moins 75% des normales) sur les secteurs peu arrosés au sud du bassin en particulier le Gard (30), l'Hérault (34) et les Pyrénées Orientales (66). Sur les autres secteurs, le bilan est proche de la normale à excédentaire, jusque 300 % des normales sur l'Ain, l'Isère et les Alpes du sud.

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 reste encore déficitaire sur une grande partie du bassin mais les déficits se comblent en particulier sur la région PACA. Les déficits les plus marqués (moins 75 % des normales) se situent sur les départements du Gard et de l'Hérault. Sur les Vosges, le Jura et les Alpes du nord, ce bilan est proche de la normale. Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 est positif sur l'ensemble du bassin. Il reste cependant proche de zéro sur les secteurs peu arrosés du pourtour méditerranéen.

Au 1er janvier 2018 :

Avec l'arrivée des pluies, la situation des cours d'eau du bassin s'améliore. Les débits des cours d'eau alpins sont en nette hausse, ils sont proches ou supérieurs à la moyenne. Au nord du bassin, des crues sont survenues en fin de mois sur le Doubs amont, l'Ognon, la Loue, la Savoureuse. Le débit de la Saône (720 m3/s à la station de Couzon, confluence avec le Rhône) est élevé. Il est passé en dessus de la moyenne interannuelle (620 m3/s).

Au sud du bassin, la hausse des débits est plus limitée : 90% des stations de mesure enregistrent encore des débits inférieurs ou très inférieurs à la moyenne mensuelle interannuelle. Les écoulements minimums sont en majorité caractéristiques d'une période sèche (de 5 à 10 ans) ou très sèche (supérieure à 10 ans). La période de retour est même de 50 ans sur la Guisane (05), l’Issole (04-83), l'Arc (13) et la Giscle (83) en région PACA.

En décembre, les débits du Rhône sont, eux aussi, rapidement remontés. Toutes les stations, de l'amont jusqu’à Valence, enregistrent une hydraulicité bien au-dessus de la moyenne mensuelle interannuelle. Seule, la station aval de Beaucaire enregistre un débit légèrement inférieur à la moyenne mensuelle interannuelle.

La situation de la ressource en eau souterraine reste encore difficile : 61% des nappes principalement au centre et sud du bassin présentent des niveaux modérément bas à très bas. Seules les nappes alluviales de Franche-Comté continuent leur recharge. Les aquifères alluviaux et calcaires de Bourgogne se stabilisent mais sont encore bas, voire très bas (nappe libre de Dijon sud). Toutes les nappes à l’est de la région Auvergne-Rhône-Alpes restent à des niveaux bas ou très bas (alluvions de l'Isère, alluvions fluvio-glaciaire de la plaine de Bièvre-Liers-Valloire, alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais. En région PACA, au cours du mois de décembre, les niveaux des nappes commencent à évoluer à la hausse, essentiellement au nord et à l'est de cette région. En Occitanie, les niveaux des nappes restent bas mais se stabilisent par rapport au mois précédent.

Les taux de remplissage des retenues varient suivant les secteurs avec une tendance générale à la hausse. Ils restent faibles pour les retenues de Serre-Ponçon (44%) et Saint-Cassien (25%) en région PACA. Les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord ont aussi, comme le mois précédent, un remplissage inférieur au quinquenal. Les volumes utilisables du canal de Bourgogne et du canal du centre varient autour de 50% sauf ceux du canal de Chazilly qui restent faibles (24%).

L’assèchement des sols superficiels continue à être marqué sur la vallée du Rhône, sur le sud ouest de la région PACA, sur les Hautes-Alpes (05) et sur la façade méditerranéenne de la région Occitanie. Les déficits sont encore importants sur ces secteurs (de 40% à 80 %). Sur le nord du bassin, le Jura et les Alpes du nord, les sols retrouvent des excédents d'humidité (de 10 à 30%).

Le manque de précipitations entraîne des niveaux d'écoulement des eaux superficielles défavorables à la préservation des écosystèmes aquatiques et des espèces qui en dépendent. Une campagne complémentaire exceptionnelle du réseau ONDE (observatoire national des étiages) a été effectuée au mois de décembre sur 3 départements en situation difficile (Isère, Drôme et Ardèche). Les écoulements redeviennent progressivement acceptables mais restent faibles pour la saison : 1/3 des stations de la Drôme sont encore en écoulement insuffisant. Dans l'ensemble, l'étiage se termine sur le bassin : on observe un retour à un taux d’écoulement minimum sur l’ensemble des départements. Les observations du réseau ONDE sont suspendues et reprendront au mois de mai 2018.

Bilan : l'arrivée des pluies et de la neige au nord et sur l’ensemble de la façade est, du Jura aux Alpes du sud, ne sont pas suffisantes pour combler les déficits en eau cumulés en 2016 et 2017 sur la majorité des cours d’eau et des nappes d'eau souterraine du bassin Rhône-Méditerranée. Même si les indicateurs hydrologiques remontent, ils sont encore bas sur plusieurs secteurs en vallée du Rhône et au sud du bassin. Des limites historiques basses sont à nouveau atteintes ou dépassées.

L'étiage 2017, se termine au nord du bassin et se prolonge au sud où la situation de la ressource en eau reste précaire. La recharge doit s'amorcer impérativement en janvier et février, pour aborder sereinement le printemps 2018.

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

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Retenues d'eau

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Réseau ONDE

Limitation des usages de l'eau : situation au 10 janvier 2018

Au cours de l'été 2017, tous les départements du bassin, sauf la Haute-Savoie (74), ont pris des mesures de restriction des usages de l'eau. A l'automne, compte tenu de la pluviométrie très déficitaire sur le bassin, plusieurs départements ont renforcé les mesures prises. Fin novembre, 7 départements maintenaient leurs mesures de restriction en vigueur et les prolongeaient exceptionnellement jusque fin décembre.

Au 10 janvier 2018, 3 départements [Isère (38), Lozère (48) et Pyrénées Orientales (66)] ont encore des mesures de limitation des usages de l'eau en vigueur.

Situation au 10 janvier 2018 - Tableau de bord et cartes de suivi des arrêtés départementaux (format PDF)

Les arrêtés préfectoraux à consulter sur le site PROPLUVIA

Novembre 2017 : la sécheresse se prolonge à l’automne sur le bassin sauf en Franche-Comté

(mis en ligne le 14 décembre 2017)

Au mois de novembre 2017, le froid arrive. Les températures moyennes mensuelles sont conformes ou inférieures à la normale jusque 1,5°C. La pluviométrie est géographiquement contrastée. Les cumuls de précipitations sont quasi nuls (inférieurs à 5mm) sur une large bande littorale en Occitanie, de Montpellier à Perpignan. Ils sont faibles (de 20 à 50 mm) sur la région PACA et quelques secteurs en Occitanie. Le reste du bassin enregistre des cumuls qui s'échelonnent de 50 mm à plus de 200 mm sur les reliefs des Vosges, du Jura, des Alpes du Nord et des Cévennes. Les premières précipitations neigeuses tombent en fin de mois sur les reliefs mais aussi jusqu'en plaine.

Le bilan pluviométrique mensuel est déficitaire (10% à 75%) sur presque toute la moitié sud du bassin. Les déficits atteignent plus de 75% dans la région de Béziers (34), la moité est de l'Aude et la majeure partie des Pyrénées Orientales. Sur la moitié nord du bassin, ce bilan est proche de la normale à excédentaire jusque 200% en Franche-Comté. Les pluies efficaces mensuelles sont majoritairement positives sur le bassin (de 5 à 200 mm). Seule la bande littorale de Montpellier à Perpignan, enregistre des déficits de pluies efficaces jusqu'à -25 mm.

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 est encore déficitaire sur l'ensemble du bassin. Les déficits les plus marqués (moins 75% des normales) se situe sur la région PACA, une partie des départements du Gard et de l'Hérault. Sur les autres secteurs, ils s'échelonnent entre 25% et 75% des normales. La Franche-Comté présente les déficits les plus faibles (jusque 25% des normales). Le cumul des pluies efficaces depuis le 1er septembre 2017 est proche de zéro (de -50 mm à +50 mm) sur la Saône-et-Loire (71), le Rhône (69) et la moitié sud du bassin à l'exception des Cévennes. Sur le reste du bassin, ces cumuls s'échelonnent de 50 à 400 mm.

Au 1er décembre 2017 :

L'étiage se poursuit sur la grande majorité des cours d'eau du bassin à l'exception de ceux de la Franche-Comté. En novembre, 85% des stations de mesure enregistrent encore des débits inférieurs ou très inférieurs à la moyenne mensuelle interannuelle. Les écoulements minimums sont en majorité caractéristiques d'une période sèche (de 5 à 10 ans) ou très sèche (supérieure à 10 ans). La période de retour est même de 50 ans sur la Guisane (05), l’Issole (04-83), l'Esteron (06), le Caramy (83), le Coulon-Calavon (84) et la Giscle (83) en région PACA. Le Roubion à la station de Soyans (26) est encore en assec. En Franche-Comté, la plupart des cours d'eau sorte de l'étiage et leurs débits se placent au-dessus des valeurs d'alerte ou de vigilance. Le débit de la Saône (250 m3/s à la station de Couzon, confluence avec le Rhône) est en hausse mais il reste cependant bien en dessous de la moyenne interannuelle (510 m3/s).

En novembre, les débits du Rhône remontent. Cependant, toutes les stations, de l'amont à l'aval, enregistrent une hydraulicité encore en dessous de la moyenne mensuelle interannuelle.

La situation de la ressource en eau souterraine est elle aussi difficile : 87% des nappes présentent des niveaux modérément bas à très bas. Une stabilisation ou une légère hausse est enregistrée sur les nappes des secteurs ayant reçus des précipitations durant les mois précédents. Pour les autres secteurs, les niveaux sont en dessous des normales de saison.

Au nord du bassin, la recharge s'amorce sur les nappes alluviales de Franche-Comté. En revanche, les aquifères alluviaux et calcaires de Bourgogne sont encore bas, voire très bas (nappe de Dijon sud et nappe du val de Saône). Seuls les alluvions profondes de la Tille gardent un niveau élevé. Toutes les nappes à l’est de la région Auvergne-Rhône-Alpes restent à des niveaux bas ou très bas malgré une légère hausse enregistrée en cours du mois (alluvions de l'Isère, alluvions fluvio-glaciaire de la plaine de Bièvre-Liers-Valloire, alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais (Meyzieux), nappe pliocène du Val de Saône).

En région PACA, l’étiage se poursuit, dans de sévères conditions, en particulier pour plusieurs nappes alluviales qui enregistrent les niveaux les plus bas mesurés (nappe des Sorgues ou du Rhône en amont d'Avignon, alluvions de la Durance moyenne, alluvions de la Siagne, nappe du Drac amont). Les ressources karstiques montrent des courbes de tarissement drastiques. En Occitanie, la situation s'améliore sur les karsts nîmois et montpelliérains ainsi que les alluvions de l'Hérault, de l'Orb et de l'Aude.

Les taux de remplissage des retenues sont majoritairement faibles (inférieurs à 50%) en conséquence de leurs modalités de gestion des usages de l'eau sur les secteurs aval depuis le mois de juin. Seules les retenues de Castillon et Sainte-Croix en région PACA ainsi que la retenue de Vouglans dans l'Ain (01) présentent des taux de remplissage supérieurs à 50%. Les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sont plus hauts que le mois précédent (remplissage inférieur au quinquenal). Les volumes utilisables du canal de Bourgogne (15%) et du canal du centre (36%) restent faibles.

L’assèchement des sols superficiels continue à être très marqué sur la vallée du Rhône, sur la région PACA et sur plusieurs secteurs en Occitanie. Les déficits sont très importants sur ces secteurs (supérieurs à 70 %). Sur la façade nord-ouest du bassin, on enregistre une légère amélioration malgré la persistance des déficits (de 30 à 60%). Des excédents apparaissent en Franche-Comté (jusque 20%).

Le manque de précipitations entraîne des niveaux d'écoulement défavorables à la préservation des écosystèmes aquatiques et des espèces qui en dépendent. Une campagne complémentaire exceptionnelle du réseau ONDE a été effectuée au mois de novembre sur 9 départements en situation difficile (Ain, Isère, Drôme, Ardèche, Alpes maritimes, Gard, Lozère, Vaucluse, Aude). Les valeurs des indices ONDE sont remontées mais l'étiage reste sévère : environ 80% des stations d'observation sont toujours en écoulement visible faible ou en assec.

 

Bilan : l'étiage 2017, particulièrement sévère, se prolonge sur la majeure partie du bassin. Même si les indicateurs hydrologiques remontent, ils sont encore en grande majorité au plus bas et plusieurs limites historiques basses sont atteintes ou dépassées. La situation de la ressource en eau reste très critique sur plusieurs secteurs, en particulier de la région PACA. Seule la Franche-Comté amorce un début d'amélioration. Cette situation exceptionnelle de sécheresse automnale sur 9 départements du bassin reste très critique pour les écosystèmes aquatiques et leur biodiversité. Les précipitations arrivées fin novembre, dont notamment les précipitations neigeuses, devraient soulager la situation sur une partie du bassin.

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Humidité des sols

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Le Rhône

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Réseau ONDE

Limitation des usages de l'eau : situation au 10 décembre 2017

Au cours de l'été 2017, tous les départements du bassin, sauf la Haute-Savoie (74), ont pris des mesures de restriction des usages de l'eau. A l'automne, compte tenu de la pluviométrie très déficitaire sur le bassin, plusieurs départements ont renforcé les mesures prises. Fin novembre, 7 départements maintiennent leurs mesures de restriction en vigueur et les prolongent exceptionnellement jusque fin décembre.

Ainsi au 10 décembre 2017 :

  • Le niveau d'alerte est en vigueur sur plusieurs secteurs des Alpes maritimes (06), de l'Isère (38) et de la Lozère (48),
  • Le niveau d'alerte renforcée est atteint à nouveau, depuis le 13 novembre, sur le département de la Drôme (26) et il est prolongé sur plusieurs secteurs du Vaucluse (84), du Gard (30), de l'Isère (38), des Pyrénées Orientales (66) et des Alpes maritimes (06).
  • Le niveau de crise est maintenu sur les bassins versants de la Roya, de la Bévera et du Loup dans les Alpes maritimes (06).

En novembre, les levées des mesures sont effectives sur l'Ardèche (07) depuis le 9 novembre, la Côte d'Or (21) depuis le 17 novembre, le Doubs (25) depuis le 21 novembre, la Loire (42) depuis le 30 novembre, le Var (83) depuis le 15 novembre et la Haute Saône (70) depuis le 1er décembre.

Situation au 10 décembre 2017 - Tableau de bord et cartes de suivi des arrêtés départementaux (format PDF)

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Octobre 2017 : les indicateurs hydrologiques sont au plus bas

(mis en ligne le 17 novembre 2017)

Au mois d'octobre 2017, les températures sont à nouveau plus douces. Les moyennes mensuelles sont supérieures à la normale de 1°C jusque 2,5°C localement. Les cumuls de précipitations du mois d’octobre 2017 sont quasi nuls (inférieurs à 5 mm) sur toute la région PACA et quelques secteurs sur les départements du Rhône (69), de la Loire (42), de la Drôme (26), de l’Ardèche (07) et du Gard (30). Ils sont faibles sur le reste du bassin (en majorité inférieurs à 50 mm) à l’exception de l'extrême nord du bassin et des Cévennes. Ces deux derniers secteurs enregistrent des cumuls compris entre 100 et 150 mm.

Le bilan pluviométrique mensuel est très déficitaire de 50 % à 75 % sur tout le bassin. Seuls quelques secteurs de l'Hérault (34), de l'Aude (11) et des Pyrénées Orientales présentent un bilan proche de la normale. Les pluies efficaces mensuelles sont majoritairement négatives (comprise entre 0 et -25mm).

Le bilan pluviométrique depuis le 1er septembre 2017 est fortement déficitaire sur l'ensemble du bassin. En ce début d’année hydrologique 2017-2018 (1er sept 2017 au 1er sept 2018), toute la région PACA, les départements de la Drôme, de l'Ardèche, du Gard, une partie de l'Hérault et de la Lozère enregistrent les déficits les plus marqués (moins de 75% des normales). Les déficits sur les autres secteurs du bassin s'échelonnent entre moins 25% et 75% des normales.

Le cumul des pluies efficaces de l'année hydrologique est proche de zéro (de +50 mm à -50 mm) sur l’ensemble du bassin sauf sur les reliefs nord alpins, le Jura, les Vosges ainsi que les Cévennes où il atteint 100 ou 200 mm.

Au 1er novembre 2017 :

L'étiage des cours d'eau se poursuit au cours du mois d'octobre : 98% des stations de mesure enregistrent des débits inférieurs ou très inférieurs à la moyenne mensuelle interannuelle. Les écoulements minimums sont en majorité caractéristiques d'une période sèche de 2 à 5 ans ou de 5 à 10 ans. La période de retour est même de 50 ans sur l’Issole (83), le Coulon-Calavon (04) et la Giscle (83) en région PACA. La Chalaronne à la station Villars-les-Dombes (01), le Roubion à la station de Soyans (26) et le Gardon d'Alès à la station d'Alès (30) sont en assec. Les débits de la Saône sont en légère hausse depuis le début du mois. A la confluence avec le Rhône (station de Couzon), son débit est classé au 8ème rang des mois d'octobre depuis 96 ans (1920 à 2016).

En octobre, les débits du Rhône continuent à baisser pour atteindre des niveaux les plus bas connus en ce début d'automne depuis 96 ans. Toutes les stations, de l'amont à l'aval, enregistrent une hydraulicité encore bien en dessous de la moyenne mensuelle interannuelle. A la station de Valence, le débit de 390 m³/s est le plus faible enregistré pour un mois d'octobre sur la période 1920 à 2016.

La situation des nappes d'eau souterraine continue à se dégrader : 84 % d’entre elles présentent des niveaux modérément bas à très bas. En fin de mois, la tendance générale est encore à la baisse.

Au nord du bassin, les niveaux restent très bas pour la nappe libre de Dijon sud. Les nappes des alluvions fluvio-glaciaires en Plaine de Bièvre-Liers-Valloire évoluent en dessous des références décennales sèches et sont partout proches ou en dessous des minimas historiques. Les nappes des couloirs d'alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais sont basses. Celles du couloir de Meyzieu enregistrent une légère remontée en conséquence de l'arrêt des prélèvements agricoles.

Les nappes d'eau souterraines de la région PACA ressentent fortement l'absence de précipitation qui perdure depuis plusieurs mois. La baisse est générale dans les nappes alluviales, en particulier dans le secteur des Alpes du sud. La nappe alluviale du Drac subit le plus spectaculairement l'absence de précipitation. Elle enregistre une baisse d'environ 1 cm par jour au cours du mois d'octobre. De même en Occitanie, les niveaux piézométriques sont bas sur les karsts nîmois et Montpelliérains et les alluvions de l'Aude.

Les taux de remplissage des retenues sont majoritairement faibles (inférieurs à 50%) en conséquence de leurs modalités de gestion des usages de l'eau sur les secteurs aval depuis le mois de juin. Seules les retenues de Serre-Ponçon, Castillon et Sainte-Croix en région PACA présentent des taux de remplissage supérieurs à 50%. Les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sont au plus bas (remplissage inférieur au décennal). Les volumes utilisables du canal de Bourgogne (6%) et du canal du centre (3%) sont aussi très faibles, ce qui entraîne des difficultés de navigation. Depuis le 1er octobre, la réserve sécurisée stockée dans le barrage de Serre Ponçon n'est plus utilisable. Les prélèvements se font dorénavant sur le débit naturel reconstitué de la Durance. Afin de limiter les débits prélevés dans la Durance, des mesures de restriction complémentaires sont prises sur les canaux pour réduire leurs prélèvements à 50% de la dotation.

L’assèchement des sols superficiels s'intensifie encore au cours du mois sur l'ensemble du bassin. Les déficits sont très importants (supérieurs à 70 %) sur la façade nord-ouest du bassin, sur la vallée du Rhône, sur la région PACA et plusieurs secteurs en Occitanie.

Le manque de précipitations entraîne des niveaux d'écoulement défavorables aux milieux aquatiques et aux espèces qui en dépendent. Une campagne complémentaire du réseau ONDE a été effectuée au mois d'octobre sur 15 départements en situation difficile : 22% des stations sont en assec et 7% ne présente pas d'écoulement visible. Sur les cours d’eau encore en eau, on observe des colmatages du substrat liés à la dégradation des développements algaux de cet été associés à une absence de coup d’eau. Habituellement, les hausses de débits du mois d’octobre contribuent à «nettoyer» les fonds avant la période de fraie des salmonidés. Ce phénomène très limité cette année et la chute des feuilles sur les milieux présentant un faible écoulement crée des conditions peu favorables à la fraie.

Bilan : L'étiage 2017 est particulièrement sévère et se prolonge depuis le mois de septembre sur l'ensemble du bassin. Les indicateurs hydrologiques sont en grande majorité au plus bas et plusieurs limites historiques basses sont atteintes ou dépassées. La situation de la ressource en eau devient très critique sur plusieurs secteurs, en particulier de la région PACA. Cette situation exceptionnelle de sécheresse automnale est aussi très critique pour les écosystèmes aquatiques et leur biodiversité. Il faudra des précipitations dans les mois à venir pour amorcer une recharge efficace et combler les déficits très importants en ce début d'automne.

(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

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la synthèse

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

 

 

Réseau ONDE

Limitation des usages de l'eau : situation au 10 novembre 2017

Au cours de l'été, tous les départements du bassin, sauf la Haute-Savoie (74), ont pris des mesures de restriction des usages de l'eau. En septembre, la prolongation de l'étiage sur le bassin a conduit plusieurs départements à renforcer les mesures en vigueur. Ces mesures ont été reconduites ou renforcées en octobre ou début novembre sur 12 départements du nord au sud du bassin.

Ainsi au 10 novembre 2017 :

  • Le niveau d'alerte est encore en vigueur sur 3 départements : Doubs (25), Haute-Saône (70), Loire (42),
  • Le niveau d'alerte renforcée est atteint sur 4 départements : Isère (38), Var (83), Vaucluse (84), les Pyrénées Orientales (66),
  • Le niveau de crise est atteint sur 4 départements :
    • la Côte d'Or (21) : BV Biètre depuis le 24 août,
    • les Alpes maritimes (06) : BV de la Roya, de la Bévera et du Loup depuis le 31 octobre,
    • le Gard (30) : BV des Gardons depuis le 7 septembre prolongé le 31 octobre ainsi que les BV de la Cèze, du Vidourle et la nappe des calcaires urgoniens depuis le 27 septembre prolongé le 31 octobre,
    • la Lozère (48) : bassin du Chassezac depuis le 25 août prolongé le 17 octobre.

Les levées des mesures sont effectives sur les 13 autres départements.

Situation au 10 novembre 2017 - Tableau de bord et cartes de suivi des arrêtés départementaux (format PDF)

Les arrêtés préfectoraux à consulter sur le site PROPLUVIA

Septembre 2017 : l'étiage très sévère se poursuit au cours du mois

(mis en ligne le 13 octobre 2017)

Au mois de septembre 2017, les températures sont fraîches. Les moyennes mensuelles sont inférieures à la normale de 1°C jusque 3°C localement. Sur la moitié nord du bassin, les cumuls de précipitations sont modérés sur les reliefs et ils sont faibles (de 30 à 75 mm) sur les secteurs de plaine. Sur la moitié sud du bassin, les cumuls sont tous inférieurs à 50 mm sauf sur les reliefs pyrénéens.

Le bilan pluviométrique mensuel est ainsi majoritairement déficitaire sur le bassin sauf au nord, sur une partie de la Franche-Comté et des Vosges qui présentent un bilan proche de la normale ou légèrement excédentaire. Les déficits les plus importants (moins du quart des précipitations) se situent sur un large secteur au sud du bassin (l'ouest de la région PACA, la vallée du Rhône de la hauteur de Lyon à l'embouchure, ainsi que les départements du Gard, de l'Hérault et une partie de la Lozère).

Le cumul des pluies efficaces de l'année hydrologique est proche de zéro (de +25 mm à -25 mm) sur l’ensemble du bassin sauf sur les reliefs nord alpins et pyrénéens ainsi que les Vosges et la Franche-Comté où ils atteignent +75 mm.

Au 1er octobre 2017 :

Les cours d'eau enregistrent un étiage très sévère : 95% d'entre-eux présentent des débits inférieurs à la moyenne mensuelle interannuelle. Les écoulements minimums sont en majorité caractéristiques d'une période sèche de 2 à 5 ans ou de 5 à 10 ans. La période de retour est de 50 ans sur quelques cours d’eau de la région PACA (l’Argens, le Calavon, la Giscle). Les débits de la Saône sont très bas. A la confluence (station de Couzon), ils sont classés au 3ème rang depuis 97 ans (1920 à 2016).

En septembre, les débits du Rhône continuent à baisser pour atteindre des niveaux extrêmement bas pour cette fin de période estivale. Toutes les stations, de l'amont à l'aval, enregistrent une hydraulicité encore bien en dessous de la moyenne mensuelle interannuelle. Le classement des débits moyens mensuels s'échelonne du 3éme au 11ème rang sur la période 1920 à 2016.

La situation des nappes d'eau souterraine reste tendue : 78 % d’entre elles présentent des niveaux modérément bas à très bas. En fin de mois, la tendance générale est encore à la baisse. Au nord du bassin, la dégradation des niveaux se poursuit malgré les épisodes pluvieux du mois de septembre. Les niveaux sont généralement bas, voire très bas comme pour la nappe libre de Dijon sud ou les nappes des alluvions fluvio-glaciaires en Plaine de Bièvre-Liers-Valloire qui évoluent en dessous des références décennales sèches et sont partout proches ou en dessous des minimas historiques. Les nappes des couloirs d'alluvions fluvio-glaciaires de l'est lyonnais restent modérément basses. Celle du couloir de Meyzieu amorce une hausse en conséquence de l'arrêt des prélèvements agricoles. Sur la moitié sud, la situation des nappes est plus hétérogène. Pour environ 60% d'entre-elles, l'étiage n'est pas encore terminé. Les niveaux sont encore très bas en particulier, les nappes alluviales de la Bléone et du Drac en région PACA ainsi que les alluvions de l'Orb, de l'Aude et les karsts nîmois en Occitanie. Les aquifères plio-quaternaire sont proches des moyennes, excepté dans les secteurs « bordure côtière Nord » et « Aspres-Réart » du pliocène qui restent très déficitaires.

Les taux de remplissage des retenues sont majoritairement faibles en conséquence des soutiens d'étiage importants depuis 3 mois. Seule, la retenue de Castillon présente un taux de remplissage supérieur à 75%. Toutes les autres ont des taux compris entre 73% (Serre-Ponçon) et 21% (soutien d'étiage du Chassezac). Les réservoirs à vocation hydroélectrique des Alpes du nord sont encore très bas, inférieur au décennal. Les volumes utilisables du canal de Bourgogne (21%) et du canal du centre (11%) sont très faibles entraînant des difficultés de navigation.

Depuis le 1er octobre, la réserve sécurisée stockée dans le barrage de Serre-Ponçon n'est plus utilisable.

L’assèchement des sols superficiels s'amplifie au cours du mois sur les secteurs sud de la Bourgogne, le mâconnais et le lyonnais ainsi que sur toute la moitié sud du bassin sauf à l'extrême sud, le secteur des Pyrénées Orientales. La Drôme, l'Ardèche, la région PACA, le Gard (30), l'Hérault (34) et l'Aude (11) présentent plusieurs secteurs dont les sols sont asséchés de manière très marquée (déficits supérieurs à 80 %). A l'inverse, les secteurs de reliefs des Vosges, du Jura et des Alpes du nord présentent des indices d'humidité proche de la saturation (80 à 90%).

Les épisodes pluvieux du mois ont eu quelques effets significatifs sur les écoulements des cours d'eau de la moitié nord du bassin : 7 départements présentent des niveaux d'écoulement satisfaisants (Indice ONDE compris entre 8 et 10). Les départements du Rhône et de la Loire voient leur indice ONDE remonter. Les indices des autres départements, la Drôme (26), l'Ardèche (07), l'Isère (38) et l'Ain (01), restent à des valeurs historiquement basses. Sur le secteur Rhône amont, 27% des stations du réseau ONDE restent en assec et 8% ne présentent pas d'écoulement visible. L'absence de débit suffisant entraîne le développement algal (naturel et/ou amplifié par les fortes températures) et rend les milieux aquatiques très sensibles aux rejets. De plus, l’assèchement d’un certain nombre de tronçons impacte fortement l’habitat des cours d’eau. Ainsi, quelques mortalités piscicoles ont été constatées et la situation devient particulièrement tendue à l’approche de la période de reproduction de la truite fario, espèce principale de nombreuses rivières.

Sur la moitié sud du bassin, tous les départements sauf les Hautes-Alpes (05), les Bouches du Rhône (13) et les Pyrénées orientales (66) présentent un indice ONDE inférieur à 7. Les départements du Gard (30), Vaucluse (84), et du Var (83) enregistrent même des indices faibles, inférieurs à 5. Sur le secteur Rhône aval et côtiers méditerranéens, 44% des stations du réseau ONDE restent en assec et 9% ne présentent pas d'écoulement visible. La situation des milieux aquatiques reste particulièrement préoccupante. Si la situation venait à perdurer, la reproduction de la truite fario pourrait être perturbée avec des zones de frayères non accessibles car toujours en assec.

Bilan : l'étiage 2017 est particulièrement sévère et se prolonge au cours du mois de septembre. Sur la moitié nord du bassin, les indicateurs hydrologiques sont encore bas sur les secteurs de plaine. Sur la moitié sud du bassin, les précipitations du mois de septembre ont été largement insuffisantes pour rehausser les débits des cours d'eau et les niveaux des nappes malgré une baisse significative des prélèvements agricoles ou pour l’eau potable. Les indicateurs sont au plus bas sur de nombreux secteurs et la situation des milieux aquatiques est critique sur plusieurs cours d'eau.

Dans les mois à venir, la baisse des températures, l'arrivée des pluies ainsi que la baisse des prélèvements agricoles devront combler une partie des déficits très importants.

(Ci dessous liens vers les cartes et tableaux de données)

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Pluviométrie

Humidité des sols

Cours d'eau

Le Rhône

Eaux souterraines

Retenues d'eau

 

 

Réseau ONDE

Limitation des usages de l'eau : situation au 10 octobre 2017

En août, tous les départements du bassin, sauf la Haute-Savoie (74), avaient pris des mesures de restriction des usages de l'eau. Au cours du mois de septembre, la prolongation de l'étiage sur le bassin a conduit l'Isère (38) - les Alpes de Haute-provence (04) - les Hautes Alpes (05) - le Vaucluse (84) - l'Aude (11) - le Gard (30) - l'Hérault (34) et la Lozère (48) à renforcer les mesures déjà en vigueur.

Les levées des mesures sont effectives depuis le 30 septembre 2017 :

  • en région Bourgogne-Franche Comté : sur tous les départements sauf la Côte d'Or (21) et le Jura (39),
  • en région Auvergne Rhône-Alpes : sur l'Ain (01), la Drôme (26), la Loire (42) et la Savoie (73)
  • en PACA : sur les Hautes-Alpes (05)
  • en Occitanie : sur les Pyrénées Orientales (66)

En septembre, des problèmes d'approvisionnement (exceptionnelles) pour l'eau potable ont été rencontrés sur le secteur de Pontarlier (Doubs - 25)

Depuis le 1er octobre, la réserve sécurisée stockée dans le barrage de Serre Ponçon n'est plus utilisable. Les prélèvements se font dorénavant sur le débit naturel reconstitué de la Durance. Afin de limiter les débits prélevés dans la Durance, des mesures de restriction complémentaires sont prises sur les canaux pour réduire leurs prélèvements à 50% de la dotation.

Situation au 10 octobre 2017 - Tableau de bord et cartes de suivi des arrêtés départementaux (format PDF)

Les arrêtés préfectoraux à consulter sur le site PROPLUVIA

Année hydrologique 2016-2017 : recharge hivernale faible, étiage précoce qui s'intensifie en juin

Les bulletins de sept 2016 à août 2017 :Les bulletins mensuels de septembre 2016 à août 2017

 

Bilan de l'année hydrologique 2016-2017 :

Le bilan pluviométrique du 1er septembre 2016 au 31 août 2017 est majoritairement déficitaire sur le bassin. Les secteurs les plus déficitaires (jusque moins 50% des normales) sont répartis sur la Haute Saône (70), le territoire de Belfort (90), une partie du Doubs (25), de l'Ain (01), de l'Aude (11) ainsi que sur une petite bande du littoral varois (83) et autour de Nice (06). Ce bilan est proche de la normale à faiblement excédentaire sur plusieurs secteurs de la moitié sud du bassin. Les excédents atteignent plus 25% des normales sur des secteurs en Savoie (73) et dans les Hautes Alpes ainsi que le secteur ouest de l'Hérault (34).

Les pluies efficaces (*) cumulées depuis le 1er septembre 2016 sont excédentaires sur l’ensemble du bassin. Les plus faibles cumuls (de 0 à 50 mm) se situent sur les Bouches-du-Rhône (13) et la moitié ouest de l'Aude (11).

(*) pluies efficaces = pluies - évapo-transpiration-réelle (ETR)

Rapport à la normale des précipitations
de septembre 2016 à août 2017

Cumul des pluies efficaces
de septembre 2016 à août 2017

 

Bilan hydrologique 2016-2017

 

Bilan hydrologique 2016-2017 (Délégation de bassin Rhône-Méditerranée - sept. 2017) (Format PDF)

 

 

 

Année hydrologique 2015-2016 : bilan pluviométrique déficitaire au sud et excédentaire au nord

Les bulletins mensuels à consulter :Consulter les bulletins mensuels de septembre 2015 à août 2016

 

Bilan pluviométrique de l'année hydrologique 2015-2016 :

Le bilan pluviométrique de l’année hydrologique 2015-2016 est proche de la normale à excédentaire sur la moitié nord du bassin. Les excédents jusqu’à 125%, se trouvent principalement en Bourgogne-Franche-Comté et sur la Savoie. A l'inverse, les cumuls de précipitations sont majoritairement déficitaires sur la moitié sud du bassin. Les déficits les plus marqués, de 25% à 50%, se situent sur les départements du pourtour méditerranéen, du Var au Pyrénées Orientales.

Les pluies efficaces (*) cumulées depuis le 1er septembre 2015 sont majoritairement positives sur le bassin (supérieures à 200 millimètres). Les valeurs dépassent même 1250 millimètres sur une partie des Alpes du nord et du Jura. Les cumuls les plus faibles (inférieurs à 100 millimètres) se situent sur les départements du pourtour méditerranéen, du Var au Pyrénées Orientales.

(*) pluies efficaces = pluies - évapo-transpiration-réelle (ETR)

Rapport à la normale des précipitations
de septembre 2015 à août 2016

Cumul des pluies efficaces
de septembre 2015 à août 2016

 

Année hydrologique 2014-2015 : bilan pluviométrique excédentaire au sud et déficitaire au nord

Les bulletins mensuels à consulter :Consulter les bulletins mensuels de septembre 2014 à août 2015

 

Bilan pluviométrique de l'année hydrologique 2014-2015 :

Le bilan pluviométrique de l’année hydrologique 2014-2015 est proche de la normale à légèrement déficitaire sur la moitié nord du bassin, sur les Alpes et sur l’Aude. Des excédents, jusqu’à 150%, se trouvent sur la vallée du Rhône et le pourtour méditerranéen.

Les cumuls de pluies efficaces depuis le 1er septembre 2014 sont positifs sur l'ensemble du bassin. Ils restent même majoritairement supérieurs à 300 millimètres. Les valeurs dépassent 1250 millimètres essentiellement à l'est des Alpes du nord et sur les Cévennes. Les bilans sont plus faibles (de 0 à 100 millimètres) dans l'Aude et les Pyrénées Orientales.

Nota : pluies efficaces = pluie - évapo-transpiration-réelle (ETR)

Rapport à la normale des précipitations
de septembre 2014 à août 2015

Cumul des pluies efficaces
de septembre 2014 à août 2015

 

Année hydrologique 2013-2014 : bilan pluviométrique favorable pour la ressource en eau sauf en LR

Les bulletins mensuels à consulter :Consulter les bulletins mensuels de septembre 2013 à août 2014

 

Bilan pluviométrique de l'année hydrologique 2013-2014 :

Depuis le 1er septembre 2013, le cumul des pluies est proche de la normale ou excédentaire sur la majeure partie du bassin. Le surplus s’échelonne de 10% à 50%. Les excédents les plus marqués, entre 25% et 50%, se localisent principalement en Rhône-Alpes et sur la zone littorale de PACA. Les zones déficitaires de 0 à 50 % se localisent dans l’Hérault, la moitié est de l’Aude et les 2/3 est des Pyrénées Orientales.

Les cumuls de pluies efficaces (pluie - évapo-transpiration-réelle (ETR)) depuis le 1er septembre 2013 sont positifs sur l'ensemble du bassin. Ils restent même majoritairement supérieurs à 300 millimètres. Les valeurs dépassent 1250 millimètres essentiellement du Haut-Jura au Bugey, sur une part des Alpes du nord, et plus localement dans les Vosges et le Vivarais cévenol. Les bilans sont plus faibles (de 0 à 100 millimètres) , dans l’Hérault, la moitié est de l'Aude et des Pyrénées Orientales.

Nota : pluies efficaces = pluie - évapo-transpiration-réelle (ETR)

Rapport à la normale des précipitations
de septembre 2013 à août 2014

Cumul des pluies efficaces
de septembre 2013 à août 2014

 

Année hydrologique 2012-2013 : bilan pluviométrique très favorable pour la ressource en eau

Les bulletins mensuels à consulter :Consulter les bulletins mensuels de septembre 2012 à août 2013

 

Bilan pluviométrique de l'année hydrologique 2012-2013:

Le bilan pluviométrique de la saison hydrologique 2012-2013 est majoritairement excédentaire. Il affiche des rapports à la normale compris entre 110% et 150% sur les régions nord du bassin, la région Rhône-Alpes et la région PACA. En région Languedoc-Roussillon, les rapports à la normale sont plus faibles, compris entre 90 et 110%.

Le cumul des pluies efficaces du 1er septembre 2012 au 31 août 2013 est positif sur l'ensemble du bassin. Les cumuls sont supérieur à 400 millimètres sur toute la frange est, en particulier sur les reliefs jurassiens et alpins où ils dépassent les 1000 millimètres. Sur la frange ouest, les cumuls varient entre 100 et 500 millimètres. Le secteur où les cumuls sont les plus faibles, de 0 à 50 millimètres, se situe sur le delta du Rhône.

Nota : pluies efficaces = pluie - évapo-transpiration-réelle (ETR)

Rapport à la normale des précipitations de septembre 2012 à août 2013

Cumul des pluies efficaces
de septembre 2012 à août 2013

Année hydrologique 2011-2012 : bilan hydrologique très contrasté

Les bulletins mensuels à consulter :Consulter les bulletins mensuels de septembre 2011 à août 2012

 

Bilan année hydrologique 2011-2012 :Bilan année hydrologique 2011-2012

Année hydrologique 2010-2011 : printemps exceptionnellement sec mais bilan hydrologique favorable

Les bulletins mensuels à consulter :Consulter les bulletins mensuels de septembre 2010 à août 2011

 

Bilan année hydrologique 2010-2011 :Bilan année hydrologique 2010-2011

Année hydrologique 2009-2010 : bilan hydrologique favorable pour la ressource en eau

Les bulletins de sept 2009 à août 2010 :Les bulletins mensuels de septembre 2009 à août 2010

 

Bilan hydrologique 2009-2010

Bilan hydrologique 2009-2010 (Délégation de bassin Rhône-Méditerranée - Déc 2010) (Format PDF)

 

 

 

Année hydrologique 2008-2009

Les bulletins de sept 2008 à août 2009 :Les bulletins mensuels de septembre 2008 à août 2009

Années hydrologiques de 2000 à 2008

Consultation des bulletins de situation hydrologique publiés de janvier 2000 à août 2008

(en ligne sur le serveur http://www.donnees.rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr)

Consulter les bulletins mensuels de janvier 2000 à août 2008

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2 - Situation hydrologique en région - Bulletins régionaux

Les bulletins de situation hydrologique régionaux paraissent avec une fréquence d'édition, en général, mensuelle.

En savoir plus ...

Situation hydrologique en région BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE

  Situation hydrologique en région AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

  Situation hydrologique en région PACA

  Situation hydrologique en région ex-LRO - Archives

Nota : depuis 2016, il n'y a pas d'édition de la situation hydrologique sur la région OCCITANIE. Seuls les données de l'ex-région LRO sont relayées dans le bulletin du bassin Rhône-Méditerranée.

 

3 - Les Producteurs de données

Les bulletins de Bassin sont élaborés par la DREAL coordonnatrice de bassin à partir des données, commentaires ou avis fournis par plusieurs producteurs :

logo République Française

Les DREALs produisent les données sur les débits des cours d'eau et l'état de remplissage des retenues.

logo Météo-France

Les centres interrégionaux Centre-Est et Sud-Est de Météo-France élaborent les bulletins pluviométriques et les cartes de l'indice d'humidité des sols.

logo CNR

La CNR (Compagnie Nationale du Rhône) élabore le bulletin du fleuve Rhône. Il est établi un état comparatif des débits moyens mensuels avec les débits d'étiages historiques. Les stations de mesures suivies sont les plus représentatives d'une situation d'étiage sur le fleuve Rhône et ses affluents (Saône et Isère).

logo BRGM

Les SGR Service Géologique Régionaux du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) produisent les données sur les niveaux des nappes d'eau souterraine.

logo EDF

EDF produit les données sur l'état de remplissage des retenues.

logo AFB

L'agence française pour la biodiversité regroupe, depuis le 1er janvier 2017, l'ONEMA (Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques), l’agence des aires marines protégées, les parcs nationaux de France et l’atelier technique des espaces naturels. L'AFB participe à l'observatoire national des étiages (ONDE) et élabore un diagnostic de l'état des milieux aquatiques et leurs peuplements.

logo République Française

Les 25 services départementaux chargés de la police de l'eau fournissent les informations relatives aux limitations des usages de l'eau et aux difficultés liées à ces usages.

 

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Mise à jour présentation le 29/11/2016